HATURB DB JESUS-CHRIST. BDT OB SA MISSION
Après avoir consenti pendant plusieurs milliers d'années k ce que les âmes déchues restassent sous le pouvoir du démon, et après avoir vu qu'au lieu de s'en a£franchir elles s'y engageaient de jour en jour davantage, je JPieu^bon résolut de mettre un terme au triomphe de son adversaire, et de prendre des mesures pour la délivrance de la portion de son peuple réduite k la servitude. C'est k cet effet qu'il envoya ligsus-Christ sur la terre. Tous les Cathares admettent que ^Jësus-Christ, qu'ils appellent comme les chrétiens le Fils de Dieu , est inférieur, subordonné au Père. C'est pour cela sans doute que plusieurs écrivains du moyen âge les ont accusés d^arianisme , quoique cette qualification ne pût conve-
^ ...Unum Malvatorem et benignum ,,,. alterum creatarem rerum,., Ëbrardas, 136; Deus bontu quisalvat animaSf et cUtus,,, qui fœit ista visibilia. Actes de VInquisit, de Careassonne, 1305 ; Doat, XXXIY, f» 99.
2 Honeta, 4.
3 Evangel. S. Joh., chez Benoist, I, 290.
nir qu€ d'une manière très- vague ^ la doctrine cathare sar le Fils, et surtout k celle des dualistes absolus sur les rapports entre le Fils et le Père^ ce système n'a un caractère arien qu'en tant qu'il enseigne en général la subordination des personnes divines^ pour le reste il y a des différences très-essentielles entre ce qu'on peut appeler la christologie des Cathares et celle de Tarianisme.
Les dualistes absolus posent en principe que Jésus-Chri^ n'est pas Dieu ^ mais qu'il est^ une créature , moindre que le Père^ Ils se fondent sur un passage du livre des Proverbes (Vin, 22), où , au lieu de lire avec la Vulgate : « rËternel a possédé la Sagesse dès le commencement /w ils lisent, conformément k d'anciens manuscrits grecs, qtie TÉternel fa créée^:, ils se fondent ensuite sur Jésus Sîrach (I, 4), quand I dit que «h Sagesse a été créée avant toutes choses , » et sur les paroles que ce même auteur met dans la bouche de la Sagesse elle-même i «Il m'a créée dès le commencement, avant le monde» (XXIV, 14}^. Les explications données par Jcsus-Chrîst sur ses rapports avec son Père, leur ptraissent plus formelles encore; quoi de plus explicite que cette déclaration : « Le^Père est plus grand que moi » (S, Jean XTV, 28), ou ces passages si nombreux, où Jésus^Christ distingue entre lui-même et celui qui l'a envoyé*? Si on leur oppose Jésus- Christ, disant en plusieurs occasious que lui et le Père ne sont qu'un, ils interprètent cette unité par l'unité de volonté et d'intention ; Jésus, disent-ils, prie que ses disciples soient un , comme lui et son Père sont un (S. Jean XVII, H); or, les hommes ne peuvent établir entre eux cette unité, que par la communauté d*une même foi et d'une même espérance, cl par le lien spirituel de Tamour^ quelque parfaite que de-
1 MoùeU, 4, ~ * ibid^, aS5; comp. ci-desiui p. 5 , note 1. — 3 Ibid.,
^ P. ex. S. Mure IX, 37; S. Luc IX r 4S; X, Ifi, S, Jean ÏV, 54; V, ■VO; yi, U, etc. Monetai Î3T»