‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 17 sur 114 · ORIGINE DES GILDES DE MÉTIERS · texte numérisé non relu

ORIGINE DES GILDES DE MÉTIERS

comportait le droit d’imposer des conditions, d’exercer une sorte de surveillance sur tous les membres associés. Il était naturel que les plus anciennes gildes, se développant au milieu d’un certain antagonisme contre les bourgeois, aient cherché à rendre leur juridiction aussi étendue que possible. Mais celte autorité indépendante devait rendre plus forte la jalousie des corporations gouvernantes des villes. On voit clairement, dans l’histoire de Londres, jusqu’où pouvait se prolonger la durée de la lutte entre les bourgeois et les artisans. Nous ne savons pas s’il y eut jamais une gilde de commerce à Londres. Cependant, en 1191, par la reconnaissance de leur « commune », les « Londoners » obtinrent l’autonomie municipale la plus- complète, et par conséquent on leur reconnut les mêmes droits, dans les questions de commerce et d’industrie, que ceux qui auraient été exercés par une gilde de commerce (l). Presque immédiatement ils offrirent de payer à l’Echiquier un droit annuel, si la gilde des tisserands était abolie. Jean accepta l’otlre et, en 1200, la gilde fut abolie par une charte royale (2). Pour une raison ou pour une autre, elle fut rétablie deux ou trois ans après. Mais pendant longtemps les tisserands ne se sentirent pas hors de danger (3).

Dans d’autres villes, ce qu’on discerne le plus clairement, c’est la lutte économique. Nous avons vu que les chartes accordant aux villes l’autorisation d’avoir une

(t) Stubbs), Const. Hist., I, 704.

(2) I.a liste des chartes dans le Liber Albus, t34 (vol. I des Municip. Gildh.) mentionne >< alia charter eqnidem Joannis, quod « Gilda Telaria non sit de cetero in civitate Londoniarum, nec «ullatenus suscitetur ». Le texte d’une charte de Henri II aux tisserands dans le Liber Custumarmn contient le triomphant entête suivant ; « Quæ adnihilata est per chartam Régis Joannis ». Le Pipe Roll de Jean (a. 4) contient ce passage : « Cives Londo- « niæ debent LX marcas pro Gilda Telaria delenda, ita ut de ce- « tero non suscitetur », Madox, Exchequer, 279.

(3) Liber Custumarum, Riley. Introd., LXIII.

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