‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 88 sur 138 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

D’ANET

Six ordonnances de François Ier, datées d’Anet, nous indiquent que le Roi était au Château d’Anet du 20 au 26 mars i5q3, parmi lesquelles se trouve un édit portant création d’offices de receveurs et contrôleurs des droits qui se lèvent sur les épiciers. C’est sans doute à cause des fréquents voyages du Roi, au Château d’Anet, que l’on a supposé qu'il existait entre Diane de Poitiers et François Ier une liaison plus qu’intime, qui semblait confirmée par la rivalité et la lutte incessante existant entre Diane et la Duchesse d’Étampes. Bien des auteurs ont écrit pour ou contre, et aucuns ne nous donnent de preuves assez concluantes de l'amour de Diane pour le père de Henri II.

Pour ce qui est de la liaison de Diane avec ce dernier, il serait bien difficile de ne pas y croire, et la suite de cette biographie le prouve surabondamment. Quant à convaincre certains auteurs qui mettent la prérogative royale des abus du trône et de l’autel au-dessus de la morale et des plus grandes vérités de l’histoire, nous n’avons nullement l’intention de les persuader. Il nous suffira de leur faire remarquer que Diane est une grande et belle figure historique, qu’on diminue en la flattant maladroitement, et qu’en la défendant servilement on se diminue soi-même. Il faut d’ailleurs ajouter que, pour bien juger Diane de Poitiers, il ne faut pas oublier les mœurs et les usages du temps, et la politique de son règne, car tout est relatif. Brantôme, plein des souvenirs de cette époque, raconte dans son naïf langage que le Roi François Ier « vouloit fort que tous les Gentils hommes de la cour se fissent des maîtresses, et s'ils ne s'en faisoient, il les estimoit mal et sot, et bien souvent aux uns et aux autres, il leur en demandoit les noms et promettoit de leur dire du bien, et de les servir. » Il est facile de voir que cette complaisance n’était que pour mieux cacher ses faiblesses au milieu de celles de tous les courtisans.

O11 est même d’autant plus à l’aise que Diane n’a pas été la dernière maîtresse de nos rois.

Les règnes de Henri IV, de Louis XIV et Louis XV nous dispensent de cacher ses faiblesses et son ambition, surtout en face de la Duchesse d’Étampes qui a trahi le Roi et la France, alors que Diane servait l'un et l’autre. Si ce n’était pas avec désintéressement, du moins c’était avec gloire.

Henri II lui doit une partie de l’esprit et de l’intelligence qui brilla sous son règne, et les beaux-arts lui doivent le développement de la Renaissance Française, qui a mis notre pays à côté de l’Italie et à la tête des autres nations.

Les premières impressions de l’amour de Diane pour Henri nous sont dévoilées par une pièce de vers, attribuée à Diane, et sans doute écrite pour elle par une des plus fines plumes de son temps; elle est d’une grâce charmante dans sa naïveté maniérée :

Voicy vraisment qu’Amour, un beau matin,

S’en vint m’offrir flourette très-gentille « Là », se prit-il, « aournez vostre sein »,

Et vistement violiers et jonquille Me rejetoit à tant que ma mantille En estoit pleine, et mon cœur en pasmoit;

Car, voyez-vous, flourette si gentille Estoit garçon , frais, dispos et jeunet.

Ains tremblotante et destournante les yeulx :

« Nenny », disois-je. — « Ah ! ne serez desçeüe » ,

DIANE DE POITIERS

Reprit Amour, et soudain à ma vüe Va présentant un laurier merveilleux!

« Mieux vault » , fui dis-je, « estre sage que royne » , Ains me sentis-je et frémir et trembler.

Diane faillit, et comprenez sans peine Duquel matin je prétends reparler.

en ri II, le moins aimé des enfants de François Ier, s’était trouvé tout heureux d’une tendresse qu'il ne trouvait pas ailleurs; mais à cette amitié, si pure d’abord, avait succédé de plus tendres sentiments. Le jeune Henri ne voyait pas la voie où il s’engageait, mais Diane avait son but; elle mit une adresse infinie à diriger le jeune prince; après lui avoir fait entrevoir les douceurs d’une passion naissante, elle employa toute sa diplomatie à bien tenir en main le royal amoureux.

