‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 98 sur 257 · ABSIDE · texte numérisé non relu

ABSIDE

La région absidale renferme, sans contredit, la série de vilraux la plus parfaite de toute la cathédrale, et Notre-Dame de Reims peut, dans celte partie du moins, soutenir le parallèle avec ce qu’il y a de plus magnifique à Bourges, au Mans, a Chartres, à Troyes, à Châlons et ailleurs. On ne sait qu’admirer le plus, ou la beauté de l’idée qui a présidé à l’arrangement des sujets, ou la magnificence du coloris, ou enfin l’abondance des choses représentées sur ces verres.

En voici la disposition générale :

Neuf fenêtres géminées donnent une suite de dix-huit panneaux, remplis chacun par deux personnages, l’un audessus, l’autre au-dessous.

200 DESCmPTlON DE LA CATIIÉDUALE DE REIMS.

Au-dessus on admire : au centre, a droite du spectateur et à gauche sur la verrière, le Christ en croix ; à gauche, la Vierge tenant entre ses bras l’Enfant-Jésus ; puis, à droite et à gauche, les apôtres, en observant strictement l’ordre et la hiérarchie du canon de la messe et de la liturgie romaine. Ils sonl au nombre de seize, par l’addition aux onze disciples fidèles de saint Paul, au deuxième rang; de saint Mathias et de saint Barnabé , au treizième et au quinzième; enfin , des évangélistes saint Luc et saint Marc, l’un à la quatorzième place, l’autre à la seizième.

Au-dessus ou au-dessous de chaque apôtre, on lit distinctement son nom. Saint Thadée est appelé JudeSy contrairement au canon de la messe.

Chacun des seize personnages a les pieds nus , le nimbe orné de perles au cercle extérieur. Ils sonl tous placés dans une arcade élégante ; tous, ainsi que les évêques du deuxième rang et les rois et les évêques de la nef, tous, sans aucune exception, sont représentés assis.

En oulre, excepté saint .lac(|ues le Mineur , chaque apôtre [)orle en main un emblème; ces insignes diffèrent de ceux que nous trouverons dans la rosace du XVI* siècle, au Iranssepl méridional ; l’usage ne les Jivail pas encore consacrés. Saint André lient une croix, de forme ordinaire , et non pas en sautoir ; il est représenté de même en sculpture au portail nord. — Saint Thomas a une épée, comme saiïit Paul. — Saint Luc, saint Judes et saint Jacques le Majeur ont un listel, comme écrivains sacrés. Ce dernier a de |)lus pour support une sorte d’oiseau aquatique ressemblant à un canard. Les PP. Cahier et A. Martin regardent cet animal comme l’emblème des pérégrinations du saint apôtre. — L’artiste a mis aux mains de samt Marc une palme. Tous les autres apôtres ont un livre.

Mais avant d’aller plus loin , il importe de se rendre compte de celle disposition du premier rang des personnages dans nos vitraux de l’abside.

Page 1