D’HONNEUR
et te cour se trouvait composée, au midi, par l’entrée triomphale que nous venons de décrire-, en face, au nord, par le principal corps de logis, où était le vestibule. Ce bâtiment du fond était accompagné de deux ailes latérales en retour; à Test, l’aile droite, où étaient, au rez-de-chaussée, le péristyle de la Chapelle, et, au premier étage, la Galerie de Diane; à l’ouest, l’aile gauche, où se trouve la salle des Gardes, au premier étage.
On remarquera l’orientation du Château d’Anet. L’architecte Philibert de Lorme ne construisait jamais une habitation sans la mettre en rapport avec les quatre points cardinaux; il a consacré à ce principe plusieurs chapitres dans son ouvrage d’architecture. Néanmoins il a été contraint d’accorder le plan du Château avec la ligne droite que forme la côte au nord-est, ce qui fait que la face septentrionale du Château décline de 5-9° 1 8' à l’ouest.
Les bâtiments de cette Cour, ainsi que tout le Château neuf, avaient un seul étage sur un rez-de-chaussée de trois mètres quatre-vingts centimètres d’élévation; ce rez-de-chaussée était plus haut que le sol, et on y accédait par trois marches. Quant au premier étage, il avait cinq mètres quatre-vingt-dix centimètres de haut. Toutes les fenêtres avaient des meneaux en pierre, ainsi que toutes les constructions du XVIe siècle; les meneaux horizontaux des fenêtres du premier étage correspondaient d’une fenêtre à l’autre par un cordon de pierre qui faisait le tour des bâtiments du Château.
La toiture, peu élevée, était couronnée d’une crête dorée; à chaque extrémité, et à tous les angles il y avait un épi doré, composé de volutes et portant au milieu un tableau qui offrait le chiffre ajouré de Diane et de Henri II, terminé par un chou de feuilles d’acanthe.
La principale façade du Château, au fond de la cour, était formée, au rez-de-chaussée, par une galerie qui régnait sur toute la longueur; vingt-quatre colonnes d’ordre dorique accouplées décoraient cette galerie; au milieu se voyait un magnifique portail en avant-corps, composé de trois ordres d’architecture, ayant vingt et un mètres d’élévation.
LE CHATEAU IVAN ET
Le rez-de-chaussée était d’ordre dorique; sur la frise se trouvait une inscription, gravée sur un marbre de Languedoc et ainsi conçue :
SpLENDIDA MERER1S MAGNI PALATIA CcELI ,
Non hæc humana saxa polita manu.
(Tu mérites les splendides palais du ciel élevé, et non ces pierres, polies par la main humaine. )
Le premier étage était composé d’un ordre ionique sur piédestal.
Entre les deux groupes de deux colonnes était, de chaque côté, une niche accompagnant la fenêtre centrale; sous les niches, deux branches de laurier sculptées formaient un rond, auquel étaient suspendus deux deltas enlacés, qui sont les chiffres de Diane en grec.
Au-dessus du premier étage était une arcade qui s’élevait dans la hauteur des combles; les colonnes de chacun de ses côtés étaient d’ordre corinthien; des branches de laurier tournaient autour du bas de chaque colonne; entre les deux colonnes étaient, au-dessus l'un de l’autre, des bas-reliefs de Jean Goujon, les deux de droite représentant Mars et Minerve, les deux de gauche Jupiter et Junon. Dans l’arcade centrale de cet étage supérieur était la statue en pied de Louis de Brézé, en grand costume de guerre, portant les- insignes de Grand Sénéchal. Dans les tympans de cette arcade étaient deux Renommées sculptées, tenant à chaque main une couronne de laurier; sur la pierre qui formait claveau sont sculptés les chiffres de Diane et de Henri II, enlacés avec deux branches de laurier soutenant un croissant. Au-dessus on lisait, sur un marbre noir, ce distique; dont les lettres étaient gravées en creux et dorées :
Bræzeo hæc statuit pergrata Diana Marito Ut diuturna sui sint monumenta viri.
(Diane reconnaissante a élevé ce monument à Brézé, son époux, afin que soit durable
le souvenir de son mari. )
Ce riche avant-corps du centre était terminé par un motif ornemental divisé en trois parties; celle du milieu, en retraite des deux autres, à la fois plus large et plus élevée, avait la forme d’un coffre sur lequel était, entre deux branches de laurier, un cartouche sculpté portant un losange avec le chiffre de Diane et de Henri II en cuivre doré. Au-dessus de cette base, un autre cartouche aux armes de Louis de Brézé était surmonté d’une couronne de comte, dans laquelle était passé un croissant; ce cartouche était supporté par deux lévriers, debout de chaque côté , sculptés en ronde bosse et s’enlevant sur le ciel.
De chaque côté, mais moins élevé, était un cartouche découpé à jour, surmonté d’une tète d’amour ailée, avec le chiffre de Diane et de Henri II sculpté à jour dans un croissant porté par deux palmes.
CHATEAU D’ANET
DÉMOLI DE 1 8 o 5 à 1810
Toute cette partie supérieure, surpassant la hauteur des combles, et dont les trois parties se découpaient à jour sur le ciel, produisait un très-bel effet.
Cette décoration centrale était épaulée de chaque côté, à la hauteur du toit, par un motif d'architecture terminé en forme de tombeau, dans le genre des lucarnes, et venait s'harmoniser avec celles-ci.
Le premier étage de ce bâtiment principal était terminé par une galerie découverte qui passait devant les lucarnes, au bas des combles, et répétait la galerie du rez-de-chaussée-, le dessus de cette galerie supérieure était orné par des lucarnes monumentales qui décoraient les combles de chaque côté du portique central.
Cette galerie était de plus ornée d’une très -belle balustrade alternativement pleine et sculptée à jour; cette dernière partie représentait le double chiffre de Diane, réuni par un croissant au milieu et traversé par des flèches.
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