La Cour à cette époque présenta un contraste piquant. François Ier vieillissait et avait une jeune maîtresse, la Duchesse d’Étampes, qui était dans tout l’éclat de la jeunesse et de la beauté, tandis que son fils, tout jeune encore, aimait Diane qui commençait à ne plus l’être.

Aussi la Duchesse d’Étampes prévoyait avec effroi le moment où la fin prochaine du Roi la forcerait à céder la place à la maîtresse du nouveau souverain. Ne pouvant éviter le malheur qu’elle prévoyait, elle se vengeait par des épigrammes; l’âge étant le côté faible de Diane à cause de l’extrême jeunesse du Prince, Mme d’Étampes se faisait un plaisir de dire à tout propos : « L’année de ma naissance fut celle où Mme la Sénéchale se maria. »

La blessure était sensible. Diane en appela à sa figure, à son esprit, et surtout à l’amour du Prince. Une autre fois, on jeta dans la chambre de Henri un papier renfermant la traduction du quatrième verset du XLIXe chapitre de la Genèse, dans lequel Jacob maudit son fils Ruben, qu’il avait surpris avec une de ses femmes. Pour ébranler l’amour de Henri on essaya en outre, par une chanson en assonances, d’établir des infidélités de Diane envers Brissac, ami intime de Henri, à propos d’une maladie que ce Prince aurait eue.

Voici un couplet de cette chanson :

Toute brunette suis; jamais ne serai blanche;

Monseigneur le Dauphin, malade dans sa chambre,

Sa mye le va voir, bien triste et bien dolente :

« Si vous mourez, Monsieur, à qui me dois-je rendre ?

— Mon écuyer Brissac, je vous le recommande. »

Toutes ces tentatives ne réussirent pas, mais la lutte n’était pas égale. Le Prince craignait d’offenser le Roi son Père, et Diane se défendait faiblement, forcée qu’elle était de ne frapper qu’en cachette.

Nous empruntons le récit de cette intrigue à M. le Comte de Caraman, qui a parlé de cette lutte avec beaucoup de talent dans son livre sur le Château d’Anet :

Les amis de l’une et de l’autre se divisèrent. Ronsart, Marot, Joachim du Bellay et Jacques Lepelletier chantaient à l’envi les charmes et les vertus de Diane. Il faut y joindre Olivier de Magny, auteur d’odes assez plates à la louange de Diane et de son jardin (d ’Ennet), telles que ces vers :

Vous qui semblez entre les grandz Duchesses Ce que l’or semble entre les grandz richesses.

LE CHATEAU D’ANET

De son côté, la Duchesse d’Étampes déployait une rare activité; la langue et la plume de ses partisans faisaient merveilles. C’était, chaque jour, de part et d’autre, une calomnie ou une médisance nouvelle, imprimée ou verbale. Le Prince, le Roi lui-même, ne dédaignaient pas d’entrer dans cette guerre. François, frère de Henri, devint l’objet de la prédilection marquée de son père, par la seule raison que la Duchesse d’Étampes le favorisait. Tandis que le Roi affectait de traiter Henri avec la plus grande froideur, les honneurs et les dignités étaient prodigués à François. Ce parti pris de partialité entraîna la Duchesse à une faute grave. Dans une circonstance importante, pressée par les instances de son jeune protégé, elle lui fit donner le commandement de l’armée, après en avoir dépouillé le Connétable de Montmorency, qui commença dès ce jour à se rapprocher de Diane. Outré de colère, Henri attaquait la réputation de la Duchesse, en l’accusant d’avoir trompé l’amour du Roi au profit de Jarnac, son beau-frère. Pour se venger, la royale favorite battait en brèche les charmes surannés de sa rivale. Jean Voûté, poète champenois, se signala par plusieurs pièces de vers, ayant pour titre : In Pictaviam, anum aulicam (contre la Poitiers , vieille femme de cour), où la beauté de Diane était traitée avec l’âcreté cynique deJuvénal; dans l’une elle était surnommée la jument grise. Heureusement pour Diane, ces vers satiriques étaient latins, et ceux de ses défenseurs étaient en français.

