PROMENADE AU JA&DIH
Les personnes qui désirent voir successÎTement toutes les parties du Jardin, sans repasser plusieurs fois dans le même endroit , doivent suivre une Tmarche régulière que nous allons indiquer. ' Nous vpposons qu^On arrive an Jardin par la porte Ouverte sur le quai au milieu de lït {>Iaçé demi-circalaùx qui esé vis-à-vis du pont En entrant on embrasse d'un coup d'oeil l'ensemble de l'établissement. En face et à l'autre extrémité . on voit le cabinet d'iiistoire naturelle qui occupe toute la largeur du Jardin , et parîdt s'élever audessus de deux enclos dont l'un est la pépinière , et l'autre un vaste bassin carré , creusé en peiite jusqu'au niveau de la^ rivière et g^mi d'arbrisseaux sur les talus. À droite et à gauche sont les deux grandes allées de tiUeuls , et plus loin, d'un côté la ménagerie, qui s'étend jusqu'à la i;ue de Seine ; de l'autre des pl^tations qui vont jusqu'à
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la rue de Bu^on. On tournera à droite, on entrera dans la grande alliée, et l'on arrivera à l'entrée de la cour qui est devant le cabinet: En suivant la grille de fer qui entouré cette cour, l'on se-trcnivera au commencement de l'allée de tilleuls parallèle à celle qu'on vient de quitter. On aura derrière soi le cabinet , et un pçu à droite la maison nommée autrefois l'intendaiice , et qui fut le logement de M. de Birffon depuis 1773 jusqu'à sa mort (i) : ce sera \k notre point de départ. Nous allons faire le tour ibi Jardin pour examiner tout ce qui se trouTerarsur notre- p^ sage ; d'abord dans la partie basse qui s'étend du cabinet au bord de la rivière , puis dans la partie élevée qui se compose de deux collines ^nt l'une porte ïe nom de labyrinthe, et l'autre celui de petite butte. Nous irtuis eHuite parcourir la ménagerie que nous ccMisidérerons seulement soos le rapptnt dc$ sites et des plantations , et nous reviendrons sur le quai par l'allée des. marroniers , qui sépare le jardm des semis et la ménagerie de I9 partie plate du Jardin. Cette j»-omeitede exigerait à peu près une heure si on ne s'arïétàit.nuUe part : elle sera beaucoup plus longue; il faudra même la renouveler plœieurs feus , si Ton veut donner quelque attention à ce qu'elle
' (1) Cette maiaooert habitée anjoni^'hai par MM. de LamârcL et Van-SpaendoQcli , piàf^enn, ; h par MH. Lacai, gudei dei gderiei.
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' JARDIN. igS
offre de plus instructif et de plos curieux. Nous ne parlerons point en ce moment des parties d^ jardin qui ont.une destiiifitioa spéciale , c<ttmie l'école de botanique, celle de culture, celle de» arïtres fruitiers, le jardin des semis, les serres, et là ménagerie , considérée comme Vhabitatioa des animaux. Chacun de C£s établissemëns doit être l'objet d'dne visite particulière.
Nous voici donc au haut de la grande allée de tilleuls plantée par M. de BufTonçn 1740, sur la lisière méridionale du jardin , parallèlement à celle par laquelle .nous smnmes ftrrivés. £n suivant .cette allée jusqu'au bpui , nous aurons à droite , des plantations et un parc clos destiné ^ diverses cultures ;.à gauche, deux parterres séparé^ par un grand bassin ^ puis la pépinière , te bassin carré garni d^arbrisseaux, enfin d'autres parterres. Ne nùus occupons point de ce q>ii es% k notre gauche , et que nous verrons au retour, mais seulement de ce qui est «Rtre l'allée et la rue de ^uffoii.
Le», quatre premiers carrés entre les parterres et cette rué , sont composés d'arbres dé toutp e'spèce et dé tout pays qui peuvent passer l'hiver en pleine terre. Ceux qui sont plus rares ou plurf intéressons, sont répétés plusieurs fois. On y remarque entre aub'es un gleditzia im féviersans épineSj envoyé en 1748 du Canada par M, de la' Galissonnière , et qui est Tua '^es plus grands ar-
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igD DESCKIPTIDN S>U MUSEUM.
