‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 96 sur 257 · ASPECT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ASPECT GÉNÉRAL

Les vitraux de Reims sont très- considérables , et si l’on excepte les cathédrales de Chartres et de Bourges, qui n’ont rien perdu de leur décoration primitive, nous ne connaissons aucun édifice, en France^ qui puisse offrir aux études de l’archéologue une surface égale de peinture sur verre.

Et cependant, à part quelques fragments restés intacts au-dessus des deux portes latérales du grand portail et à la fenêtre qui avoisine la voussure droite dans les bas-colés, l’étage inférieur ne conserve absolument rien de la riche ornementation qu’il avait autrefois reçue : mais l’étage supérieur, qui est complet, suffit, à lui seul , pour mettre en ce point, comme en tous les autres, la cathédrale de Reims au premier rang.

En résumé, l’étage supérieur de la cathédrale, encore garni de ses vitraux , se compose : i« de trente-neuf doubles fenêtres surmontées chacune d’une petite rosace ; chaque fenêtre est haute de huit à neuf mètres, et large, pour la plupart, de trois à quatre; 2® d’wne galerie vitrée de neuf arcades à lancette , au centre du grand portail ; 30 de trois rosaces immenses y aussi larges que les nefs ellesmêmes , dont elles remplissent le haut à l’endroit des trois pignons principaux du couchant , du nord et du midi.

Toutes les fenêtres sont remplies par deux personnages qui en occupent chacun la moitié, et qui sont composés et agencés absolument d’après les mêmes règles et conformément aux mêmes principes.

Les roses , encadrées dans l’ogive , sont composées

exclusivement de médaillons circulaires, souvent bordés de galons rouges chargés de perles d’or , à la manière grecque. ( Nous ne parlons pas de la grande rosace mé' ridionale, (jui est l’ceuvie du XV!® siècle). Ces médaillons coniiennent tous (|uel(|uc scène tirée de l’Evangile, de la légende, ou simplement un personnage.

La raideur des poses, des draperies, du geste, et l’emploi bien arreté d’un seul plan pour tout un sujet, quel (jue soit le nombre de ses personnages, leur donne l’air de bas-reliefs , et celte illusion semble confirmée encore, soit par les membrures nombreuses du réseau de plomb •(jui se plie à chaque fragment du verre en suivant ses contours inégaux, soit par l’armature de fer ou de pierre (jui encadre chaque petit tableau et promène autour de sa forme générale une ombre noire et saillante , trèspropre à faire d’autant mieux ressortir sa translucidité tà l’inlérieur.

Les médaillons des rosaces, comme les personnages des fenêtres , se composent de plus ou moins de facettes réunies par les mailles des filets de plomb. Ces petits compartiments , dont les dimensions varient jusqu’à douze ou quinze centimètres, sont fort rapprochés, et joints aux barres de fer (jui traversent la verrière de haut en bas et d’un côté à l’autre, ils donnent une nouvelle apparence et une nouvelle condition de solidité monumentale à l’ensemble du travail. Ils sont découpés selon la forme de l’objet qu’ils représentent, et quand cette forme a une certaine étendue, elle se subdivise encore en plusieurs morceaux, dont le contour s’applique toujours avec soin à d’autres inflexions du dessin. Ainsi les plombs, rabotés à doubles rainures, s’arrondissent avec les têtes et les diveises positions du corps, se courbent avec les draperies, s’élèvent à angle droit avec les façades et les pignons des édifices, ou fléchissent en épanouissements avec les arhres et les fleurs.

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