L’ode anacréontique qui suit est de Jacques Lepelletier. Quoique postérieure aux autres pièces en l’honneur de Diane, elle mérite d’être choisie entre toutes et citée ici comme le chef-d’œuvre du genre de cette époque :

Ne vante plus, ô Rome, ta Lucrèce!

Cessez, Thébains, pour Corinne combattre ;

Taire se faut de Pénélope, ô Grèce,

Encore moins pour Hélène se battre.

Et toi, Egypte, ôte ta Cléopâtre!

La France seule a tout cela et mieux!

En quoi Diane a l’un des plus beaux lieux Soit en vertus, beauté, faveur et race,

Car, si cela elle n’avoit des Cieux,

D’un si grand Roi n eut mérité la grâce.

Jamais plus vaillant coup de plume ne fut donné dans ce tournoi, et si quelque chose manque à ces vers ce n’est pas l’enflure de la forme, et encore moins la suffisance du poète.

Dans une épître intitulée Etrennes, Marot avait dit avec moins de prétentions et plus de sentiment :

Que voulés-vous, Dianne bonne.

Que vous donne ?

Vous n’eutes, comme j’entends,

Jamais tant d’heur au printemps Qu’en automne.

A part l’expression figurée de Y automne, Marot avait déjà dit à peu près la même chose de la Duchesse d’Étampes. Dans cette dernière occasion, du moins, son encens fut mélangé, dit-on, d’un grain d’amour réel. A force de chanter les attraits de Diane, le poète courtisan finit par se laisser prendre à ses propres chansons. Ces grands enfants, qu’on appelle des poètes, sont trop disposés à se servir de leurs rêves poétiques comme de ces sortes de jeux innocents où l’on se permet tout, sous prétexte de badinage, et où l’amour méconnaît impunément les distances. Parmi les vers que Marot dédia à Diane, on cite les suivants :

Estre Phébus bien souvent je désiré:

Non pour cognoistre herbes divinement,

Car la douleur, qui mon cœur veut occire Ne se guérit par herbe aucunement;

Non pour avoir ma place au firmament,

Car en la terre habite mon plaisir;

Non pour son arc encontre Amour saisir,

Car à mon Roy ne veux estre rebelle.

Estre Phébus seulement je desire Pour estre aimé de Diane la belle.

Et ceux-ci :

Dont le nom gracieux N’est jà besoin d’escrire;

Il est escripl aux cieulx Et de nuict se peultlire.

DIANE DE POITIERS

Tant que Marot se contenta de chanter, sa passion fut au mieux avec sa divinité; mais la fière Diane, qui avait bien pu se laisser toucher à l’hommage d’un demi-dieu, ne vit plus, dans Marot, qu’un autre Ixion. Lorsqu'elle se vit adorée sérieusement par un mortel, il lui parut que l’audace de sa pensée méritait une prompte répression. Comme il faut qu’un poëte chante quelque chose, notre poète éconduit se mit à chanter sa douleur :

Adieu, amour, adieu, gentil corsage; Adieu ce teint, adieu ces friands yeux! Je n’ai pas eu de vous grand avantage; Un moins aimant aura peut-être mieux!

Quand la douleur du poëte vint à s’aigrir, des épigrammes succédèrent aux sonnets amoureux.

Quelques auteurs insinuent que Diane se vengea en le faisant emprisonner. Il n’en est rien, car il fut mis en prison dès iSaô par l’Evêque de Chartres. Il fut dénoncé pour s’être affranchi des abstinences du vendredi; il avait en outre attaqué par ses écrits la foi de l’Église. Il fut mis au Châtelet par ordre des officiers de justice et du Parlement.

Lors, six pendards ne faillent mie,

A me surprendre finement,

Et de jour, pour plus d’infamié,

Firent mon emprisonnement,

Ils vindrent à mon logement;

Lors ce va dire un gros paillard :

« Par la morbieu, voilà Clément.

Prenez-le, il a mangé du lard. »

Marot ne s’exposa plus à un pareil danger, mais il se crut victime de Diane, car il dit aussi :

Or est ma cruelle ennemie Vengée bien amèrement?

