‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 111 sur 114 · OPINION PROTESTANTE ET REFORMEE · texte numérisé non relu

OPINION PROTESTANTE ET REFORMEE

revenir. Le mouvement réformateur ne prit pas tout d’abord la direction que nous pourrions peut-être prévoir a priori ; il ne s’attaqua pas à la doctrine de l’usure précisément parce qu’elle faisait partie de l’enseignement canonique et scolastique, quelque grande que fût la répugnance que Luther et beaucoup d’autres parmi les premiers réformateurs ressentaient au sujet de l’instruction systématique des écoles théologiques.

La haine de l’usure était si enracinée dans le peuple qu'un fils de paysan comme Luther pouvait difficilement en être exempt; et l’enthousiasme pour la réforme morale, qui fut une des principales causes du nouveau mouvement religieux, retourna naturellement aux règles anciennes et plus sévères. C’est pourquoi, nous voyons tout d’abord Luther prendre une attitude beaucoup plus mtransigeanteque les théologiens catholiques eu.x-mêmes; et il n’est pas improbable que la sévérité de ses opinions ait contribué à détourner les théologiens catholiques des propositions auxquelles ils tendaient déjà. Il est difficile de définir son attitude avec une très gragade précision; il n’y a aucune raison de supposer qu’il a eu une exacte connaissance de la littérature de cette matière; et il est évident que dans l’esprit populaire, auquel Luther était très sympathique, les diverses idées sur l’intérêt et sur la rente (ou annuité) n’étaient pas aussi distinctes les unes des autres que dans les livres.

L'opinion de Luther pourrait peut-être se formuler ainsi : il abhorrait et attaquait avec véhémence toutes les formes de l'usure dans lesquelles un payement était demandé à une personne pauvre pour l’usage de f argent. Mais de la part de personnes capables de payer, la rémunération était permise dans les deux cas de renie {census, Zins) et d'inlérél, ces deux mots étant pris dans leurs sens étroit et étymologique. Le census, ou rente, n’était justifiable que lorsqu’il reposait sur une parcelle de terre déterminée, lorsque le taux en était bas, et lorsque

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le placeur participait aux risques exposée, tels que les risques dus saisons (I). II était entièrement o[ laquelle les villes contractaient des en garantie leurs terrains commi l’obligation à des superficies déle nous pouvons le prévoir, il condamnait 1 charge sur

d’un artisan

11 permettait encore l’intérêt seulement pensation pour la perte (ou gainm; vait a la suite du non-remboursement mais, même dans ce cas, il devait tlamnum emergens ou lucrum l’intérêt devait être modéré (3). Dans ses Luther allait même jusqu’à déclarer 1 intérêt était un pur prétexte certainement compter fai

auxquels la terre était aux intempéries des pposé à la pratique par ^ emprunts en donnant lunaux sans rattacher erminées ; et, comme imposition d’une quelque chose d’aussi intangible que le talent ce qui constituait le census personalis (2).

— . comme comanqué) que l’on éprou-

: au temps fixé ;

y avoir un véritable cessans à compenser, et premiers écrits, que la théorie de ; personne ne pouvait si re un profit de son argent qu’il pût légitimement stipuler de recevoir une compensation pour l’usage auquel il renonçait (i).

Ce fut Mélancthon qui, le premier, du côté des protestants, exposa ce que seraient les conséquences de l’acceptation du principe de l’intérêt sous les nouvelles conditions rendues possibles par le commerce moderne. Il fut prompt à défendre l’ancienne doctrine elle-même et il fit appel à tous les arguments déjà usés sur les choses /bngtô/es et les choses consomptibles, la rétention de la propriété, etc. (.3). Mais, alors, il reconnut la validité de 1 intérêt avec beaucoup moins de réserves que Luther.

(1) Schmoller, Ansichten, 107, 100, (sermon de lbl9) li;{

(pamphlet de 1540). ’

(2) Ibid., 108.

(3) Ibid., 110, 111.

(4) Ibid., 105, lOG.

(5) Ibid., 118 : pour une explication du mot fongible, voyez

supra § 17. ^ > j

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