‹ Histoire et description des tapisseries de la Cathédrale d'AngersChapitre 17 sur 86 · Histoire (T Auxerre , par Lebceuf, p. 361. Note i · texte numérisé non relu

Histoire (T Auxerre , par Lebceuf, p. 361. Note i

4. MéinôU-es de la Société d'' AgricuUure,^ Sciences^ Arts et Belles-Lettres de Bayeux.^ 1859, t. V, p. 410*

les tapisseries.

Notre cathédrale perdit pendant la Révolution \ Ancien et le Nouveau Testament, la Vie

de saint Maurice, celle de saint Maurille (moins un tableau), la Résum'ection et les tentures de Mgr Jean Olivier. Les premières durent être brûlées, à cause de leur valeur intrinsèque, les autres furent dispersées (').

\d Apocalypse, si peu maniable, fut tendue dans la serre de la ci-devant abbaye de Saint- Serge pour garantir les orangers du froid ; on l’y oublia fort heureusement.

De là, elle fut transportée à l’évêché, où Mgr Montault la trouva en 1803 dans la salle

synodale, transformée en bibliothèque publique. De 1806 à 1830, on la tendit au-dessus

des confessionnaux, dans les deux bras de la croix de la cathédrale pour masquer les dégradations et les crevasses des murs {J). Cette mesure en sauva la plus grande partie.

Le reste fut employé aux usages les plus vulgaires comme de la toile d’emballage. Croirat-on qu'on en a taillé des descentes de lit, qu'on en doublait des tapis (3) ? Mieux encore,

on en fixa des lambeaux dans l’écurie pour empêcher les chevaux de s’écorcher et même on en étendait sur les parquets, quand il s’agissait de repeindre les plafonds (“*). Après

.tout cela, comment s’étonner des nombreuses lacunes que j'aurai à signaler ?

Ce gaspillage heureusement ne fut pas de très longue durée ; sans cela, tout y aurait passé.

Lorsqu’on eut enlevé de la cathédrale les tentures placées dans les transepts, on les utilisa

pour les distributions des prix (5) et pour orner la rue de l’Évêché le jour de la Fête-Dieu. Enfin, l’administration des domaines les mit à l’encan en 1843, avec des objets mobiliers

de l’évêché inutiles ou démodés.

Mgr Angebault en fit l’acquisition pour une somme de ....300 f. ! et les rendit généreusement à la fabrique.

Désormais, ce qui restait de \ Apocalypse éxdxx. sauvé.

(Éfiapitre iij. — 1843 à 1889.

UELQUES années après l’acquisition de la tapisserie par Mgr Angebault, M. l’abbé Joubert, chanoine honoraire et custode de la cathédrale, comprenant avant tous ses contemporains l’importance capitale de X Apocalypse, en rassembla les débris; parvint, après bien des efforts, à en classer les sujets et commença.

en 1848, à former des ouvrières capables de restaurer les tableaux plus ou moins mutilés.

I. B. M., Ms. 896, p. 32. J’ignore ce que sont devenues ces belles tapisseries qui étaient autrefois attachées en certains temps au-dessous des galeries de fer. Ces morceaux précieux représentaient l’Ancien et le Nouveau Testament, d’autres toute l’Apocalypse de saint Jean. Elles ont disparu à la Révolution.

2. Registre de la Fabrique, Lundi 7 juillet 1806. M. Hébert et de la Ferrière sont autorisés à faire établir des pièces de charpente ou de menuiserie nécessaires pour recevoir et supporter les tapisseries, que Mgr l’évêque veut bien faire raccommoder et tendre sur les murs latéraux et intérieurs de la croix de l’église, tant du côté de l’autel de la Sainte-

Vierge que du côté de l’autel de Saint-Maurice, en partant de la boiserie du chœur.

Journal de la Fabrique : 18 août 1806, payé au sieur Château, cordier, to 1. 14 s. pour corde fournie pour la tenture des tapisseries. — 6 nov. 1806, payé au sieur Varanne, serrurier, pour ferrures pour monter les tapisseries. — 6 nov. 1806, payé au sieur Perché, 5 1. ip s. pour avoir cousu les tapisseries.

3. Vers 1S60, M. l’abbé Joubert eut le plaisir de découvrir tout près de la cathédrale, un jour de procession, plusieurs morceaux de V Apocalypse,, dont on a recomposé le N° 86. Ils servaient de doublure à une verdure très ordinaire : un coup de vent qui s’éleva fort à propos, les fit apercevoir au bon chanoine, qui en obtint facilement la restitution.

4. Il n’y a rien d’exagéré dans ces détails ; je les tiens de témoins oculaires.

5. En 1833, d’après M. le docteur Farge, la cour de l’école des Frères fut tendue le jour de la distribution des prix de

V Apocalypse et des tapis de Saint-Martin appelés dans le temps tapisseries de V Évêché,

Catl)éDrale n’angers.

