‹ Histoire et description de ProvinsChapitre 31 sur 66 · SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME

chisale (seul.)

C’est sans doute une heureuse conception de ma part que d’avoir fait de ma fille le sujet d’un concours. Rien n’annonce mieux un artiste tout dévoué à son art; aussi je reçois partout des compliments. Le nombre de ceux qui sont entrésdansla carrière et leur mérite sont bien faits pour me donner de la vanité. Ma joie serait complète sans le chagrin que cela cause à ma fille. Où diable a-t-elle été s’éprendre de belle passion pour ce jeune Erastel Ses pleurs m’ont vraiment touché... si je savais pourtant que ce mariage dût faire son malheur.. . Mais non, j’aime à croire que lorsqu’elle aura perdu toute espérance d’être à Eraste, elle sera assez raisonnable pour l’oublier entièrement, et se conformer à sa nouvelle position. Elle applaudira même un jour à ce qui lui paraît aujourd’hui si pénible. Je conviens qu’un autre aurait été mieux son fait que Lisimon. Il a contre lui son humeur, sa figure et son âge; mais on s’accoutume à tout; il est bon peintre et fort honnête homme. D’ailleurs c’est une affaire consommée, il m’est impossible de revenir sur mes pas. Je ne

puis refuser ma fille à Lisimon. Je vais tout disposer pour cela.. Marton.

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