LA DOCTRINE DE LA SOCIETE
trouvons bientôt des exemples de tractatores qui fournissent leur part de capitaux.
Dans ces cas le partage des bénéfices était soumis à la même règle que dans le cas de commenda. Ainsi dans le cas typique où le tractator fournissait un tiers du capital. il devait avoir un quart des bénéfices comme tractator et un tiers du reste comme capitaliste, c’est-à-dire un autre quart ; de sorte que le partage devait se faire par moitié (1). Ihie convention de cette nature était plus communément connue sous le nom de societas , ou (à Venise) collegantia, tandis que la première forme con- V servait ordinairement le nom de commenda ; quoique dans les premiers siècles ces divers mots soient fréquemment employés les uns pour les autres (2).
.Mais avec l’introduction de ce nouvel élément, — c’està-dire l’apport d’un certain capital par le tractator luijnême, — les traits économiques caractéristiques de la convention commencèrent à subir un changement substantiel. Maintenant les deux parties participaient à la fois aux risques et aux bénéfices en proportion de leurs contributions individuelles en travail et en capital. U y avait maintenant un capital commercial commun appartenant aux deux associés, et ils recevaient leurs parts dans le prolit commun ; chacun d’eux ne réalisait pas séparément un certain bénéfice sur son fonds de marchandises séparé. Alors, aussi, comme le tractator pouvait se mettre de la même façon en relation avec divers socii stantes, et que souvent il s'y mettait, il arriva qu’il devint de plus en plus le directeur réel de l’entreprise.
Ce fut lui, et non Vassocié sédentaire qui fut Ventrepreneur (« undertaker ») selon le mot d’Adam Smith. Dans la societas maris, telle qu’elle se développa, ce ne fut plus le capitaliste à demeure qui prit à son service l’expérience et le travail du tractator, mais le marchand
(1) Goldschmidt, 2(13.
(2) Ihid., 2(10.
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voyageur qui prit, pour s’en servir, le capital des socii stanf.es (l). Adaptée, comme nous l’avons indiqué, originairement au commerce maritime, la commenda fut graduellement utilisée pour le commerce intérieur et finalement pour l’industrie locale (2).
La commenda n’est pas la parente directe de la société commerciale anglaise moderne, qui paraît, comme la « offene Gesellschaft » d’Allemagne, être sortie de la coutume suivie par les divers membres de la même famille, lesquels continuaient à vivre ensemble et à exercer leur profession dans le même atelier. L’association domestique originaire semble indiquée par le mot même de « compagnie » (cum-panis) et les formules de société ont longtemps conservé des mots comme ceux-ci « des hommes qui mangent le même pain », « des hommes qui mangent le même pain et boivent le même vin (3) ». La pratique qui avait probablement pris naissance entre les frères, s’étendit facilement aux compagnons de la même profession qui n’étaient pas unis entre eux par les liens du sang; et des métiers manuels, elle peut avoir été introduite dans le commerce. Dans cette vie en commun des membres de la Compagnie, dans cette habitude de vivre et de travailler ensemble, se trouve la caractéristique qui distingue cette association de la société moderne ordinaire, c’est-à-dire la responsabilité illimitée de tous ses membres (i). Et celte forme de société a, en Angleterre, chassé l’autre plus ancienne qui était issue de la commenda, dans laquelle la responsabilité des associés contributeurs qui n’avaient aucune part à l’administrait) C’est exactement ce que dit Weber, 22, 25.
(2) (ioldschmidt, 267 et note 114.
(5) L’histoire primitive de cette forme de société est étudiée dans Schmidt, Handclsgcsellschaften. Voyez aussi Weber, 44 et ss. ; (ioldschmidt, 272 et note 131 ; Parsons, Principles of Partnership (Boston, 1889), § 2.
(4) 4Yeber, 58.