Revenge n’en veux, ni demie.

Il est surprenant qu’il n’ait pas trouvé de défenseur dans la Duchesse d’Étampes, à qui il avait adressé jadis une ode où il parlait

Du plaisant val que l’on nomme Tempé,

par allusion à son nom d’Étampes.

Le mariage de Henri avec Catherine de Médicis eut lieu le 25 octobre 1 533, avec beaucoup de cérémonies. Les noces durèrent trente-quatre jours; mais il ne porta aucun trouble aux relations du Dauphin avec Diane : cependant Catherine était jeune et assez jolie pour pouvoir lutter avec l’âge de Diane. Brantôme vante surtout ses mains, et dit : « Les poètes, jadis, ont loué l’Aurore pour avoir de belles mains et de beaux doigts, mais je pense que la Reine l’eût effacée en tout cela. »

Malgré tous ses charmes, Catherine de Médicis fut délaissée. Elle eut alors 1 occasion de montrer ce talent de dissimulation avec toute l'habileté de sa nature italienne, dont elle donna tant de preuves par la suite. Elle sut plaire à toute la Cour; sans se prononcer entre Diane de Poitiers et la Duchesse d’Étampes, elle se contentait de sourire à toutes deux, et ne manifesta aucune contrariété de voir l’amour de son mari pour Diane, amour qui d’ailleurs était dans les mœurs du temps.

Le Prince François, Dauphin de France, frère aîné de Henri, mourut subitement en 1 536, et passa pour avoir été empoisonne. Par cette mort Henri devint Dauphin. Dans cette circonstance Diane vit grandir son pouvoir et fut très-recherchée. Dès 1 538 elle maria sa fille

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aînée, Françoise de Brézé, à Robert de La Marck, Duc de Bouillon, Prince de Sedan-, sa seconde fille, Louise de Brézé, fut mariée, en 1546, à Claude de Lorraine, Duc d’Aumale, troisième fils de la maison de Guise. Mais quand, le 5 mars 1547, François Ier mourut à Rambouillet et que Henri monta sur le trône, Diane arriva au faîte de la gloire et de la puissance. Toutes les rivalités et les oppositions s’effacèrent devant elle et subirent sans murmure son pouvoir; elle prit même une part active à la politique, et son premier soin, à l’avénement du Roi, fut d’éloigner ses adversaires et de faire arriver ses partisans au pouvoir.

A peine monté sur le trône, Henri II prouva sa passion pour Diane par d1 éclatantes faveurs. Son premier acte fut un ordre d’exil pour la Duchesse d’Étampes, qui se retira dans son château de Saint-Bris, mais sans la dépouiller des biens qu’elle tenait de la libéralité de François Ier. Cette conduite ne manquait pas"d’habileté -, Diane eut'donné là un exemple dangereux pour elle-même dans l’avenir.

Des lettres patentes du i5 juin 1 547, ^données par le Roi Henri II , portent « donation à la dame Diane de Poitiers, pour elle, ses. hoirs et successeurs, des fruits et revenus des terres . d’Anet et autres seigneuries, qui échoiront pendant le procès intenté par le Procureur Général. »

Le i3 juillet de la même année eut lieu la vérification, par la Chambre des Comptes, des lettres du don fait par le Roi à Mme Diane de Poitiers des revenus des terres et seigneuries d’Anet, etc...

La toute-puissance de Diane ne tarda pas à faire reviser ce procès resté en suspens depuis près de quinze ans, et d’ailleurs fort injuste, puisqu’il était dit, en 1445, que l’inféodation aurait lieu pour Pierre de Brézé et ses enfants en légitime mariage. Or, tant qu’il existait des enfants de la ligne de Brézé en légitime mariage , le retour à la Couronne ne pouvait pas avoir lieu.

Une faveur plus grande encore du Roi fut le don qu’il lui fit en 1547, par lettres patentes, de la belle terre et du château de Chenonceaux.

Il prouva en outre son attachement pour elle jusqu’à vouloir légitimer une fille qu’il en avait eue.

