PAYS SLAVES ET ORIENTAUX
et grande ville de Branitschewo*. On comprend qu’au milieu de ces désordres et à cause de dispositions de ce genre, une hérésie h moitié païenne a pu régner librement parmi les populations non encore civilisées de la Bulgarie; des circonstances qui seront mentionnées plus bas, paraissent même prouver que les esprits méditatifs parmi les Bulgares se sentaient plutôt attirés par l’hérésie dualiste que par le christianisme, qu’ils ne connaissaient h cette époque que d’une manière très-imparfaite.
L’Église d 'Esclavonie comprenait sans doute aussi les nombreux Cathares de la Bosnie2; celle de Constantinople eut, vers 1167, un évêque distingué par son influence et par son activité, nommé Nicétas3; celle de Philadelphie en Romanie, c’est-à-dire en Thrace4, et celle de Mèlènik en Macédoine5, ne sont connues que de nom. Parmi les Églises de la Dalmatie, les principales étaient celles de Tragurium 6 et de Coriza ou de Goricie7. A la juridiction des évêques dalmates étaient soumis sans doute aussi les Cathares de V Albanie; cette province , occupée de bonne heure par les Bulgares , était habitée par beaucoup de Slaves8. Avant 11 67, l’Église de Tragurium avait pour chef un certain Simon ; c’est lui qui
t Raumer, II , 439. Déjà lors du passage des bandes de Pierre l'Ermite, en 1096, les Bulgares firent éprouver aux croisés de grandes perles.
2 Reiner., 1767.
3 Ib. Cet évêque est appelé chez Vignier, 268, Nicétas, et dans un document de 1167, chez Bouquet, XIV, 448, Niquinta. C’est évidemment le même nom NtxrtTaç, prononcé Nikitas par les Grecs, et corrompu par les Français en Niquinta.
4 Ecelesia Romana , mentionnée en 1167 par Nicétas , chez Bouquet , l. c. Ecelesia Philadelphiœ in Romania ; Reiner, 1767.
5 En 1167 Nicétas parle d’une ecelesia Melenguiæ. C’est sans doute l’ancien Meienicum aujourd’hui Melenik en Macédoine , habité de bonne heure par des Slaves. Voy. Gieseler, ilber den Dual, unter den Slaven, 564 et suiv. ; SchafTarik, II, 225.
6 Bouquet, l . c. ; Reiner., 1767,
7 Voy. la note 7 à la fin de l’ouvrage.
8 Ibid.
ordonna évêque Nice tas de Constantinople1 *. En 1185, l’archevêque Pierre de Spalatro tint un concile, qui condamna les hérétiques et leurs complices3.
C’est dans cette période qu’éclata une scission parmi les Églises cathares slaves. Dans l’origine, les Bulgares avaient professe l’ancien dualisme absolu , lequel , suivant un auteur italien du treizième siècle , avait été la doctrine de tous les Cathares d’au delà de la mer3. Mais vers le milieu du douzième siècle, le dualisme mitigé, dont auparavant déjà il y avait eu des germes en Bulgarie , trouva dans ce pays un grand nombre de partisans ; la propagation des Bogomiles a cette époque influa sans doute sur ces progrès du système primitif modifié. De la Bulgarie, le dualisme mitigé pénétra en Dalmalie, où il fut reçu par l'Église de Corize, tandis que l'Église de Tragurium et les Cathares albanais qui en dépendaient restèrent fidèles au dualisme absolu4. Dans ces contrées sc fit alors entre l’Église de Bulgarie , à laquelle se rattacha peut-être celle de Corize, et les Églises de Tragurium et de l’Albanie un schisme, qui eut pour suite des condamnations réciproques5. Chacun des deux partis prétendait avoir conservé la tradition de la véritable doctrine, et par conséquent la vraie succession épiscopale depuis les apôtres; il y eut dès lors un ordre de Bulgarie et un ordre de Tragurium 6. Comme le système modifié se répandit par la Dalmatie en Italie , les Italiens lui donnèrent le nom de l'Église dalmate qui l’avait la première adopté, et l’appelèrent le système de Corize, ou , par une forme corrompue mais plus commune, système de Concorezo; ils nommèrent système albanais, celui de l’an-
I Vignier, 268. ■ s Fejer, I, 221. — 3 De ultra mare, Reiner., 1774.
