‹ Histoire et description de ProvinsChapitre 57 sur 66 · FL OKI MON · texte numérisé non relu

FL OKI MON

Kst irréprochable, passons,

nOBVAL.

Le jeune Mexis.

FLORIMON.

C’est un être malheureux et intéressant, au fait.

DORVAL

.Te n’ai plus rien à dire.

FLORIMON.

Mais quel rapport ont ici ma femme et cet enfaut.

DORVAL

PI US que vous ne pensez.

FLOR s ON.

Ma femme est bonne, elle fait le sort d’un être abandonné, et qui mérite qu’on l’aime.

DORVAL

L’intérêt qu’elle prend à cet enfant a d’autres motifs.

FLORIMON .

Quels sont-ils T

UORV AL.

il est son fils.

FLORIMON.

Ah Dieux 1 quel mot est sorti de votre bouche. C’est une fausseté, je ne pois le croire, quelle preuve en avez-vous ?

DORVAL

Sa tendresse pour lui, son attachement, des circonstances uniques, et qui mettent cette vérité hors de doute.

FLORIMON.

Cruel ami, quel affieux mystère allez-vous me dévoiler!

DÔRV AL.

C’est sans doute une tâche pénible; mais votie intérêt, votre •honneur m’y contraignent. Je ne veux pas que \ous soyez dupe plus longtemps.

FLORIMON.

Laissez-moi douter de mon malheur jusqu’à ce que j’en aye les preuves les plus claires.

DORVAL

Elles sont tout acquises. Vous épousâtes votre femme à Paris où elle était depuis un an chez une de ses tantes. Quelques mois après votre mariage, cet enfant fut exposé dans ce village que vous habitez. Votre femme s’en empara, en fut la marraine, et voulut l’élever chez elle. Les soins qu’elle pritde lui, etl’alfectioM qu’elle lui porte ne sont pas ordinaires pour un enfant dont on ne connaît pas l’origine, et auquel on ne tient pas : Mais il faut tout vous dire : votre femme était informée alors de ce qu’était cet enfant ; c’est elle qui a dirigé tout ce qui a précédé et accompagné Texposition de cet enfant. '

FLORIMON.

Je suis marié depuis douze ans, ma femme ne m’a donné que des sujets de bénir notre union. Celle espace de temps prête à la calomnie. On vous aura fait des rapports infidèles, c’est un mensonge que vous me faites. ( J part). Je cherche à me faire illusion.

aoRv \T,.

Paraissez, homme vertueux.

SCÈIVE TROISIÈME.

FLORTMOIN, DORVAL, BAZILE.

FLORIMON.

Quoi ! c'est Razile.

DORVAL

Dites ce que vous savez.

BAZILE

Monsieur, j’ai toujours gardé le silence sur celte allaire, je l’avais promis à madame : mais M. Dorval est venu de sa part m’assurer qu’il n’y avait plus de mystère à (aire, et que le bonheur de l’aimable Alexis dépendait de la déclaration que j’allais faire ; j’ai cru, puisque la vérité ne blesse personne et qu’il im-

po) te (jue je la disej j ai cru sur la parole de nionsieurj (jiion^ trant Don'al), pouvoir lui dire tout ce qu’il en était, et je viens

vous en confirmer le récit, si cela peut vous être utile . Mais,

monsieur, vous n’avez pas Tair de m’entendre avec plaisir.

FLORlMOrV.

Au contraire, parlez.

bazile.

Il y avait quelques mois que vous étiez marié quand madame votre épouse vint me trouver à l’extrémité du village , où je demeurais; elle médit que je pouvais faire une bonne action dont elle me saurait beaucoup de gré ; mais qu’il fallait être discret et faire tout ce qu'elle désirait. Alors , elle me dit que tel jour, à telle heure de la nuit , on m’apporterait un enfant dont elle me recommandait d’avoir le plus grand soin, et que dès le matin je l’apporterais chez elle comme un enfant que j’aurais trouvé, en me levant, exposé à ma porte. Au jour et à l’heure indiquée, une lèmme, qui paraissait la nourrice, m’apporta cet enfant, avec une petite boîte cachetée qu’elle me pria de remettre en secret à madame votre épouse. Je fis tout ce qui m’était prescrit. Madame, en me récompensant largement, me dit effectivement qu’un temps viendrait où je ne serais plus obligé de garder le silence : apparemment ce temps est arrivé.

FLORIMON.

Bazile, ne vous éloignez pas ; j’aurai b'esoin dans peu que vous rapportiez ces faits. {Bazile se retire.) [d Dor\>al.) Mon ami, laissez-moi , ma position est cruelle : j’ai besoin d’être seul. Je ne sais quelle résolution je prendrai; tantôt vous en serez informé.

SCÈJVE OUATIUÈME.

FLOBIMON, seul.

Enfin, je n’en puis douter, mon déshonneur est complet et mon malheur est a son comble. Je suis trahi, joue le plus indignement du monde . Avoir l’audace d’élever chez moi le fruit de

sou

crime, me forcer de le caresser !... Non, il n’est pas possible que ma femme soit coupable à ce point ; elle aurait eu quelque remords, des inquiétudes ; des craintes agiteraient son esprit, troubleraient la tranquillité de sa vie : mais au contraire, un air toujours serein , une Inimeur toujours égale et enjouée ; tout annonce le calme de son âme ... Hélas ! en vain je cherche à douter de mon malheur; c’est en vain que je repousse des preuves évidentes. Ah / ma femme, avez-vous pu tromper un homme qui vous aimait avec passion ? Qu’ai-je fait pour mériter un sort si

cruel? Malheureux! ce que j’ai fait . ah! le ciel me punit.

J’ai outragé la nature et l’amour. N’ai-je pas abandonné inhumainement la tendre Sophie ? cette intéressante victime de l’amour, qui m’avait fait si péniblement le sacrifice de son innocence et de sa vertu. Je l’ai laissée peut-être dans un état qui devait la rendre plus respectable à mes yeux. Je l’ai quittée sans m’inquiéter de ce qu’elle pouvait devenir; et pour qui? pour une femme qui me trahissait. De quel droit puis-je me plaindre et lui faire des reproches. Mais la voilà : amour fuis de mon cœur; n’y laisse aucune faiblesse . Contraignons-nous , cepen¬

dant.

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