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suffire ; mais il ne suffisait plus lorsque le représentant devait, pour mener l’entreprise à bonne fin, agir avec prudence et habileté. Le tractator (il convient de se le rappeler) ne contribuait en rien au capital engagé dans l’entreprise, et il était pourvu à ses dépenses ordinaires par le marchand sédentaire.
Il était d’usage de signer un connaissement, et celui-ci était rédigé dans des termes à peu près identiques dans presque tous les ports de la Méditerranée visités par les marchands italiens; « Moi A. B. ai reçu » ou « reconnais avoir reçu de C. D. ». telle somme d’agent (parfois on ajoutait « en drap » ou autre marchandise semblable) , « in commendationem » ou « in commenda » (plus rarement « in socielatem ») ; « avec lesquelles choses j'irai » ou « lesquelles je me suis engagé à transporter » à Messine, ou Alexandrie ou ailleurs, « pour en trafiquer » (« laboratum »), ou « pour les vendre et en tirer profit» (tt ad lucrandum et ad negotiandum ») ; « et je dois recevoir un quart des bénéfices (1) ».
De là à un arrangement se rapprochant beaucoup plus de la forme d’association moderne, la transition était facile (2). Lin heureux tractator était bientôt à même de faire des placements pour son compte et, en fait, nous
(1) Weber, 11>. Les exemples suivants sont typiques: « Ego bonus vasallus maraccius accepi in cominendacionem a te wilielmo filardo libras 3Ü in pannis, bas portare debeo apud messaniam laboratum et ex inde quo voluero, quartam prolicui habere debeo et expensas debeo facere per libram » ; et encore : tt Ego Paschalis Tresmezaillas confiteor et recognosco tibi Johanno de Mandolio me habuisse et récépissé a te in coraanda 40 libr. regalium coronatorum, implicatas in 1 caricha piperis, etc... cum qua comanda predicta ibo... ad lucrandum et negotiandum in viagium Capte... ad tuum resegum et ad quartam partem lucri >> (Marseille, 1210) ; exemples cités tous les deux dans Goldschmidt, 202, note 93.
(2) Weber, 22.