NATURE DE JEAN-BAPTISTE ET DE LA VIERGE MARIE
effet du mauvais Dieu qui , trompé par Tapparence , a dû prendre le corps céleste de Jésus-Christ pour un corps réel, et le faire tuer ensuite, afin de se débarrasser de celui dont il avait fini par connaître ou soupçonner la mission ; il est vrai qu'en ce point aussi le démon se serait trompé ; car les corps célestes sont aussi impérissables que les esprits, et les Cathares soutiennent que la mort du Christ n'a été qu'apparente. Il n'y a en outre nulle trace qu'ils aient donné à cette mort une signification symbolique, comme le faisaient les anciens Manichéens, qui voyaient dans la passion une image des souffrances de l'âme attachée k la matière, et dans la résurrection une image de sa délivrance. En général nous ne comprenons guère que dans le système dualiste absolu , le but de toute la mission du Fils de Dieu ait pu être un autre que celui d'enseigner. Les âmes célestes ne sont que momentanément captives sur la terre, elles seront toutes nécessairement sauvées un jour ; il n'est donc pas besoin de grâce pour elles , dans le sens chrétien du mot. Toute l'œuvre de Jésus-Christ a dû se borner k leur rappeler leur nature et leur origine, k leur enseigner qu'elles ont été dans Terreur relativement au Dieu auquel elles avaient cru jusque-là, à leur montrer les moyens de pénitence pour revenir plus promptement au Dieu bon, et enfin k former une association , une Église , de tous ceux qui acceptent sa révélation et qui se soumettent k ses lois.
CHAPrrRE VI.
XTATURE OB JEAN-BAFTISTE ET DE LA VIEBGE.
Avant de passer outre, il faut dire comment, conformément k leur système, les Cathares absolus se représentent la nature du précurseur et celle de la mère de Jésus-Christ.
L'opinion la plus ancienne et la plus répandue sur Jean- Baptiste est qu'il a été un des démons du mauvais Dieu , en-
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voyé pour entraver Tœuvre du Clirisl, en opposant ï sod baptême spirituel le baptême matériel par ^eau^ S'il avait été bon ï il aurait suivi Jésus-Christ et n'aurait pas douté de lui en disant : tt Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous
ly en attendre un autre?» (S. Matlb. XI, (^, et Jésus-Chrisl n'aurait pas déclaré que «le moindre dans le royaume des
-fS cieux est plus grand que Jean » {ib.Çy) H}^,
Quant a la Vierge , elle était généralement considérée comme un ange, comme un des esprits célestes^. Pour pouvoir donner passage a un être pur, sans le souiller, il a fallu qu'elle fût elle-même étrangère à la matière, et d'une nature semblable a la nature de celui à qui elle devait en apparence donner le jour. Il en résulte qu'elle n'a pas pu être née de parents humains, car en ce cas sou corps eùl participé de la nature mauvaise inhérente k la matière^ aussi disent-ils qu'on ne trouve dans aucun livre canonique de la Bible ni le nom de son père, ni celui de sa mère*. Elle a un corps céleste , comme Jésus- Christ lui-même , sans sexe, paraissant seulement être le corps d'une femme, et n'ayant en réalité aucun des besoins de la nature humaine^. Quelques-uns disaient que ce n est que par son entrée en cet ange Marie, que Jésus, ange suprême, intelligence absolument pure et incorporelle, a eu son corps céleste ^j cependant la croyance générale, qui se retrouve aussi chez beaucoup de dualistes
t BonacurBUB, SOS^ Ernîengaudus, â^6 ; Monela, 2:î5, Si?; ReiDerius, 1773; Pelr. Va IL Cern.» 126. Johannes Saptisîa fuitunus de majoribus diabolisqui unquam fuissent. Actes de rjnqitUii. de Carcoêsonne, 1347; Doat, XXIIt folOI. Quelques-uns disaient i|ii'U élaîlle mauTAis proplièle Èlie, EvangeL Johannis, ctiei Benoïiàl, I, 291.
- Kbrardus, 154 ; Monéla» 329 et MUiv.ï Bisputatw, 17^4.
-'> Alajïus, 69 ; Monelîi, 5, 2:23 ; Reitierlys, iim, 1774 ; Dîsputatm, 1 725. % A Alanui, 70; BqdoisI, 1, preuves, 970.
s Uonelai S, 232 ; AelegdBl'Inquûit, deFhrenve^ IÏ44 ; chez Lami^ 11,