‹ Histoire et description des manuscrits et des éditions originales des ouvrages de BossuetChapitre 34 sur 50 · VIII ET IX · texte numérisé non relu

VIII ET IX

Mémoire de ce qui est à corriger dans la nouvelle Bibliothèque ecclésiastique de M, Dupin.

Remarques sur l'Histoire des Conciles d'Ephèse et de Chalcédoine de M. Dupin.

Le Mémoire^ adressé au chancelier Boucherat, signale et réfute les erreurs des premiers volumes de la Bibliothèque de Dupin qui a été condamné par l'Archevêque de Paris et par un arrêt du Parlement.

Les Remarques font voir que dans le même ouvrage, l'histoire des conciles d'Ephèse et de Chalcédoine est pleine d'omissions, d'altérations et d'infidélités dans les textes cités, à tel point qu'il semble que l'auteur se soit proposé d'excuser les ennemis de la foi, de faire mépriser les conciles dont il parle et de donner atteinte à l'autorité du Saint-Siège.

Ces deux écrits n'ont pas été publiés par Bossuet, mais

les manuscrils retrouvés dans si'S paj»it*rs ont clô insôrcs parles soins de ral)l)é Leroy dans les

Œurres iiostliumes Je Mossiro J;ir</ues-/îe/ii/<///e liussuet. Ionien, pp. 5*2I-(»01 » formant le tonir MX^dc la eolleetion de Paris . Anistrnhini. M.Dt.c.i.iii 17.j3\ ln-4". Édition orujitiiile.

Lettres à M . Brisurier. LUfS eonlimnent des observations contre les jïropusitions avanet'es par le doeteiir C'oiileau dans le Jiidieium iiniiis. oiivraire «in'il a\ait eoniposé pour détendre les lÎMes «les jésuites Leeonte et Uobien sur la relitrion des Chinois et (jur la Sorhonne avait censurés.

Le inanusrrit dr CiS lettrrs qui sont datées de Meaux i30 août. 8 et 13 se]»tenil)n- ITUJ i. a t'té i)ul)lié dans les

Œhirres ijusthurncs de Mi'ssirr Jut(itu's-Iiriii[iiie liussuet. t. II. pp. G*2r>-648. sous ee titre : Mi'^muin s ou Lettres de M. Boiisuet, ('ré//</e tir Mcimw i\ M. Brisacier, Supérieur du Séminaire fies missions élranyères. un sujet d'un écrit intitulé : Judieiuiu uuius lete. . composé par.U. Cou- /au, docteur de Sorbonne. Amsterdam, m.dcc.liii '1753\ ïn-4^

Édition originale.

Remarques sur le livre intitulé: /.:i mi/slinue (itr de Dieu. 1696.

En 1696. le l*ère Croizet. reliirieux à Marseille, publiait une traduction française de la Mystique t'itê de Dieu, de Marie d'Agréda, religieuse espagnole estimée pour ses éminentcs vertus. Comme cet ouvrage avait déjà, à causis de Tétrangeté fies narrations cju'il contient, excité de vives querelles entre les théologiens, Bossuetle déféra

à la Sorbonnc en l'accompagnant de quelques Remarques pour lui demander sa condamnation qui fut portée dans la même année. Ces remaniues retrouvées par Leroy, ont été imprimées pour la première fois dans les Œuvres posthumes de Mess'u^e J'dcqne^-Bénhjne Bossuel, t. m, pp. 236-238, Amsterdam, 1753, in-4°.

Epistoid Illustriss. et Reverendiss, Ecclesiœ Principum Caroli Mdur. Le Tellier Archiep. Ducis Remensis, Ludovici Antonii de Noailles Archiep. Parisiensis, Jacobi Benigni Bossuet Episcopi Meldensis, Guidonis de Sève Episcopi Attrebatensis, et Ilenrici Feydeaude Brou tlpiscopi Ambianensis, ad Sanctissiinuw. D. D. Innocentium P. P. XII, contra Ubruin cui titulus est : Nodus Prœdestinationis dissolutus, auctore Cœlestino S. iî. E. Presbytero Cardinali Sfondrato, typis mandatum Ro- TTicT?, aniio iOUO. Parisiis, Apud Joa?inem unisson, Typographia3 Regia) Prefectum, via Cytharaeà, sub Lilio Florentino. m.dg.xcvii. Cum Pcrmissu. In-8° de i f. pour le titre et 23 pag. cliifï. pour le texte.