* Uaeretici qui habenl ordinem suum de Dugrutià, enseignent qu'il y a
duoe dominos sine principioet sine fine. Bonacurs,, chez Baluz. Miscell.,
éd. de Mansi , II , 581.
5 Reiner., 1774 : damnant se udinvicem.
6 Vignier, 268; Bonacurs., I. e.
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cien dualisme absolu1 . Les progrès des Cathares schismatiques inquiétèrent les conservateurs de la doctriue primitive ; en M67, l’évêque Nicétas partit de Constantinople pour instruire les frères de l’Occident de la fausseté de l’ordre de Bulgarie; il imposa de nouveau les mains à plusieurs évêques qui avaient reçu cet ordre, afin de rétablir pour eux ce qu'il croyait être la succession apostolique3.
Une prétention semblable fut élevée par des Cathares de l’Église d’Esclavonie, professant, outre le dualisme mitigé, quelques opinions particulières sur la nature des âmes et sur celle de la Vierge et de Jésus-Christ3. L'ordre d’Esclavonie compta beaucoup moins de partisans que cenx de Tragurium et de Bulgarie. Cependant il subsista â côté des deux autres, pendant tout le cours du treizième siècle, principalement en Italie.
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Letat politique et religieux de l’ilalie continuait à être favorable au développement de l’Église hérétique. La résistance opiniâtre opposée par la plupart des villes lombardes aux empereurs, les luttes entre ceux-ci et les papes , la division entre les Guelfes et les Gibelins et les guerres civiles que se livraient les républiques italiennes, toutes ces causes de désordre produisirent une anarchie dont les adversaires de l’Église profitèrent pour se répandre et se fortifier. Un fait qui pourrait paraître étrange, c’est que des villes gueHes,
' Voy. la noie 7. —2 Bouquet, XtV, 448; Viguicr, 268. — 4 Viguier, 268; Moneta,223; Reineriu», 1774.
\ comme Milan, par exemple , furent au nombre des principaux centres des Cathares. Cela prouve que ce n’est pas par sympathie pour le catholicisme que ces villes s’opposaient aux prétentions des empereurs et faisaient des alliances avec les papes-, elles résistaient aux uns pour défendre leur indépendance républicaine, et s’alliaient avec les autres pour avoir leur appui politique. La vie mondaine des prélats et des pontifes de Rome , leurs empiétements sur le domaine séculier, leurs querelles avec la puissance laïque, le scandale du schisme qui éclata, en 1130, entre deux papes, furent autant de circonstances qui , en diminuant la vénération du peuple pour les chefs de l'Église , contribuèrent h la propagation de l’hérésie. Celle-ci trouva en outre un puissant auxiliaire dans la réforme morale et politique prêeliée par Arnauld de Brescia. Indigné de l'ardeur du clergé à augmenter ses richesses et sa domination temporelles , ce moine éloquent et intrépide posa et défendit , depuis 1130, le principe que ni les prêtres ni les religieux n’ont, d’après l’Évangile, le droit de posséder des propriétés ou d’exercer des droits seigneuriaux 5 son succès dans la Lombardie fut immense ; les Romains eux-mêmes le reçurent avec enthousiasme comme un libérateur. On a supposé qu’Arnauld de Brescia avait eu des relations avec les Cathares1 * ; mais bien qu’un chroniqueur lui reproche vaguement d’avoir erré h l’endroit du baptême des enfants et de la sainte-cène®, il a été condamné plutôt comme auteur d’un schisme que comme hérétique3, et rien ne prouve que quant au dogme il se soit réellement écarté de l’orthodoxie de l’Église. Mais si ses prédications contre les abus ont dû trouver d’autant plus d’écho chez beaucoup de ses contemporains, qu'il s’est moins séparé du catholicisme, elles ont dû ,
1 OUo Frising., lib. II, cap. XX, p. 248: præter hiec de saeramenln allant cl baplitmo parvulomm non tane dicitur tentisse.