iures de'la plantation; un sopfaorâ da Japon, le premier qnî ait été cultivé en Europe , oà il a penAnt -long-temps été fort rare (i) ; le premier acacia venu de TAmërique septentrionale , que Vespasien R(^in qui en était possesseur, planta . dans le Jardin du Roi en 1 635 : cet arbre avait encore il y a quelques années plus de soixante pieds d^ élévation , piais les- branches supérieures s' étant successivement desséchées , on a été obligé de le rccéper, pour qu'il repoussât du tronc. Cesf de cet individu que sont venues les graines qui ont commencé k répandre en France Tun des arbres les plus agréables et les plus utiles ; et c'est en mémoire du service rendu par Robin, qui l'a cultivé le premier en Europe , que LinnsBus lui a domié le nom deRôbinia. On y voyait autrefois un superbe marrpnier planté en i656, lors qu'il n'en existait encore qu'un seul en France. ïfous en faisons mention parce que la récolte de ses graines a produit la plupart des individus de la même és> pèce qui font aujourd'hui la décoration de nos parcs. Il a péri dans l'hiver de 1766 à 1767. Les deux (^rrés'qui sont vis-à-vis et on peu au-
(i) Let gniitei en tanat cavoyéci k B. de Joiôen pu le P. d'Ibcatajlle cp 1747. H deorit ponr la première fiiii en France en 177g. Jniqn'alon an l'anjt nompt Arbarineo^tita Sùianim. U poaue avec beaucoup de Tigneurct de Mpidité , et léuuit Diéme dam lei lemim pieireDi. U l'élfiie de 60 ï So pieji ; kri boii e«t fort dnr : lea Chinois tinnt de *e* Qeun une b(Ui eonlearfauBe.
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dessous du bassin étaient l'école des artn-e» et arbrisseaux du temps de Toumefort. L(»:sque l'école ' de botanique a été replantée sous H. de Buffon par M. de Jussieu , on y a pris les arbres qu'on ne pouTait se procurer facilemeAt ailleurs, pour les mettre à leur place, et on en a substitué d*ai^es k ceux qu'on a enlevés. Parmi ceux qui restent on trouve encore un ordre qui rappelle la méthode de Tournefort. On doit y remarquer surtout un genévrier Qtm^rus exceisa, Marsch.) , quia quarante pieds de haut, et quinze pieds jusqu^à la naissance des branches; il fut apporté du Levant et planté au jardin par Toumefort, et c'est probablement le seul qui existe en France. Noos n'avons que l'individu mâle. Ses feuilles froissées entre les doigts, répandent une odeur très-forte.
A l'extrémité de ce carré; et dans le local méipe oiî se terminait l'école des arbres de Toumefort , se trouve un café , autour duquel sont des sièges et de petites tables pour ceux qui veulent prendre quelques rafruchissemens en se reposant à l'ombre des arbres.
Au-dessous du café sont trois carrés entourés , d'un treillage en bois. Su vivant de H. de BufF<m le terraki qu'ils occupent était un taillis qu'on avait négligé de cultiver , et c'est seulement depuis quelques années que M. Jean Tbouia l'a mis. dans l'état oii on le voiÇ aujourd'hui.
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f Le premier de ces trois, carres est destiné à la culture, des plantes apDiielles, qui à cause de la beauté de leui^^ âeuts, sont recherchées pour Tornement des jardim ; elles y sont séparées par petits compartimens dont chactor est occup>é par une espèce, et rensemble du parterre est lui-même divisé en quatre parties oà les diverses espèces sont placées selon la saison dans laquelle elles fleurissent. Les graines de ces fleurs sont recueillies avec soin pour faire des disbihutions et répandre ainsi des plantes agréables.
Leseeond carré est égalenient destiné aux fleurs d'fnmement , mais on n'y cultive qœ des plantés vivaces. Yers la fin de l'automne on doime aux araaieors des racines ou des rejetons de celles qui peuvent être muhq>Uées de cette manière. On prend souvent dans l'un et l'autre de ces deux pailerrea des modèles pom* le cours de dessin de M. YaiFSpaendoBck (i).
Le troisième cairé est destiné au semis des arbres et arbustes de pleine terre ; qu'on repique ensuite dans la pépinière , et dont on se sert pour garnir le jardin. i>n y Toit nn irès-joli massif do p^eher d'Ispahan ; dont M. Olivier ajiporta des noyaux à son+etour de Pewe eu 1780, et dont
(0 Ob ne cdIUtc poial an Hluéuin les Oeun doublu , les jacintheH kl primeTèrcs, etc. ; parce qu'on n« leat pas Duke a jariUnicrs fleiuûtpi.