Edition originale. Elle ne contient ni Privilège ni achevé d'imprimer.

Cette Lettre a été rédigée par Bossuet pour signaler à Rome des erreurs dans un ouvrage posthume du cardinal Sfondrate. p]lle n'a pas eu le résultat que désiraient les cinq évoques qui l'ont signée, car une commission nommée par le Pape i)our examiner le livre incriminé n'a pas prononcé de jugement contre lui.

Une traduction française faite par les Bénédictins accompagne le texte latin dans l'édition de D. Deforis. (1)

(1) Sfondrate a écrit contre la Déclaration de 1682 et on voit que Deforis s'en souvient encore dans les notes haineuses qu'il a ajoutées à cette traduction.

XIIÏ

Observations de M. l'Ev^êque de Meaux sur un Ecrit du bénédictin Dont Lami, Lettres de l'Evêque de Meaux à Dom Lami, i687'16>^8.

Les manuscrits qui sont égarés depuis la Révolution, ont été publiés par D. Deforis au tome x de sa collection, pp. 10-48, 1778, in-4o.

EpistolaConventûsClerigaillicani, (annol682), ad omnes Prœlatos Galliœ...

Lettre [latine] de l'Assemblée du Clergé de 1700 aux Bvêques de France en leur envoyant la Censure qu'elle venait de porter.

Lettre [de la même Assemblée] aux Archevêques et Evoques du Royaume en leur envoyant le Règlement quelle avait décrété pour les Religieux qui demandaient à exercer le ministère dans leurs diocèses.

Declaratio [Conventûs generalis Cleri gallicani, anno 1700], de Dilectione Dti in Pœnitentiœ Sacramento requisitâ, (pp. 561-566 du Procès-verbal de TAssemblée).

Bossuet est Fauteur de ces écrits qui ont. été imprimés au nom de TAssemblée du Clergé ; il en avait gardé les autographes qui ne nous sont pas parvenus à l'exception de celui de la lettre de 1682 qui est à la Bibliothèque du Séminaire de Meaux, (n» 52). Avant Touverture de l'Assemblée de 1700, il avait demandé pour elle, au Roi, dans deux Mémoires manuscrits, la permission de s'occuper de matières Ihéolopique» : Mémoire sur l* Etat présent de l'Eglise; Mémoire sur la morale relâchée, (6 juin 1700). Une copie de ces Mémoires se trouvait encore parmi ses papiers au commencement de ce siècle : elle n'y est plus aujourd'hui, parce que le libraire Lamy Taura, sans doute, donnée ou vendue, vers 1815. M. de Bausset qui Ta eue sous les yeux cl en a cité un extrait au livre xi« de son « Histoire de Bossuet », dit qu'elle est écrite de la main de Tabbé Ledieu et corrigée de celle de Bossuet.

Decretum de morali Disciplina, etc. (Projet de condamnation de 140 propositions de morale extraites de dilîércnts ouvrages présenté à l'Assemblée qui a censure, en effet, 127 de ces propositions sur le Rapport de Bossuet).

Traité de l'Usure lu devant rAssemblée du Clergé.

Ces deux écrits avaient été composés pour TAssemblée de 1682; mais comme elle n*avait pas eu le temps de les examiner, Bossuet les reprit dans celle de 1700, au nom de la Commission dont il était le président.

Les manuscrits ont été publiés en 1753 (1) dans les Œuvres posthumes de Messire Jacques-Benigne Bossuet, Evèque de Meaux..., t. m, pp. 47*-102* et pp. 454-494. A Amsterdam, m.dgg.liii. In^**.

Édition originale.