? Frauke , 68 ; Léger, 1 , 153, le fait disciple des Vaudois.
3 S. Bern Epitt. 195 (a. 1140; : tchismalicus inrignis; opp. I, 188
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d’un autre côté, renforcer l’esprit d’opposition contre ce système et son chef, et fournir de nouveaux moyens de propagande aux hérétiques. Vers 1150, ceux-ci étaient trèsnombreux dans l’Italie septentrionale, dans la Marche d’Ancône, dans la Toscane, dans la Lombardie, et jusque dans les vallées des Alpes1. Le peuple les appelait Palarins; comme la condamnation du mariage était une de leurs doctrines qui le surprenaient le plus , il leur donna le même nom qu’un siècle auparavant il avait donné aux partisans d’Ariald et à tous les défenseurs du célibat des prêtres 2. A l’époque dont nous parlons, les Cathares italiens ne formaient encore qu’un seul diocèse; leur évêque Marcus se rattachait h l’Église de Bulgarie3. C’est sous lui que la scission entre les Cathares bulgares et les Cathares dalmates s’introduisit aussi en Italie, et que le dualisme mitigé y trouva des partisans en assez grand nombre4.
Les nouvelles de ces progrès des Cathares schismatiques parvinrent à l'évêque Nicétas de Constantinople. Profitant sans doute des relations entre les ports italiens de l’Adriatique et l’empire grec5, il vint, en H67, en Lombardie, et s’efforça de démontrer aux Cathares que l’Église de Bulgarie prétendait à tort que la succession apostolique ne s’était conservée que chez elle. L’évéque Marcus se rendit h ses dires, et étant venu avec scs ministres au concile tenu par Nicétas h Saint- Félix de Caraman , dans le comté de Toulouse , il se fit renouveler par lui son Consolamentum et rentra dans l’ordre ancien de Tragurium6. Marcus eut pour successeur Jean dit le Juif. Une nouvelle tentative fut faite sous cet évêque de faire prévaloir en Italie l’ordre bulgare et le dualisme mitigé. Pétracus, venu de la Bulgarie sans doute7, vint en Lombardie,
1 Fa*li Corb., 77; Vignier, 268. — 2 Voy. la note 6 à la fin de l’ou-
vrage. — 3 Vignier, 268. 4 Bonacurs., chez Baluz., II , 581 . — 5 Comp.
Sismondi , Républ . ital. , II , 167. — b Vignier, 268 ; Bouquet, XIV, 448.
7 Des parties <f outremer, Vignier, 268.
et «fit un mauvais rapport» sur Nicétas et sur l’évêque Simon de Tragurium , par lequel Nicétas avait été institué. Les uns restèrent alors fidèles à la tradition ancienne, en gardant pour évêque Jean le Juif, tandis que d’autres embrassèrent la doctrine modifiée, et reçurent pour évêque Pierre le Lombard , de Florence. Dès lors les deux ordres régnèrent simultanément en Italie; l’un se rattachait h Tragurium et à l’Albanie, l’autre à Concorezo et à la Bulgarie. D’abord hostiles entre eux , les partisans des deux branches se réconcilièrent de nouveau dans la suite, rapprochés par l'identité de beaucoup de points de leur doctrine, aussi bien que par la communauté des dangers qui les menaçaient sans cesse. 11 s’établit même une troisième branche , se rattachant à l’ordre d’Esclavonie; elle eut son principal siège dans la petite ville lombarde de Ragnolo, d’où elle reçut son nom1.
