‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 39 sur 138 · ET DES FÊTES · texte numérisé non relu

ET DES FÊTES

La restauration de cette Salle a un peu modifié sa première grandeur- le peu d’étendue du Château a nécessité cette réduction pour ménager une chambre de plus.

La décoration de cette Salle est Renaissance; elle est consacrée aux propriétaires qui ont illustré le Château d’Anet; elle est en outre formée d’ornements et de motifs d’architecture du Château au XVIe siècle, qui n’existent plus à Anet.

Le plafond n’a plus son ancienne disposition; il est maintenant divisé en quinze compartiments égaux ayant deux formes- différentes, l’une ronde, l’autre losangée, placées alternativement; chaque compartiment renferme un cartouche peint en grisaille et portant les armoiries de l’un des anciens possesseurs d’Anet qui ont illustré ce magnifique séjour. Aux angles de chaque compartiment sont des ornements qui rappellent le souvenir de Diane de Poitiers. Le premier au-dessus de la porte du vestibule se rapporte à Philippe-Auguste; viennent ensuite : Charles le Mauvais, Pierre de Brézé, Diane, Claude de Lorraine, Marie de Luxembourg, César de Vendôme, Louis-Joseph de Vendôme, Anne, Palatine de Bavière, Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, le Prince de Dombes, le Duc de Penthièvre,- Riquier Comte de Caraman, Ferdinand Moreau. Les bordures formées par l’épaisseur du plafond contiennent la date et le nom de chaque possession. Les clous des poutres sont trois croissants dorés entrelacés, sur un fond bleu bordé d’or. Quatre anciens lustres, en verre de Venise, sont suspendus au plafond. Le parquet reproduit le plan et la disposition du plafond.

Deux cheminées monumentales, en terre cuite, s’élèvent aux deux bouts de cette Salle; leur forme rappelle un peu le motif d’architecture du centre de la façade principale, au fond de la cour d’honneur, actuellement à Paris dans la cour de l’École des beaux-arts. Sur les côtés des cheminées sont deux bas-reliefs de Jean Goujon, en cariatides, grandis pour cette destination. Au milieu se trouve un cadre contenant une peinture; sur l’une des cheminées est le portrait du Duc de Vendôme, et sur l’autre celui du Duc de Penthièvre. Au-dessous est un cartouche bordé de croissants, qui contient, peint en émail, l’un une vue du Château au XVIe siècle, le second une autre vue dans son état actuel.

LE CHATEAU D’ANET

De chaque côté des cheminées, aux angles de cette Salle, sont quatre portes sculptées; elles sont la copie exacte de l’ancienne porte de l’Orangerie du temps de Diane, d’après Philibert de Lorme. Les panneaux du battant des portes, provenant du Château d’Écouen, sont sculptés et rehaussés d’or; quelques-uns sont très-remarquables, surtout ceux de la porte donnant sur le vestibule, dont la partie extérieure garde encore la peinture du XVIe siècle.

La Salle est éclairée par sept fenêtres, cinq à l’Ouest et deux à l’Est; la décoration en est faite par une peinture à la cire. Ce mode de peinture est fort ancien; c’est par ce procédé que sont restaurées toutes les peintures de la Renaissance, à Fontainebleau et ailleurs. Les Artistes formant la colonie Grecque passée en Italie dans l’antiquité en ont laissé de précieux exemples. Aussi, lorsqu’un paysan Italien découvre une peinture antique, il ouvre son couteau et frappe dessus à coup redoublés; si la lame pénètre et fait sauter un éclat de l’enduit, c’est une peinture à la cire, et cette peinture a la propriété de devenir dure comme la pierre en vieillissant.

Page 1