DEUXIÈME ÉPOQUE
vivance. Maïs M. de Buffon pensa que cette place e'tait due à M. Portai, tpii, dix ans auparavant , avait fait des leçons pour Ferrein , et s'était depuis acquis une grande réputation : M. Portai fut donc nommé, en 1778, à la chaire qu'il remplit encore aujourd'hui.
Quoique Vicq-d'Azii' n'ait suppjéé Ferrein que pendant deux ans, il a des droits à notre reconnaissance, non-seulement pour le talent qu'il déploya dans ses leçons, mais parce qu'il répandit des idées très-justes sur l'anatomie comparée, qui depuis, professée spécialement au Muséum , est devenue la base de la zoologie.
Le tableau que nous avons tracé de ce qui fut fait pour l'établissement depuis 1772, jusqu'à 1788, est aussi celui des obligations que nous avons à Buffon. Ce grand homme, en répandi^nt universellement le goût de l'histoire naturelle par ses immortels écrits , voulut donner à ceux .dont il avait enflammé le zèle , la facilité d'étudier les objets qu'il avaitsi bien peints. Il conçut en méiqe tentpset le plan de son Histoire naturelle et celui de l'agrandissement ou plutôt de la création du Muséum. Il médita ce plan pendant plusieurs anDées,'parce qu'il voulait que les diverses parties formassent un ensemble, et que toutes fussent susceptibles de perfectionnemens successifs. Ce ne fut qu'après s'être assuré les moyens de réa-
liser ses projets, qu'il en commença l'exécution.' Dès lors aucun obstacle ne fut capable de l'arrêter , aucun travail ne put lasser sa patience : son entreprise fut couronnée par le succès le plus éclatant, et sur la fin de sa vie il eut lieu de s'applaudir de3 sacrifices qu'il avait faits. Le Jardin et le Cabinet du Roi , furent avec raison cités comme son ouvrage , comme la plus belle institution qu'on eût jamais formée pour le progrès des sciences , comme un point central où devaient se rendre de diverses contrées tous ceux qui se livrent à l'étude de la nature. Si les Français se gl^irifiaient d'un tel monument, les étrangers l'admiraient sans jalousie , parce qu'il était également utile aux hommffi de toutes les nations.
Cependant l'établissement était loin encore de ce qu'il est devenu quelques années plus tard, et les collections paraîtraient peu de chose si on les comparait à ce qu'elles sont aujourd'hui ; mais les cadres étaient formés, l'impulsion était donnée, et tout était disposé de manière à préparer de nouveaux accroissemens. Si ces accroisseiliens n'ont en lieu tpi'après Buffon, et lorsque plusieurs savans , tous animés du même esprit , ont été chargés d'administrer chacun une partie , cela ne diminue rien de sa gloire ; car sans lui la nouvelle organisation ne serait point devenue nécessaire, et le Muséum d'Histoire naturelle n'existerait pas.
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