De Dubio in negotio salutis. De Opinione minus probabili ac simul minus tutâ. De Conscientiâ. De Prudentiâ,

Ces opuscules connus sous le titre de (c Dissertatiunculae quatuor adversus Probabilitatem » ont été publiés à Paris, à soixante exemplaires in-quarto, du 9 au 30 août 1700, et ils n^ont été distribués qu'aux membres de l'Assemblée. Védition originale (2) a été recherchée en 1753 par Tabbé Leroy qui Ta fait réimprimer parmi les Œuvres posthumes de messire Jacques-Bénigne Bossuet^ au tome iii«. In-4o.

Une traduction fr.inçaise des Dissertatiunculaî, du Préambule et de la seconde partie du Decretum a été faite par Leroy et publiée par lui avec le texte latin, dans le t. III* des Œuvres posthumes.

Mandatum Illustrissimi ac Reverendissimi DD. Episcopi Meldensis : ad Censuram ac Declarationem Conventus Cleri Gallicani anni ilOO, promulgandam in Synodo Diœcesanây die I. Septembris anni 1701. Parisiis, Excudébat Joannes Anisson, Typographiae Regiae Praefectus. M.DCC.i. In-4° de 40 pages.

(1) Us ont été égarés depuis cette époque.

(2) Elle ne porte ni le nom de Tauteur ni celui de l'imprimeur; il nous a été impossible de la rencontrer.

Édition originale. Elle ne contient ni Privilège ni achevé d'imprimer.

Réflexions sur le Cas de i.'unscience.

En 1703, parut le f Cas de Conscience proposé par un Confesseur de Province touchant un Ecclésiastique qui est sous sa conduite, et résolu par plusieurs Docteurs de la Faculté de Théologie de Paris. »

Bien qu'il fut favorable au Jansénisme, quarante docteurs l'avaient approuvé et le cardinal de Noailles était soupçonné de l'avoir secrètement toléré. Il fît donc grand bruit. Bossuet le désapprouva et, pour engager les quarante docteurs à se rétracter, il écrivit des Réflexions qu'il envoya, le 12 janvier 1703, à l'Archevêché de Paris où se tenaient des conférences dans ce but. Pendant ce temps, Rome l'examinait et le censurait, le 12 février, et le cardinal de Noailles le condamnait, quelques jours après, par une ■ Ordonnance » que Bossuet a revue avant sa publication et à laquelle il a fait subir des modifications considérables.

Le manuscrit des Réflexions sur le Cas de Conscience ne nous est pas parvenu.

A l'occasion du Cas de Conscience. Bossuet a encore composé, mais un peu plus tard, l'ouvrage De Vautorilé des jugements ecclésiastiques ^ (voir page 118), qu'il n'a pas eu le temps de terminer. Le manuscrit qu'il avait dicté dans le temps où ses grandes infirmités ne lui permettaient pas d'écrire lui-même^ n'existe plus. On raconte, dit Feller, que feu M. Riballier, syndic de la Faculté de la Théologie de Paris, a entendu dire à Lequeux qu'il l'avait brûlé [parce qu'il était contraire aux idées jansénistes dont il était partisan] .

Cette anecdote publiée après la mort de Riballier et de Lequeux parait bien suspecte. L'abbé Lequeux a copié le Préambule et résumé la fin. Pourquoi aurait-il pris ce soin s'il avait le dessein de détruire cet ouvrage? Ne serait-il pas plus exact de supposer qu'il a renoncé à le publier parce qu'il était inachevé et à Tétat de « brouillon • et qu'il s'est égaré ainsi que se sont égarés plusieurs autres écrits de Bossuet?

Mémoires et Lettres au sujet de l'impression des ouvrages de Doctrine composés par les Évoques : 5 Mémoires au Roi ; 1 Mémoire au chancelier de Pontchartrain et des Extraits de ses Lettres avec des Réflexions en Réponses ; 9 Lettres à M. de Noailles; 1 Lettre à MM...: 1 Lettre à M"" de Maintenon (24 oct.-20 nov. 1702;.

