Peines ecclésiastiques. Excommunication
Tous les hérétiques, ainsi que leurs croyants et fauteurs, étaient frappés d'anathème, exclus de la communion de l'Église et de la participation a ses grâces, jusqu'au moment de leur abjuration et de leur réconciliation solennelle. La sentence d'excommunication était publiée tous les dimanches et lors de toutes les fêtes ecclésiastiques, au son des cloches, et les cierges éteints, dans toutes les églises du pays, «a la gloire de Dieu 5» l'évêque qui le négligeait, était suspendu pour trois ans de ses fonctions et de sa dignité2. En 1254, le concile d'Alby ordonna de faire sonner tous les jours, dans toutes les églises du Midi, pendant l'heure du crépuscule, toutes les cloches, «en détestation du crime de l'hérésie3.» Quand on ne pouvait pas se rendre maître des hérétiques excommuniés , le clergé ne devait accepter d'eux ni aumônes ni offrandes quelconques , sous peine de destitution immédiate ; il devait enfin leur refuser la sépulture dans les cimetières de l'Église4.
1 Non utantur medici vel notarii officio, can. 28; Mansi, XXIII, 721.
2 Conciles de Vérone, de 1184; Mansi, XXII, 478; de Béziers, de 1234, can. 1; ibid., XXIII, 270; d'Arles, can. 4; ibid., 337.
3 Can. 19; Mansi, XXIII, 837.
* Innocent III à Viterbe, en 1207 ; lib. X, ep. 130; Baluz., H, 76 ; Concile du Lalran, de 1215; Mansi, XXII, 987; Grégoire IX, en 1232; Mansi, XXIII, 73.