Que de quolibets lui valut, même de la part des chanoines, son zèle pour la restauration et l’acquisition des tapisseries, dont il a enrichi la cathédrale ! C’était par tombereaux, qu’on pouvait alors acheter des tentures antiques, dédaignées de tous et auxquelles on croyait faire beaucoup d’honneur, quand on ne les employait pas à couvrir des bûches ou des châssis dans les jardins (’).

Presque toutes les tapisseries, à Apocalypse les deux tableaux de la vie de saint Martin, dont je donnerai plus bas la description, ont été acquises par ce chanoine éclairé.

La fabrique doit à son intelligente activité et à ses démarches presque tout le reste. Faut-il dire les luttes qu’il soutint, les difficultés sans nombre et les ennuis qu’il eut à subir ? Non, son œuvre reste : il suffit. Honneur à ce savant, souvent incompris de ses contemporains. S’il usa ses forces et les ressources de son esprit à sauver X Apocalypse, à créer une industrie des plus lucratives pour quantité d’ouvrières de la ville et enfin à doter la cathédrale de la plus belle collection de tapisseries qui existe aujourd’hui, il a mérité la reconnaissance de la fabrique et de tous les archéologues.

Les ressources dont disposait M. l’abbé Joubert, étaient très modestes : le conseil de fabrique de 1852 lui allouait les économies qu’il pourrait faire (sans que le service en souffrît) sur deux articles du budget ; il avait de plus l’autorisation d’y employer le produit des quêtes faites pendant les offices. Il sut s’ingénier, intéresser à sonœuvrequelques familles aisées et les archéologues de la ville par ses intéressants rapports, lus à la Société d’agriculture en juillet 1850 et le 3 février 1854.

L’État voulut bien, en 1854, contribuer à la restauration des tapisseries, et la fabrique de la cathédrale y consacre annuellement, depuis 1868, une somme assez importante.

M. l’abbé Joubert a trouvé dans M. le chanoine Mâchefer un digne successeur, qui s’est appliqué à continuer l’œuvre si bien commencée et dont l’achèvement se poursuit chaque année.

D’autre part, les tapisseries tendues autrefois, soit autour des cloîtres pour la procession du premier jeudi du mois, soit autour de l’église pour les processions, ont pour l’entrée de Mgr Freppel, en 1870, repris leur place primitive aux galeries intérieures et sont chaque année tendues de la Fête-Dieu au mois d’octobre, afin de pouvoir être admirées des étrangers pendant la belle saison.

Cette même année 1870, pendant le congrès de la Société d’Archéologie Française tenu à Angers, il fut question de la restaiLration des tapisseries de la cathédrale. Plusieurs membres, à ce mot de restaui'ation, bondirent d’indignation.... Comment reslatti'er des tÿ.pisseries ! on va totU pe7'clre. M. l'abbé Mâchefer et moi, nous eûmes la satisfaction de présenter à ces archéologues deux tableaux, dans l’un desquels un mètre carré au moins avait été refait à neuf : il leur fut impossible de signaler l’endroit refait. Cette démonstration de la capacité de nos ouvrières angevines les réconcilia avec notre projet de compléter les panneaux coupés en divers lambeaux par des morceaux entièrement neufs, si bien tisses, qu il est impossible de voir où la chaîne neuve est reliée à l'ancienne et aucune différence dans les couleurs.

I. En 1872, j’ai trouvé moi-même, sur les melons d’un jardin, la belle tapisserie à' Isuac bé?iissa?tt Jacob... Que de piopriétaires consacraient leurs tapisseries uniquement à couvrir les bûches, qu’ils envoyaient de leur campagne à la ville, il n’y a pas plus de vingt cinq-ans !

les tapisseries.

U Apocalypse a figuré avec honneur, en 1867, à la grande exposition ; Mgr Barbier de Montault en adonné l’explication détaillée dans une intéressante notice ('), à laquelle je ferai de nombreux emprunts. M. de Joannis la publia en planches gravées a 1 eau forte ( ), et le ministère des Beaux-Arts en a fait tirer de très belles photographies en 1 883 0). Enfin, M. Guififrey, dans son histoire générale de la tapisserie, la cite avec le plus grand éloge ; il a été assez heureux pour découvrir à son sujet des documents très importants.

Tout cela prouve quel intérêt s’attache à cette tapisserie et combien M. l’abbé Joubert eut de mérite à entreprendre une œuvre, dont personne, autour de lui, n appréciait, pendant sa vie, les conséquences au point de vue archéologique et historique.

(ffibapitre iti. — Tapisserie de l’Apocalypse.

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