116 QUATBIÈMB CLASSE

La censure de Bossue t contre la traduction de TrëTOox était imprimée (29 sept. 1702), et sa première Instruction s'impiîmait déjà lorsque de Pontchartrain, très sympathique à R. Simon, fit défendre au libraire Anisson de les livrer avant qu^elles eussent été revêtues de l'approbation d*un docteur en théologie ; cette prétention qui était nouvelle et qui aurait infligé aux évèques, si elle avait été réalisée, l'humiliation de soumettre leurs ouvrages au jugement de leurs inférieurs, froissa Bossuet qui se mit en devoir de s'y soustraire an réclamant auprès du Chancelier et du Roi et en intéressant à sa cause de Noailles, archevêque de Paris, et M">* de Maintenon.

Louis XIV donna Tordre à de Pontchartrain d'abandonner ses prétentions, et l'Ordonnance et les Instructions de Bossuet parurent san» être munies de l'approbation d'un Censeur.

La Bibliothèque nationale, (Nouv. acq. fr., 1218), possède une copie des principales pièces relatives à ce démêlé. Les Mémoires au Roi ont été publiés avec les Réflexions dans les Œuvres posthumes de Messire Jacques-Bénigne Bossuet, t. II [le XIX* de Tédition de Paris), pp. 488-518. A Amsterdam, m. dcc. lui. In-4®. Les Lettres ont été publiées par Deforis dans les Œuvres de Messire Jacques-Bénigne Bossuet, t. X, pp. 515-551. Paris, Baudet, m. dcc.lxxviii. In-4^

Éditions originales.

Lettre a la Révérende Mère Abbesse et aux Religieuses de Port-Royal.

Quand il fallut accepter les condamnations de Rome contre Jansénius, les religieuses de Port-Royal se montrèrent plus opiniâtres dans leur résistance que les plus opiniâtres docteurs jansénistes, et pour les engager à se soumettre à l'autorité de l'Eglise, Bossuet leur écrivit, sur le désir de TArchevêque de Paris, une Lettre dans laquelle il réfutait les raisons qu'Arnauld invoquait pour refuser de signer le formulaire imposé par Alexandre VIL

Il existe deux rédactions de cette Lettre qui diffèrent sensiblement Tune de l'autre.

Première Rédaction. Elle date de 1664. Elle a été remise à l'Archevêque de Paris, mais il ne semble pas qu'elle

OUVRAGES DE CONTni>VERSE 117

ait été communiquée aux reliirieus<*s pour li'squoHes elle a été composée. En 1T01>, le rminust'i'il trouvé par ral)bé Bossuet fut donné au cardinal dr Noailles ([ui Ta )mhlié pour les religieuses de Porl-lîoyal-des-Chanips <[ui, à l'exemple de leurs aînées de Kîtîi, refusaient d'accepter une nouvelle condamnation portée contre le Jansénisme par Clément XI, en 1705.

Mandement de son Ktninenre Mnnsoiiineur le Can//nalde Xoailles, Ardiecesiine do i';i/*/.s. Portant [tennissien d'imijrimer nne Lettre de feu M. VKrOque de 3/eau.Y, au.Y Uelûjienses de l'ort-JUji/nl. A PuriSj riiez Louis Josse, Imprimeur de son Kniin^nce MonseiLrneur l'Archevêque, rue S. Jacques, m. nrc. ix. Avec Privilège du Roy. In-4'*.

Collation : 2 fT. 1 non cliifTr. pour le litre cl le Mundemont el 12 IT. chifTi*. pour le texte de la Lettre. Le PriviviU'fre accurdi' à M;;r tle Noailles pour 20 années est daté du V2 février lOOt]. U n'y a pas d'achevé d'imprimer mais le Mandement est du 15 avril 1709.

Edition orifjinalr de la l"- 1 rédaction. Le succès ([ue l'Archevêque de Paris en esj)érait ne se réalisa pas. car les religieuses de Port-Hoyal lui répondirent «{u'elles ne pouvaient pas accorder à l'écrit de lJossu(»l rauloritc qu'il lui attribuait dans son Mandement. l)eforis a inséré leur Réponse dans sa collection, tome xi, pp. 310-315, in-i". Elle est datée du 30 avril 1709.

