‹ Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle,: ouvrage rédigé dChapitre 9 sur 37 · TROISIÈME ET DERNIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ET DERNIÈRE ÉPOQUE

DEPUIS Lk UORT DB BUFFON JUSQU AC TEVP3 ACrCKL.

NOUTELLE ORGANISATION.

A LA. mort de BuffoD , le 1 6 avril 1786, la place d'intendant du Jardin passa , non point à M. le comte d'AngÎTiller qui en avait la survivance , mais i son frère M. le marquis de la Billarderie. Celui-ci fit continuer les travaux commencés par BufTon. On lui doit de plus la construction de la petite serre des ficoïdes. Ce fut lui qui voulant attacher à l'établissement M. le chevalier- de la Marck , de'jà si célèbre par sa Flore française , fit créer pour lui la place de botaniste du cabinet, en le chargeant de conserver et d'arranger les herbiers. Son caractère conciliant le fit aimer de tous les professeurs ; il ne nég^gea rien pour favoriser l'enseignement et pour entretenir l'ordre qui existait ; mais son crédit était peu de chose en comparaison de celui dont Buffon avait joui. La cour éteint occupée de réduire toutes le* dé-

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penses, l'intendant du Jardin ne pouvait guère demander au rainistre des fonds extraordinaires. L'établissement était d'ailleurs de'Kcnu trop considérable pour que le régime auquel il était soumis du temps de Buffon pût lui convenir.

Le 20 août 1790, M. Lebrun fit au nom du comité des finances de l'assemblée constituante un rapport sur le Jardin du Roi , dans lequel il évaluaitia dépense decetétablissementàg2,222Hv. dont I a,777 pour Tentretien. Ce rapport , qui fut le premier signal d*une nouvelle organisation,commence par ces mots :

.« Le Jardin du Roi doit être sous Fadministra- » tion immédiate du roi , mais la nation ne peut » le voir sans intérêt , et c'est, sur le trésor public » que la dépense doit être affectée. »

Le rapporteur lut ensuite un projet de décret en sept .articles , dans lequel il proposait la réduction desappointemens de l'intendant de 12,000 à 8000 livres; la suppression de plusieurs places, et particulièrement de celle de commandant de la police du Jardin , ce service devant être fait par. des invalides; l'augmentation du traitement de quelques professeurs ; l'établissement d'une chaire d'histoire naturelle aux appointemens de 1000 livres, etc.

Pendant la discussion sur les divers articles de ce projet, le président de rassemblée reçut une

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adresse de MM. les offîciei-s du Jardin du Roi. C'était ainsi qu'on nommait les gardes et les démonstrateurs du cabinet, les professeurs et le peintre attachés k rétablissement. L'assemblée ayant approuvé les vues sages de cette adresse , en ordonna le renvoi au comité des finances , en ajournant ie rapport définitif, et en invitant les officiers du Jardin à présenter un projet de règlement pour fixer Forganisation d'un établissement si utile.

En conséquence de cette décision , M. de la Billarderie ayant convoqué les officiera du Jardin du Roi, ils se formèrent en assemblée , et après avoir nommé M. Daubenton président et M. de Lacépède secrétaire, ils rédigèrent le projet qui leur était demandé. Ce projet fut signé non-seulement par les membres qui étaient en fonction, mais encore par MM. Petit etLemonnier , qui avaient professé précédemment et qui s'étaient retirés avec le titre de professeurs honoraires.

Les articles du règlement sont à peu près les m^mes qui furent admis trois ans plus tard. Pendant cet intervalle, les officiers du Jardin cessèrent de se réunir et de s'occuper d'affaires administratives. Chacun d'eux se borna à remplii- ses fonctions, et' avec tant de zèle que plusieurs fai^ saient un nombre de leçons double de celai qui

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leur était prescrit, et donnaient encore après les cpurs des explications aux ëlèves qui yenaient les consulter. C'était tout ce qu'ils pouvaient faire pour diriger les jeune&gensTersl' étude dessciwces uatureUes, dont les résultats sont d'une utilité générale , et pour les détourner des théories politiques qui , lorsqu'elles ne sont pas fondées sur l'expérience, deviennent subversives de l'ordre social.

Les troubles ayant commencé , M. de la Billarderie ne cnit pas prudent de rester en France , et la place d'intAidalnt se trouvant vacante , le Roi y nomna M. Bernardin de Saint-Pierre , au mois de juillet 1792.

M. de Saint-Pierre eut la direction dn Jardin du Roi dans des con)<m(^ures bien difficiles. Écrivain distingoé , doué da talent de peindre la nature , d'émouvoir la sensibilité , d'inspirer des affections douces , d'agir à la fois sur le cœur «t sur riraaginatioii , il manquait de notions exactes dans les sciences, et son caractère timide et mélancolique le rendait étranger à cette comiaissance des hommes et des afiaires, à cette énergie -qui mettent à même d'exercer l'autorité. C'était précisément l'homme qui ccmvenait à l'établissement dans cette époque d'un bouleversement gé> néral. Sa simplicité , sa vie- retirée contiibuèrent peut-^tre à le garantir des persécutions dont

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étaieot menacés tous les hommes ^of occupaient UD poste éminent, et sa sagesse fut très-utitt. Il s'occupa des détails du ^rdin ; il eot soin de ne faire aucune démarche , aucune proposition, sans s'être concerté avec ceux qui rhabitaient, et il envoya au ministre , sur les améliorations qu'on pourrait faire, plusieurs mémoû'es dans lesquels on trouve dos vues très-saines ' et un es- . prit d'économie que les circonstances rendaient alors nécessaire. Bans ces mémoires, dont nous avons la copie, on voit toujours ces paroles : après OMOir consulté les anciens. C'est ainsi qu'il nommait les personnes qui étaient depuis longtemps attachées à l'établissement , mais qui n'avaient encore aucune part à l'administratiop. En réduisant lan dépenses inutiles , il trouvait le moyen de pourvoir à celles dent il reconnaisaait l'impoi^nce. Il fît construire une serre, qui faisant suite à celle du Cierge adossée à la butte, aboutit à la terrasse élevée au-dessus de la rue, à^'eitrémité du Cabinet. Cette serre porte aQJourd'huî son nom.