Milan fut de bonne heure un des foyers les plus actifs de la secte. Enhardis par la négligence du clergé , les prédicateurs cathares y exposaient publiquement leurs doctrines-, lors de l’avénemeut de Galdinus h l’archevêché de cette ville, en 1166, il la trouva plus hérétique que catholique. Il déploya toute son ardeur h combattre ces dangereux adversaires; mais il parait que le magistrat ne l’assista point; il dut se borner h prêcher contre eux. Accablé par l’âge et par la maladie, il se fit transporter dans sa cathédrale pour exhorter le peuple h se détourner de l’hérésie; on dit qn’il mourut en chaire, victime de son zèle (1173)9. Les efforts de ses successeurs n’eurent pas plus de résultats; la secte fit de tels progrès, que bientôt elle dut augmenter le nombre de ses diocèses; Milan en devint un des plus considérables. Bonacursus , savant en théologie , en fut évêque sur la fin du siècle*.
Dès 1130, on trouve des Cathares à Florence; un de leurs
1 L. e. Yoy. U note 7 è I* tin de l'ouvrage.
* Acta SS., Avril, II, 595 ; Ughelli, IV, 156 el soiv. — •> Bonaeurs., 209.
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principaux ministres s’appelle Diolesalvi 1 ; Pierre , le premier évêque de la branche de Concorezo en Italie, est de Florence2; les femmes mêmes de cette ville sont animées de zèle pour la propagation de la secte3. En 1173, ils sont si puissants h Florence, qu’ils occasionnent une révolution dans le gouvernement de la ville4; c’est auprès d’eux que se réfugièrent à plusieurs reprises des Cathares proscrits ou fugitifs6.
A Orvieto on les voit régner en maîtres déjà en 1125 ; mais défaits par les catholiques dans un combat sanglant, ils perdirent pour quelque temps leur influence6. L’hérésie fut prêcbée de nouveau en cette ville, en 1150, par Diolesalvi, de Florence , et par Gérard, de Marsano. Chassés par l’évêque, ils furent remplacés par deux femmes , Milita , de Monte-Meato , et Julitta, de Florence, qui par leur vie pieuse et charitable se concilièrent l'estime du clergé et la sympathie du peuple. Cependant leur hérésie ne tarda pas 'a être découverte ; en 1163 , on arrêta un grand nombre de leurs disciples , dont les uns furent brûlés ou pendus, les autres exilés7. Peu après, Pierre le Lombard se rendit à Orvieto , pour réunir les débris de la persécution ; bientôt il eut formé de nouveau une communauté nombreuse, composée de bourgeois et de nobles8. Ce même évéque répandit aussi ses doctrines à VUerbe, où presque toute la population se déclara pour lui9. En 1184, Lucius III, expulsé par les Romains, vint a Vérone pour avoir une entrevue avec l’empereur ; malgré sa présence et celle d’un grand nombre de prélats et de princes , les Ca-
1 Vita Parentii, Acta SS., Mai, V, 86. — 2 Vignier, 268. — 3 Acta SS.,
Mai , l. c.
* 1173. 18 Kal. Mai, propter Paterinos amissum est officium in civitate
Florentinà, tiré d’une Chron. ms. ital ., chez Lami , II, 491.
» 5 Lami, II, 496. — 6 Istoria di Chuisi. Supplém. de Muralori, Rer. ital.
scr., 1 , 898.
7 Acta SS., Mai , l. c ; Ist. di Chuisi, l. c., 903. — 3 Acta SS., I. c„ 87.
— 9 Ibid.
