SCÈNE PREMIÈRE
DOKVAL, BAZILE.
DORYAL.
Tout ce que vous m’avez dit, père Bazile, sur ce qui concerne ce jeune orphelin, se rapporte parfaitement avec ce que m’en a dit madame Florirnon. Il s’agit d’en faire la déclaration devant M. Florirnon.
BAZILE
Mais, monsieur, pourquoi ne me présentez-vous pas plutôt à madame? c’est elle que cela regarde particulièrement. C’est à elle que j’ai promis le secret, et je ne vous ai dit ce que j’en savais que parce que vous m’avez assuré que vous veniez de sa part, et que ce n’était plus un mystère; je mourrais de chagrin si, par mon indiscrétion, j’avais trahi la confiance de madame, et peutêtre fait le malheur du jeune Alexis
DORVAL
Ne vous inquiétez donc plus, vous nie connaissez, voudrais-je vous causer le moindre chagrin ? Tenez-vous près d’ici, vous vous montrerez quand je vous avertirai. Je vais prévenir M. Florirnon. {Seul). Tout va comme je pouvais le désirer, et me promet une heureuse issue; j’ai des preuves acquises : mais voilà justement Florirnon.
SCNÈE DEUXIÈME,
FhonniON, dorvat.
M.Or.iMON.
Ile bien ! mon cher Dorval, qu’est ce donc que vous devenez? je \ous cheiche partout. I) ou vient n etes-vons pas venu ce matin à la chasse? C’est votre passion favorite. Auriez-vous deviné
qu’une pluie subite me forcerait de rentrer bientôt . Mais
vous me paraissez préoccupé? Qu’avez-vous?
DORVAL
Je ne sais, mais depuis quelque temps, je ne jouis pas d’une position tranquille.
florimon.
Je ne crois pas au moins que vous doutiez de mon amitié; elle sera toujours !a morne. Vous avez perdu votre bien-être par l’émigration de votre oncle, mais ma fortune est à vous, et elle peut suffire à fous vos besoins.
DORVAL
Abl votre générosité .
FLORIMON.
Point. Votre oncle a rendu à mon père le service le plus essentiel, et le plus important. Je m’estime heureux de pouvoir m’acquitter envers vous de la dette de mon père.
DORVAL
Non, je vous dois tout, et c’est le moyen de vous en témoigner ma reconnaissance qui m’embarrasse aujourd’hui; je cherche à vous être utile, et peut-être je le puis; mais il est des services délicats qu’il est souvent imprudent de rendre.
FLORIMON.
Que voulez-vous dire? Je ne vous entends pas.
DORVAL
Il est des choses que mon amitié me forcerait de vous dire; mais voire tranquillité y est attachée; et tout examiné j’aime mieuv continiur à garderie silence. I^aissez-moi mon secret.
FLORIMON .
Vous en avez trop dit, pour ne pas m’apprendre tout ce que vous savez. L’incertitude où vous me jette/ est le pire des états; ne me cachez rien .
DORVAL
Dispensez-m’en de grâce. Vous êtes sensible; ce qui n’affecterait un autre que faiblement va peut-être vous porter à des extrémités.,.. Non, il vaut mieux me taire.
FLORIMON.
Mon impatience ne souffre plus de retard. Vous me direz tout
ce que vous savez, ou je vous suppose des intentions perfides, et vous n’etes plus mou ami.
DORVAL
D’après cela, je ne puis me dispenser de parler. Vous le voulez au moins . Votre lemme...