DISCOURS PRONONCÉ DEVANT LA SOCIÉTÉ
aux souffrances que ressent lagriculture , c'est sur la science surtout que Tagriculture doit compter ; c'est elle qui, par ses ingénieuses inventions mécaniques, peut suppléer à la rareté des bras et abaisser la cherté de la main-d'œuvre, sans diminuer le salaire de l'ouvrier. C'est elle qui peut renouveler, par l'infusion d'une nouvelle sève, le sol de la vieille Europe, et lui permettre de lutter avec ces contrées lointaines où la culture trouve des terres vierges, dont la fertilité n'a pas encore été altérée et comme fatiguée par un long usage.
» Et quoi de plus naturel, messieurs, que cette alliance de la science et de l'agriculture ? Est-ce qu'elles ne travaillent pas le môme fonds ? Est-ce que l'objet de leurs recherches et de leurs applications n'est pas le même ? Que fait la science ? Elle étudie les forces de la nature pour découvrir les lois qui les régissent ? Et que fait l'agriculture ? Elle applique, elle dirige, elle utilise ces mêmes forces naturelles, pour leur faire produire tous les effets que ces causes souvent inconnues ou inertes renferment en elles-mêmes ? Quoi d'étonnant que ce que lune découvre serve à ce que l'autre applique ? Élevons même plus haut nos regards : que sont ces forces de la nature, sinon les propriétés dont le Créateur a doté son œuvre en l'appelant à l'être ?
C'est avec vérité qu'un grand poète de nos jours a pu dire, sans rien exagérer, que tout