‹ Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois (volume 3)Chapitre 59 sur 75 · POLÉMIQUE · texte numérisé non relu

POLÉMIQUE

Les moyens le plus ordinairement employés par TÉglise pour combattre les sectes, ont été ceux dont nous venons de tracer succinctement le tableau-, ils ont eu pour but et pour résultat bien plutôt d'exterminer les hérétiques, que d'extirper les hérésies ; et si celles-ci elles-mêmes ont fini par disparaître, l'indépendance d'esprit, la liberté de pensée dont elles étaient des manifestations tour à tour vraies ou erronées, leur ont survécu 5 ni les croisades des princes, ni les bûchers de Tinquisilion n'ont pu extirper ces nobles besoins du cœur de Thomme. On pouvait enfermer ou tuer les corps, mais jamais subjuguer les convictions. Pour vaincre celles-ci, il fallait des raisonnements et des preuves, il fallait démontrer l'erreur des doctrines que l'on disait fausses, il fallait leur opposer la vérité appuyée sur des arguments inattaquables. Ce genre de lutte, moins expéditif que l'inquisition et la guerre , mais plus sûr dans ses vrais résultats et surtout plus digne d'un pouvoir spirituel , a aussi été essayé par l'Église romaine contre les Cathares. On a vu dans l'histoire que des évêques cl des légats ont engagé des discussions avec eux , que des missionnaires ont parcouru les pays pour rappeler le peuple a la foi orthodoxe par des prédications polémiques, que l'ordre des frères prêcheurs a été tout exprès institué pour combattre l'hérésie par la parole; mais on a vu aussi que les discussions des évêques aussi bien que les discours des moines ont manqué le plus souvent leur effet , parce qu'il leur a manqué la modération , la charité pour les personnes , le respect de la liberté de pensée , qui seuls donnent à l'ardeur et au zèle lewr véritable eftîca- II. \ «^

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cité. £d outre il s'est trouvé au douzième et au treizième siècle des hommes qui ont écrit des ouvrages pour réfuter les doctriues des Cathares; des ecclésiastiques Trauçais, italiens, allemands^ espagnols se sont dévoués à cette lâche,

ijla ont composé des traités plus ou moins étendus, les uns en forme de dissertations, d'autres en forme de dialogues j plusieurs ont écrit des discours, quelques-uns même des

• vers. 11 nous reste à donner une esquisse rapide de cette littérature polémique, d'en marquer les caractères et d'en indiquer la marche-

ÉCRIVAINS Qm OS^T COMBATTU LA SECTE*.

^ l^^ Halte,

Le premier auteur qui en Italie eût écrit contre les Cathares, a été Bonacursus, de Milan, qui après avoir été longtemps ministre de la secte, s'était fait réconcilier à TÉglise et était devenu un de ses défenseurs contre ses anciens compa-

; gnons de foi. Vers 1190, il composa un traité, en forme de discours adressé au peuple de Milan, et ayant pour but de le prémunir contre Thérésie cathare. Bonacursus, après avoir

I mentionné les deux branches de la secte^ les dualistes absolus et les dualistes mitigés, énuraère de préférence les doctrines de ces derniers, en j comprenant quelques opinions qui, parce qu'elles ne se retrouvent guère ailleurs, paraissent avoir été locales et passagères en Lombardie* Après avoir rapporté très-succinctement les articles hérétiques, il leur oppose un grand nombre de textes de rÉcri turc-Sain te, mais il

I Toy. »ur lea niaouicrits et les édîUous des ouvrâ|re<^ contre le& Ca- 1hâr«s^ h fiole 16 à Ia Mn ilc Vaiivrage.

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