‹ Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois (volume 3)Chapitre 64 sur 75 · II. I · texte numérisé non relu

II. I

NOTE FREMIÈRE.

înterprétalioa de ce geore ne pent être autorisée, ce nous semble^ que lor&qu'it esl prou ré par des témoigtiages certains que le eysâtëxne qu'on tëfuI interpréter n'est en effet qu*une forme j cachant sons son enveloppe quelque noyau métapljjsique invisible k des jeux ordioaires j autremeni on risque d'attribuer aux auteurs ou au% partisans d*uoe telle doctrine une puissance dialectique et une bauteur spéculative j auxquelles ils n'avaient jamais pense eus -mêmes. Orj nous sommes persuadé que les Cathares ne savaienl absolument rien d^un sens pbilosopLique plus profond de ceitajues parties de leur sysltirae*^ celui-cî n*a été qu'un essai plutôt religieux que métaphysique j moitié chrétien et moitié païen j de répondre a plusieurs questions qui se présentent tout naturellement à Fesprit de Thomme»

Qyunt aux rapports avec le christianisme, îl est évident que les Cathares ont fait plus d'eirorts que les Manichéens pour adapter leurs doctrines auï * enseignements de feus-Christ; ils en appeïlent plus souvent aux paroles du Nouveau Testament , et , comme nous l'avons déjà remarqué , les formes mythologiques que Manfes avait empruntées à la religion de la Perse j sa patrie j leur sont inconnues; leurs propres mythes sont presque tous hases sur des récits bibliques , ce sont des interprétations tour k tour littérales ou allégoriques des traditions de la Genèse et de certaines paraboles de Jésus- Christ ■ ce n'est que dans les pays orientaux de T Europe , que quelques éléments gnostiques ont pénétré dans la cosmogonie cathare.

Une autre difléi-ence entre les Cathares et les Manichéens est celle qui résulte de leurs opinions respectives sur le Saint-Esprit, Le dogme du Consotamenium a été particulier aux Cathares ; rien ne prouve que les Manichéens j quoiqu^ls rejetassent le baptême d'eau , aient eu un rite d* initia Lion sembkble à celui des dualistes du moyen àge^. Le Comalamêntum d'ailleurs a une place tellement nécessaire et essentielle dans tout Foi^idsmc du système cathare j qu'on ne peut guère le prendre pour une simple addition postérieure h Tancien manichéisme j il est le cenirCj Tapogêe de toute la religion des Cathares , il faut donc qu41 soit né avec elle, et comme rien d'analogue ne se trouve chez les Briaaichéens, c^esl une preuve de plus que le calharîsme a eu son origine îndépendaoteÉ

Nous attacherons moins d'importance îi quelques différences dans les préceptes ascétiques, quoiqu'elles tiennent également ^ Tessence même

1 Beausobref îtt '}îB ettiiiv., veut prouver ^uë les HanicliéefU buptisâitfDt caotmc le» cïii'iîlttdi , fI qu'ils bftfUifûieûl mémo Jcs enrants. Gie«< ler^ dvm îes Theohg. Stndien Uiid Kiitik^Tit iSni^i 3*^ iifr,» O20 et ïuIt., pense qiiHIs ayaient au moins un rite pfti te* (tfucl fin était admis au nombre dea élus. Maia lea pasajigea ^ea anetcni sgbt ï cet égard *î peu pKrii et ii contradictoires, que la clioie doit an moina rester fart doutem?. VtiJ.

OPnHONS ÉMISES SUR l'oRIGINE DES CATHARES. 2S9

de^ deux systèmes, conune par exemple Topinion sur l'usage du vin; les Cathares le permettaient , tandis que les Manichéens s'en abstenaient rigoureusement, disant que le TÎn est le fiel des démons. Une considération beaucoup plus grave nous parait être la suivante : Nous n'avons trouvé nulle part une trace parfaitement certaine d'une vénération que les Cathares auraient vouée au souvenir de Manès. Le moine Edibert dit, il est vrai, qu'ils avaient consacré à la mémoire de cet hérésiarque une fête semUable au Bèma des Manichéens -, nous renvoyons à ce sujet au chapitre 5'du livre troisième de la seconde partie. Il suit de ce que nous avons dit ^ cet endroit, que ce passage d'Eckbert ne peut pas servir k prouver qu'ils aient professé pour Manès une vénération particulière. Manès, du reste, s'est donné à lui-même une place très-importante dans son système , il s'est déclaré le Paraclèt, le Saint-Esprit promis par Jésus-Christ li ses disciples, et les Manichéens l'ont profondément vénéré comme tel ', rien de pareil ne se trouve chez les Cathares. Une seule fois, il est vrai, au onzième siècle, il est dit qu'ils croyaient que Manès était le Saint-Esprit^ j mais comme aucun des auteurs qui ont écrit avec une pleine connaissance de cause contre le système cathare ne confirme cette assertion , nous croyons pouvoir la ranger au nombre des suppositions que l'on faisait li une époque où cette hérésie n'était encore connue que d'une manière très-vague, et où les écrivains ecclésiastiques se croyaient autorisés, par l'analogie du dualisme, à attribuer aux Cathares toutes les doctrines des Manichéens. Il y a plus; nous avons fait voir dans l'exposition du système cathare que la partie la plus ancienne de la secte, les dualistes absolus avaient sur l'Esprit Paraclèt une doctrine tout k fait particulière, étrangère au manichéisme; suivant eux il n'y avait pas seulement tin esprit ssdnt ou consolateur, mais diaque kme avait le sien, avec lequel elle se réunissait de nouveau par Taete du Consolamentum; chez les dualistes mitigés, quoiqu'ils considérassent le Saint-Esprit conune la trobième personne de la divinité , il ne se trouve pas davantage une trace de l'opinion qu'il aurait été incamé dans le célèbre hérétique de la Perse. Nous remarquerons en outre que chez presque toutes les sectes, fondées par quelque hooune remarquable, on peut être sûr de rencontrer pour celui-ci une vénération profonde ; si donc les Cathares étaient des Manichéens, nous aurions de la peine k comprendre pourquoi ils n'auraient pas eu pour Manès le même respect enthousiaste,

' ...Per sacriiegam manuum imposidonem dari Spiritum sancbim mendenUs, quem .-non alias a Deo missum, quàm in hœresiarckh. suo Maiti {quasi nihil aUudsii Mânes misi ^iritus sanetus) falsisnme dogmatisarenL Lettre de Roger, évéqoe de ChâloBt, à Wazon, érèqve de Liège ; Gesta Episcopp, Leod. , 899.

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