Plusieurs auteurs contemporains rapportent que Henri , n’étant que Dauphin , avait eu de Diane une fille, née en i538. On l’appelait Diane d’Angoulême. On la fit passer, tout enfant, pour la fille d’une demoiselle piémontaise, nommée Philippa Duchi, qu’il aurait connue pendant sa campagne d’Italie, et qui ne fut probablement que la nourrice. — A défaut des renseignements des écrivains du temps, le nom seul de Diane, donné à la fille naturelle de Henri, indiquerait suffisamment qui pouvait être sa mère -, de plus, elle fut élevée à Anet par Diane de Poitiers, ce qui serait vraiment plus qu'extraordinaire si elle n’eût pas été sa fille.

Ce fut d’ailleurs une des personnes les plus charmantes de son temps. Brantôme nous dit que jamais dame n’eût été mieux à cheval, qu’elle était très-belle de visage et de taille, et quelle parlait l'italien et l’espagnol. — A quatorze ans elle avait épousé Horace Farnèse, Duc de Castro, ce qui lui a fait donner quelquefois le nom de Diane de Castro. Son père avait négocié ce mariage avec le Pape Paul III, mais son mari fut tué tout jeune, devant Hesdin. Diane de France, restée veuve sous la garde de Diane de Poitiers , se remaria à François de Montmorency, fils du Connétable. Elle n’est morte que sous Louis XIII, et elle a un beau rôle dans l’histoire de France, car c’est elle qui, en réconciliant Henri III avec le Roi de Na-

DIANE DE POITIERS

varre, facilita à celui-ci les premiers pas sérieux vers le trône, et Henri lui en garda toujours le meilleur souvenir. Ajoutons que l’hotel qui fait à Paris le coin de la rue des Francs-Bourgeois et de la rue Pavée, et qui porte le nom d’hôtel de Tallard, a été bâti pour elle ; c’est aussi un beau spécimen du dernier style de la Renaissance, et les chiffres DQ, qui se rapportent à son prénom et à celui de son père, s’y remarquent, aussi bien que des croissants.

Brantôme ajoute que Henri II, voulant légitimer sa fille sous le nom de sa véritable mère, Diane refusa par cette belle et hère réponse : « J’étais née pour avoir des enfants légitimes ; si j’ai été votre maîtresse, c’est parce que je vous aimais ; je ne souffrirai pas qu'un arrêt me déclare votre concubine. » Diane eut toujours un langage fier et plein de dignité, même envers Henri II.

La faveur royale ne s’arrêta pas au don de Chenonceaux. Par des lettres patentes du 8 octobre 1548, le Roi donne à Diane de Poitiers le duché de Valentinois. Diane, que l’on appelait toujours la Grande Sénéchale, devint Duchesse de Valentinois. Dans tous les actes

que faisait Diane de Poitiers, on trouve à côté de sa signature son scel, mi-parti de Brézé, qui est d’azur à huit croisettes d’or, posées en orle autour d’un écusson d’or comblé d’azur, sur l’azur

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un écu d’argent, et de Poitiers ou de Saint -Vallier, qui est d’azur à neuf besants d’argent, sommés d’un chef d’or. Devenue Duchesse de Valentinois, Diane réunit aux armes de sa

Sceau de Diane.

famille, dans son écusson, deux quartiers représentant, l’un la concession royale par un semis de fleurs de lis et par des croissants, l’autre certaines prétentions de la famille de Valentinois à des seigneuries italiennes.

Ce présent royal fut suivi d’un autre plus considérable encore. D’après un ancien usage, à l’avénement des Rois, toutes les personnes qui possédaient une charge publique payaient, pour y être maintenues, un droit proportionnel à son importance. Cet impôt royal, appelé droit de confirmation, valait des sommes énormes au nouveau Souverain. Henri II donna le produit de ce droit à Diane, et c’est à cette époque qu’elle commença à faire construire son Château d’Anet.

Nous avons dit, dans la partie descriptive, tout le patriotisme de Diane en choisissant des artistes français pour cette belle et magnifique construction, l’une des plus belles merveilles de la France au XVIe siècle. C’est la grande quantité d’argent produite par la donation du Roi qui a payé cette grande dépense -, c’est ce qui fait . dire à bien des auteurs que Henri II fit construire le Château d’Anet pour Diane, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

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