SCÈNE TROISIÈME
MADAME FLORIMON , seule.
Me perdre ! Que veut-il dire ? Qu’ai-je à craindre? . mais
de quelle noirceur n’est pas capable un homme qui veut séduire el enlever la femme de son amif
SCÉIVE QUATRIÈME.
MADAME FLOHIMON, DOMINE,
DORINE
Comme monsieur Dorval est en colère I Que s’est-il donc passé? vous paraissez fortement émue.
MADAME FLORIMON.
J ai cru le ramener, et que la raison, son intérêt et ma résor lution fortement prononcée de ne pas écouter sa folle passion, le feraient rentrer en lui-même : mais rien ne m’a réussi. C’est un homme profondément vicieux. Furieux de ma résistance à ses témérités, il s’est répandu en injures , en menaces; le mot d’inconduite est sorti de sa bouche : il médite des projets de vengeance. Est*ce dans 1 esprit de mon mari qu’il peut me nuire ? Que peut-il inventer?
DORINE
Madame, cet homme est(capable de tout : je l’ai étudié. Votre excellent naturel vous a rendue trop confiante. Ce rendez-vous, que vous avec accepté pour un motif si louable, dev iendra peutetre une arme dont il veut se servir contre vous; mais vous avez sa lettre , où il vous propose de trahir votre mari.
MADAME FLORIMON.
Non ; dans uit moment de dépit je l’ai déchirée ; en voilà les morceaux.
DORINE, en les ramassant.
Qoe j’en ai de regret L. . Mais quoi I c’est le mémoire du linge que je vous ai donné. •— Vingt chemises, trente-six serviettes.... Madame, ce n’est pas sa lettre.
MADAME FLORIMON.
Tu as raison, la voilà. J’ai déchiré l’un pour l’autre.
DORINE
Bon, conservez-la, madame.
SCÈiXE CIXQL1IÈME.
MADAME FLOBIMON, DOBIÎSE, ALEXIS.
ALtiXJS.
Bon jour, ma belle marraine.
M \D\ME FLORIM(^)IN.
Eli! mun cher Alexis, d’où vient donc plus tôt aujourd’hui ?
(|ue je ne t’ai pas vu
ALFXIS.
IVIa belle marraine, je me suis poin tant levé de grand malin ; mais je voulais vous apprendre que j’avais bien travaillé et que mes maîtres étaient contents de mol : mon ami, qui le sSit, in a promis de me mener demain à la chasse avec lui.
MADAME FLORIMON.
Tu VOIS, (juand on fait bien on en reçoit la récompense. Comme il l’aime M. Florimon, te mener à la chasse avec lui! Tu
l’aimes sans doute beaucoup aussi ?
ALEXIS
Oh ! si je raime ! autant que vous, ma belle marraine, de tout mon cœur. [Il mad ai nt Florimon le baise au front et
il se sauve.)