2® Rédaction, tîlle a été faite en 106.*) et relue en 1703 par Bossuet à Toccasion d'un travail qu'il méditait contre les Jansénistes. L'abbé Ledieu eut, à cette époque, la pensée d'en prendre une copie (1) c[ui est actuellement au grand Séminaire de Meaux.

(1) L^autographe est perdu.

Les onze premiers paragraphes de la première rédaction n'y sont pas reproduits et cependant elle contient plusieurs passages qui concordent avec ces mêmes paragraphes, ce qui prouverait qu'elle n'a point été revue d'une façon définitive et avec le soin que son auteur donnait aux ouvrages qu'il avait le dessein de publier. M. Lâchât l'a insérée (1) dans la collection des Œuvres complètes de Bossuot..., t. XXVI, pp. 210-235. Paris, Viuès, 1864, in-8'*. Edition originaile de la 2* rédaction.

xxr

De l'autorité des jurjernents tcclésiastiques où sont notés les auteurs des schisines et des hérésies.

Cet écrit est dirigé contre les principes d'Arnauld qui tendaient à affaiblir l'autorité des jugements de TEglise; il a été composé par Bossuet dans la dernière année de sa vie : incapable de l'écrire lui-même, il l'a dicté mais il n'a pas eu le temps de l'achever.

Le manuscrit qui comprenait une cinquantaine de feuillets est perdu, mais l'abbé Lcqueux qui l'avait eu sous les yeux, en a copié les premières pages et en a résumé quelcjues autres (|ue le cardinal de Bausset a publiées dans son Histoire de J.-H. Bossuet, évoque de Meaux, t. IV, pp. 450-466. Versailles, Lebel, 1814, in-8°.

Sect, IIL — Ouvrages sur le Quiétisme.

Les ouvrages que la célèbre querelle du quiétisme a occasionnés sont divisés en quatre catégories :

(l) Avec des Remarques qui contiennent presqu'au tant d'erreurs que de lignes.

1® Les écrits de la riuerollo privre. 2* Les ('frits (1(^ la querelle publique. 3° L<»s écrits de la conclusion. 4" Los écrits composés pendant cette fjucrcllo, niaisfpii n'ont été publiés qu'après la condamnation du livn* (h'S Muxinias,

Querelle privée, l«tl4-l»07

M"* Guyon s'étant mêlée décrire sur les diflicilcs cpicstions de l'oraison, émit des principes rjui, contre sa volonté, favorisaient des erreurs cléjà condamnées par VKglise dans la personne d<' Molinos sous le nom {h\ ([uiétisme.

La doctrine de cette femme qui, du rest(^, avait de l'esprit et d'austères vertus, ayant trouvé un appui dans plusieurs personnes, et dans d'autres, au contraire, d<'s critiques très défavorables, elle se retira à la lin de l'année 1693 cbcz les religieuses d<* Mcaux, et demanda à Hossuet son avis sur s<'S écrits tant imjuimés (pie maïuiscrits.

Pendant quatre ou cim[ mois, IJossuet les examina et en fit de longs Kxlrnifs : puis, le 11 mars lOîlî, il lui écrivit une Lettre pour lui dire qu'il les trouvait condamnables.

Loin d'accepter un avis ïju'elle avait sollicité. M'"'' Guyon réclama alors, sur le conseil de Fénelon (jui était favorable à ses erreurs, un jugement sur ses ouvrages; et avec son agrém<»nt, deNoailles, évêcpie de Châlons, Tronson, supérieur de Saint-Sulpice, (ît enfin Hossuel s'éla])lirent ses juges. Ils firent cet olïice pendant <lix mois à Issy dans des conférences f(ue l'on j)ril grand soin de; cacher à Louis XIV qui allait donner un ('•vêcln* au prc'cepleur du duc de Bourgogne et (jui ne l'eût cerlaim'menl Jamais fait s'il l'avait soupcjonné de quiétisme.