La mténagéVie de Versailles ayant été abandonnée , on voulut se débarrasser des animaux qui s'y trouvaient , et M. Couturier , régisgeur des domaines du roi dans cette ville , écrivit à M. de Saint-Pierre de la part du ministre pour les lui offrir : celui-ci. n'ayant ni unilocal ojù flj>ût les

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placer, ni l«s*fonds nécessaires pour payer leur nodrriture, obtint de M. Coutuiier qu'il consentît à en prendre soiif^endant quelque temps, et il adressa au gouTemément un mémoire sur la nécessité d'établir une ménagerie au Jardin. Ce mémoire fit beaucoup de sensation ; il déterinina à prendre des mesures pour que les animaux fus- ■ sent conservés , et quoiqu'ils n'aient été transportés au Muséum que dix-huit mois plus tard et lorsque la place d'intendant avait été supprimée , c'est à M. de Saint-Pierre que nous devons la création de notre ménagerie.

Le i8 août 1793, un décret de l'assembléeiégislativéâyantsupprinlé les universitési les facilités de médecine et lescorporations savantes, on eut tout lieu de craindre que le Jardin du Roi ne fut enveloppé dMis la même proscription. Mais comme H était céputo propriété nationale, et que tous ceux qui venaient le visiter y étaient également accueillis^ comme le peuple le croyait principalement destiné a la culture des plantes médicinales, et que le laboratoire de chimie était considéré ^comme un atelier pour faire du salpêtre, tout yifat respecté. '

Cependant une faction ennemie de l'ordre et de tout gouvernement, devenue redoutable par sa victoire du 3i mai, voulait anéantirtout ce qui rappelait les sourcnirs de la monardiie. Un éta-

blisscment dont les employés avaient été nommes par le roi, devait être l'objet de sa fureur. Xe péril était imminent ; et il eût été impossible d'y échapper s'il ne se fût pas trouvé dans la Con-^ ventioD quelques hommes de courage, qui, reconilaissant enfin l'abîme dans lequel ils étaient entraînés, désiraient arrêter cetoirent dévastateur, et préparer un retour vers le bien en conservant les institutions utiles aux sciences et .aux arts. Parmi eux il faut surtout distinguer M. Lakanal, qui, en sa qualité de président du comité d'instruction publique, exerçaitjme grande influence. Aussitôt qu'il fut informé du danger qui nous menaçait, il se rendjt secrètement au Jardin , et s'entretint avec MM. Daubenton , Thouin et Desfontaines, sur les moyens de le prévenir. Ilje fit remettre par eux le projet de règlement qu'ils avaient présenté à l'assemblée constituante , et dès te lendemain il fit rendre un décret qui constituait et organisait l'établissement;, en lui donnant le titre de Muséum d'histoire naturelle.

Ce décret rendu le lo juin, et publié le i4» se compose de quatre titres , dont nous allons rapporter les articles essentiels.

« L'établissemCTit sera nommé à l'avenir Muséum d'histoire naturelle.

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« Son but sera renseignement de l'histoire naturelle dans toute son étçiyJue.

« Tous les pfïiciers du Muséum porteront le titi'e de professeui*3, et jouiront des mêmes droits.

u La pl^ce d'intendant sera supprimée , et le traitement attaché à cette place sera également réparti entre les professeurs-

» Les professeurs nommeront chaque année, au scrutin , un directeur et un trésorier , choisis par eux ; le directeur ne pourra , après l'expiration de l'année , être conliAué que pour un an ; il présidera l'assemblée , etsera chargé de laire exécuter les délibérations.

« Lorsqu'une place de prpfesseur sera vacante, les autres professeurs y nonuneront lesarantqu'ils jugeront le plus propre à la remplir (i).

(■) Cet article qni.iionaait ù l'aiaenthlée iet ^lokasean le droit de nommer »ux placei Tactntei, fat ifarogA pu U loi aur l'iiutraotion publique du i" ma^ iSoa ( 1 1 floréal ao a).

li'article a4 lie cette loi est aioti conçu :

• Quand il raquera ( dana let écolei apéciales ) une place de profe^ leui , il y fera noDun^ par 1b prepiiTr conauj , entre tmii eaudidali qui serout préaeotèi , le premier par nne de» cUssea de l'ioititot national , le lecond par lei inapecteart gènérauE des études , et le troilième par lei profeuenn de l'école ob la place «era racaute. •

Depnia l'organiiation de l'iuÛTcrNté , an moil de mai iSoB , las inapecteura aonmia au graud-maltre n'ont plus eu le droit de coopérer aoi DomiualioaB. Aujourd'hui loisqull y ' uue cbaire vacante au Huaéam , le roi y nomme aur la prétentation de l'auemblèe des proteueura , et ani celle de l'académie dei aciencei. On juge bien que le choix fait par lea ptofeaaenra doit preiqoe tonjonra déterminer celui del'acadéiqie.

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