thares de cette ville continuèrent à fréquenter leurs réunions nocturnes1. Le pape, devenu attentif à la secte audacieuse, fit rendre , par le concile qu’il tint k Vérone , un décret condamnant les hérétiques, et ordonnant , sous peine d’excommunication et d’interdit, de les poursuivre et de les livrer au bras séculier2. A Ferrare, ils étaient si puissants que, pour les chasser, l’évêque dut se faire assister du pouvoir civil2; 'a Modène, on fit démolir, en H92, des moulins où ils tenaient leurs assemblées4: ceux de Prato furent, en H 94, l’objet d’un édit sévère, que l’empereur Henri VI, lors de son deuxième voyage en Italie , publia par l’organe de son légat, l’évêque Henri de Worms : il prononça contre eux l’emprisonnement, la confiscation des biens et la démolition des maisons5 ; beaucoup d’entre eux se réfugièrent alors à Florence6. Vers la même époque, il y avait un grand nombre de Cathares en Calabre; l’abbé Joachim de Flore s’occupa de leur conversion ; il parvint k en ramener plusieurs , avec d’autant moins de peine, sans doute, qu’ils l’entendaient lui-même élever des plaintes contre les abus et les vices de la hiérarchie , et qu’ils trouvaient dans ses rêveries apocalyptiques une compensation k celles qu’il leur persuadait d’abandonner7. Outre les chefs que nous avons déjà nommés, l’histoire nous a conservé les noms de deux évêques des dualistes mitigés qui, k cause de leur science et de leur activité , ont joui d’une grande autorité parmi leurs frères : Nazarius leur apporta de la Bulgarie l’Évangile apocryphe de saint Jean*, et Désidé-
* Cmtariiu Heisterb., 390; corap. Raynaldi , XII, 786.
* Mans! , XXII , 476.
3 In vetiutiuimue quoque statutU populi Ferrariensù legitur : El fortiam dabo domino Epieeopo , ut Patareni exeant de civitate Ferraria et dietrictu. Maralori , Antiq. ital., V, 89.
* Moltndina Patarinorum. L. e., 86, 87.
5 La mi , II , 484 ; le document p. 523. — 6 L. e. , 496. — 7 In Apoeal , P> 131.
3 Benoit , I, preurea, 296 ; Reinerius, 1773.
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rius écrivit un livre pour la défense de leurs doctrines 1 ; ils furent tous les deux ensevelis dans le château de Galba, appartenant â un de leurs protecteurs J.
Dans cette période les Cathares italiens entretenaient déjà des relations intimes avec ceux du midi de la France; à l’époque où il n’y avait encore qu’un seul évêché national en Lombardie, on rencontre dans celte province une Église française, dont l’Italien Robert de Spérone était l’évêque3. Elle était composée sans doute de Provençaux que , soit des persécutions, soit des intérêts commerciaux avaient engagés a s’établir parmi leurs voisins, les Lombards. Robert de Spérone , qui a laissé son nom â un parti de la secte1, et qui , avec l’évêque Marcus, de Lombardie, s’était laissé gagner â l'ordre de Bulgarie, fut de nouveau reçu par Nicétas dans la communion de Tragurium5; plus tard, l’Église française, dont Vérone devint le principal centre , adopta les opinions particulières de la branche de Bagnolo6.
Tous ces témoignages, quelque peu nombreux qu’ils soient encore, prouvent cependant la puissance et l’activité des Cathares de l’Italie; aussi, vers H 90, Bonacursus, un de leurs évêques, revenu â l’Église romaine, put s’écrier avec effroi : «Ne voyons-nous pas les villes, les bourgs, les châteaux remplis de ces faux prophètes7? » Ce nouveau converti adressa au peuple de Milan un long discours, pour lui démontrer la fausseté des doctrines cathares, et pour l’exhorter, de la manière la plus pressante, à venir « à l’aide de Dieu, en résistant vigoureusement à cette effroyable et dangereuse hérésie.» Mais ni ces exhortations, ni les décrets rendus jusqu’alors ne purent arrêter la secte; lors de son
» Moneta , 248, 347, 357. — * Acta SS., avril, III , 697.
3 Bcclttia Francigenarum Rouquet, XIV, 449; Eccletia Francia. Reioerius , 1767.
+ Voy. la noie 6 à la lin de l’ouvrage. — 3 Rouquet, XIV, 449. — b Reinerius, 1767, 1774. — 7 Hou, leurs., 209.
avènement, Innocent III la trouvera répandue par toute l’Italie, et jusqu’aux portes de Rome, de sorte que, pour sauver l’Église, il croira devoir prendre les mesures les plus énergiques, ou plutôt les plus violentes.