Les conférences dTssy qui ont eu pour objet les écrits dcM"®Guyon(l),lelivre du pèreLacombe (2), son directeur, plusieurs Wèrnovrc^ et le GuosUquG que Fénelon avait composés pour expliquer aux commissaires leur doctrine, se sont terminées le 10 mars 1G95 par les ar^ticles dlssy qui résument renseignement communément admis sur la mysticité.

' Bossuet les avait d'abord rédigés en 30 articles; mais, quand ils furen-t soumis aux commissaires, Fénelon qui siégeait avec eux, depuis sa nomination à rarchev^iché de Cambrai, souleva des objections et composa un M.èmoire po^ur obtenir l'addition de plusieurs autres articles 1° sur la nature de l'oraison passive et 2* sur l'amour de Dieu (jue, dans le langage mystique, on appelle l'amour désintéressé. Bossuet, pour lui plaire, accepta la dernière réclamation et (juatre articles nouveaux furent, d'un commun accord, ajoutés aux 30 premiers ; mais il repoussa la première parce qu'il estimait qu'on ne pouvait se prononcer sur ec point (ju'après des réflexions plus longues et il rédigea un Projet (Vadditioii qu'il expliqua quelques jours plus tard dans les conférences ; mais comme les examinateurs lui refusèrent leur assentiment, on s'en tint aux 34 articles ([ue tous signèrent, le 10 mars 1695.

(1) Les Torrents et plusieurs autres manuscrits et les deux ouvrages imprimés intitulés :

Moyen court et très facile de faire oraison que tous peuvent pratiquer très aisément et arriver par ta, dans peu de tempsy à une haute perfection, imprimé d'abord à Grenoble et ensuite à Lyon en 1686 ;

Cantique des cantiques de Salomon interprété selon le sens mystique... et la vraie représentation des états intérieurs, Lyon, 1688 ;

(2) Oralionis menlalis analysis... per palrem Doni. Franciscum La Combe Tononenscm, imprimé à Verceil en 1686. ■

La Règle des associés à Venfance de Jésus fut soumise également aux commissaires d'Issy. (Dernières est Tauteur de ce dernier ouvrage.)

OUVRAGES DE CONTHOVERSE 121

Ils étaient la condamnation des doctrines de M™' Guyon et Bossuet prit le soin de lui en faire parvenir une copie qu'elle se décida à accepter et à sitrner.

I. Les Extraits des ouvrages de» M"'" ( ruyon (Extraits rédigés et annotés par Bossuet) n'ont jamais été publiés ; ils sont perdus.

II. La Lettre li 3/"" Gnuon a été pu])liéc pour la première fois en 1748 dans le -2'' volume d<'s Ij-ttres et ()j)nseûtes de M. Bossuet... Paris, Bnrrois, 17î8, '2 vol. in-12. (Cette lettre est d'une grande importance pour ceux qui veulent étudier TafTaire du (piiétisme .

III. Les 3k articles dlssii. Il existtî des manuscrits de ces 34 articles et des 30 articles soumis d'al)ord aux commissaires par Bossuet. Celui des 34 articles a été publié pour la première fois le 10 avril 1005 dans VOrdonnatire et Instruction pastorale de Monsehjneur l'Kvesfpie de Meaux sur les Estais d'oraison, pp. 13-24. Paris, Anisson, 1695, in.4« de 12 feuillets.

Dans le Gr^oî^U^uo de Fénelon,Mivers passages des anciens auteurs mysti(|ues étaient allégués à tort en faveur de M"* Guyon, et Bossuet, pour démontrer (ju'ils étaient loin de la favoriser, a composé :

IV. La Tradition des nouvea^ix mystiques, qu'il a donnée manuscrite aux examinateurs d'Issy 1694. Ce manusôrit existe encore mais mutilé et incomplet, car Bossuet, en 1697, en a pris la 2® et 3® parti(* ])our son Instruction sur les Etats d'oraison : confié par révêcpie de Troyes à l'abbé Leroy, il a été publié dans l(»s (Encres itoslJntrnes de Messire Jacques-Beniijne J^ossnot... tom. m, ])p. 103- 236. A Arnsterda)n, m.dcc.liii M753]. In-V*.

Édition orifjinalc faite avec beaucoup d'<*xactilude.

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