LOUIS DE BRÉZÉ
Après avoir pris possession d’Anet et des autres Châtellenies qui en dépendaient , Louis de Brézé en fit foi et hommage à ravénement du Roi Charles VIII, jqui furent reçus par lettres patentes du 6 mai 1491.
Il épousa Catherine de Dreux, fille de Jean de Dreux. Le 2 octobre 1 5 1 2, Catherine de Dreux, sa femme, fit un testament contenant la déclaration qu’elle donnait à Louis de Brézé, son mari, toutes les conquestes de leur communauté concernant la terre et chastellenie d’Anet. Ce testament fut reçu en l’étude de Me Pierre Jacques, Notaire à Anet, le 28 octobre de la même année, et chez Carrel, Notaire à Paris.
Catherine de Dreux étant morte , Louis de Brézé épousa en secondes noces Diane de Poitiers, fille de Jean de Poitiers, Seigneur et Comte de Saint-Vallier, et de Jeanne de Bastarnay, sa femme. Le mariage eut lieu en avril 1 5 1 5 . Louis de Brézé était âgé de cinquante-cinq ans, et Diane avait seize ans à peine.
La Maison de Poitiers était issue des Comtes de Valentinois, l’une des plus anciennes du Dauphiné -, ils étaient seigneurs nominaux de Valence, mais sans avoir d’autorité sur la ville, dont le Comté appartenait à l’Évêque. Celle de Bastarnay était alliée à la Maison de Médicis par les Boulognes.
Le Comte de Saint-Vallier, père de Diane, ayant participé à la conspiration du Connétable de Bourbon contre François Ier, fut pris, jugé et condamné à mort en 1 523, puis gracié par le Roi.
LE CHATEAU D’ANET
Le Connétable de Bourbon avait formé la criminelle entreprise de démembrer la France, avec le concours intéressé du Roi d’Angleterre et de l’Empereur Charles-Quint, qui, après s’être partagés les plus belles provinces, auraient abandonné au traître quelques lambeaux dont ils n’auraient pas voulu. Jean de Poitiers, fort attaché au Connétable de Bourbon, dont il était le cousin, fut trop faible pour lui refuser d’être son complice ; il lui aurait fallu une plus haute intelligence pour mesurer l’étendue de sa folle et criminelle équipée.
Cette trahison fut découverte par hasard, et c’est Louis de Brézé qui apprit par un prêtre l’existence de ce complot contre le Roi et la sécurité du royaume, sans savoir que son beaupère s’y trouvait compromis. Ce prêtre tenait cette révélation de deux Gentilshommes normands, nommés Martignon et d’Argouges, qui, après avoir déchargé leur conscience par cette confession , avaient laissé au prêtre la liberté d’agir pour le bien de l’État et du Roi. Louis de Brézé, aussi bon courtisan que vaillant capitaine, crut tenir un de ces grands secrets qui font la fortune d’un homme. Il ne se doutait guère alors qu’il ne lui en reviendrait pour tout profit que la grâce assez tardive de son beau-père, si gravement compromis.
Saint-Vallier fut arrêté à Lyon, jugé, reconnu coupable de haute trahison, et condamné à avoir la tête tranchée, car il fallait au moins un exemple. Cette pensée préoccupait le Roi ; aussi, pendant cinq mois que dura le procès, laissa-t-il le coupable passer par toutes les angoisses et les souffrances qu’il avait bien méritées. François Ier garda pour lui seul, jusqu’au dernier moment, le secret de sa décision; car ce fut seulement sur l’échafaud que le condamné reçut sa grâce.
La vue du sinistre appareil l’avait si fortement impressionné qu’il en conserva pendant tout le reste de sa vie un tremblement nerveux produit par la peur, phénomène fréquemment observé par la science, et, depuis, souvent désigné sous le nom de fièvre de Saint-Vallier. En même temps ses cheveux avaient totalement blanchi dans la nuit qui avait précédé l’attente de son exécution.
Les lettres de grâce furent enregistrées par le Parlement et portaient dans l’énoncé que cette grâce était due aux prières de Louis de Brézé, Grand Sénéchal de Normandie, Comte de Maulevrier, et autres parents et amis de Saint-Vallier.
La grande beauté de Diane, fille de Saint-Vallier, et toute jeune encore à cette époque, n’a peut-être pas été étrangère à cette grâce, mais celle-ci a été donnée trop tard, et presque trop cruellement, pour qu’elle ait’dû coûter à Diane un sacrifice de nature à entacher l’honneur de son mari. Quoique le plus laid des gentilshommes de son temps, il n'en vécut pas moins en très-bonne intelligence avec sa femme, et il y avait à cette époque environ huit ans qu’ils étaient mariés.
Le roi François Ier est venu en 1 528 au Château d’Anet, et paraît y avoir séjourné quelques jours. On trouve aux Archives nationales plusieurs lettres de lui, datées d’Anet; l’une, datée d’Ennet, 24 avril i528, et relative au ravitaillement de Thérouanne et à d’autres affaires militaires; une autre, du même jour, est adressée au Cardinal Du Bellay. Une, adressée au Chancelier Duprat et datée du 25, concerne le même Cardinal.
En cette même année (i528) le fief du Bourrelier fut acquis par Louis de Brézé, moyennant 164 livres 4 solz, pour être réuni à la Châtellenie d’Anet.
Trois ans après, le Roi fit encore un séjour à Anet. C’est d’Anet, et de 1 53 1 , qu’est datée la lettre fameuse qui concerne l'accord entre le Très-Saint-Père et le Roi François, pour le