ASPECT ÜÉNÉHAL DES VITRAUX
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Ti'ois ou qualrc millimcires foimeiit réf)aisseiir ordinaire de la ville, qui se renforce d'aulaiil [)lus par le peu d’étendue donné à ses éclianlilluns. G’esl surlout à ces conditions (ju’elles ont dii de traverser six à se[)t cents ans, (juilles de toute altération. Leur face cxléiicure, luttant sans discontinuité contre la pluie, la poussière, l’air et le soleil, a cédé en mille endroits à ces influences malignes ; mais rien n’a pu ébranler la solidité des panneaux, irrévocablement allacbés à leur vêlement de fer, et bravant, dans leur imperturbable fermeté, toute la fureur des j)lus terribles orages.
Dans les vitraux de Notre-Dame, en général, comme dans tous les vitraux du XllD siècle, c’est l’effet d’ensemble (pi’il faut envisagei’. Ln entrant dans l’édifice, nous sommes frappés de sa sombre et majestueuse grandeur : du premier coup d’œil, nous saisissons celte longue série de l’ois et d’évêques qui gardent tous le temple comme de vigilantes sentinelles. Ces apôtres, le Cbrist en croix qui nous considèrent de l’abside , jettent sur-le-cbamp dans notre àme de fortes impressions, de religieux sentiments ; et nous ne pensons point à aller de fenêtre en fenêtre , admirer le fini des détails ou la beauté des formes. Au Xllfe siècle, le vitrail n’est point un tableau isolé, œuvre d’un artiste éminent; c’est un magnifique décor tracé par un ouvrier subalterne et dans lequel on ne s’inquiète que du ton général. Le dessin est incorrect ; ce sont des traits noirs tracés au pinceau , relevés d’une teinte plate faite comme au lavis ; mais le coloris sera riche et harmonieux.
Les quatre dernières travées de la nef portent dans leurs vitraux, comme dans tout le reste de leur ornementation, la date de leur construction plus récente.
Le fond des vitraux du Xlll^ sièle est un monochrome bleu obtenu par l’oxydation du cobalt.
En dehors des tableaux, et comme pour en relever l’é-
clat, le Ion ferme du fond azuré se parsème souvent de rinceaux, de réseaux ou de mosaïques variées. Au bleu qui domine viennent se mêler le rouge, le violet, le vert, quelquefois le jaune. Le blanc se trouve peu dans ces fonds, où sa présence aurait gêné la teinte générale de la masse. Quand on l’y admet, ce n’est qu’aprés l’avoir dépoli au (eu pour laisser au tableau son opacité nécessaire.
Le tout est invariablement rehaussé par des bordures simples dans leur composition etdcur ensemble, mais d’un effet très-puissant par l’agencement de leurs couleurs et la richesse de leurs tons. Tels sont les principes suivis pour la confeclion de nos verrières avec beaucoup d’art et de persévérance.
On a souvent pu remarquer que les couleurs ont été disposées de manière à produire des effets bien divers à chaque partie du jour. Illuminés par le soleil, nos vitraux prennent une teinte plus vive ; le bleu et le rouge pâle se fondent , sans rien produire de criard ; le velouté de la couleur n’est aucunement altéré : au couchant, le rouge domine, et la grande rosace, qui, au matin, paraît d’un violet sombre , va , sous les derniers rayons du soleil , briller de l’incarnat le plus riche. On le voit, l’ouvrier a connu la place qu’aurait son vitrail, il a travaillé sous la direction d’un maître , et ce maître était l’architecte luimême.
On nous demandera peut-être si le peintre-verrier était lui-même un artiste.
Nous croyons pouvoir sans crainte répondre négativement. Nous ne reconnaissons en lui ni génie ni grand talent. Ce n’est point un Rubens, un Van-Dick, un Raphaël. C’est un artiste, si l’on veut, mais un artiste au service de l’architecte, ou plutôt c’est un ouvrier intelligent, qui connaît son métier et reçoit les inspirations du génie qui préside à la construction de l’édifice. • Le maître lui paie un modique salaire, comme à l’appareilleur, au maçon, au
INTÉRIEUR. — VITRAUX DE l’aBSIDE.
sculpteur ; et c’est ainsi que l’on put décorer à la fois de vilraux nos immenses basiliques de Reims, d’Amiens, de Courges et de Chartres. Quand , au XV^ siècle , au XVle siècle, la peinture sur verre produisit d’exquises miniatures, dignes d’être étudiées à la loupe, l’art ne fut plus abordé que par de véritables maîtres : dès lors il ne peut plus être payé que par des fortunes royales : un vitrail devient le don particulier d’un prince ; le découragement commence, la peinture sur verre tombe a cause de la perfection même à laquelle elle a porté son dessin.
Entrons maintenant dans l’étude détaillée de nosvitraux, et sui\ant l’ordre de la construction de l’édifice, décrivons-les : à l’abside ; au transsept ; 3° dans la
nef; 4° au portail. Nous rappellerons ensuite les mutilations faites, au XVlIle siècle, dans les chapelles et aux fenêtres inféi icures de la nef. Enfin nous étudierons les vilraux modernes de la chapelle absidale.