CARACTÈRES ÉCONOMIQUES DES GILDES DE MÉTIER
l’industrie. La municipalité n’avait pas à intervenir dans leur vie intérieure, en tant que sociétés d’assistance fraternelle. Heureusement une des séries des ordonnances contenues dans ces Archives, celle des megissiers ou corroyeurs, en 13i0, nous donne plus de détails, et nous pouvons en conjecturer que les autres gildes avaient des coutumes semblables. Ils avaient une caisse commune pour les cotisations, sur laquelle on payait sept pence par semaine à tout ouvrier du métier tombé dans la pauvreté par suite de la vieillesse ou par incapacité de travail, et de même sept pence par semaine à la veuve d’un homme pauvre, tant qu’elle ne se remariait pas. « Si quelqu’un du dit métier quitte cette vie et ne laisse a pas de quoi être enterré, il sera enterré aux trais de la « caisse commune, et quand quelqu’un du dit métier « mourra, tous ceux du dit métier iront à la veillée et à <( l’olfrande le lendemain. » Quelques-unes des corporations, comme nous l’apprenons plus tard, avaient, dans les églises de paroisse, des chapelles dans les bas côtés, des cîiœurs et des services solennels à certains intervalles. Les mégissiers ne peuvent olîrir « qu’un cierge de cire « pour brûler devant Notre-Dame, dans l’Eglise de tous « les Saints, près du mur de Londres », et il y a une clause qui prouve clairement les efforts tentés pour établir une union confraternelle, c’est l’ordonnance suivante : (( ceux du métier » aideront un membre qui ne peut terminer l’ouvrage entrepris, « de manière à ce que le dit ouvrage ne soit pas perdu. »
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Section XI. — Caractères économiques des Gildes
de métiers.
Dans la première moitié du xiv« siècle, le système de la gilde a atteint son plus haut degré de puissance. Peu-
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dant les deux siècles suivants, cette forme d’organisation continua à être adoptée par toutes les industries, l’une après 1 autre, k mesure qu’elles naissaient dans chaque ville. Cependant, dès cette époque, on peut observer des signes de decadence j de nouvelles difticultés commencent à se montrer, et dans une industrie considérable, que l’Angleterre possédait, l’accroissement de la demande étrangère devait conduire à la rupture complète du système de la gilde (l). Remettons cependant l’examen de ces transformations à un paragraphe postérieur, et examinons les caractères économiques du système de la gilde pendant qu’il était encore intact.
se distinguait de l’ancien « système domestique » d’industrie, en ce que la fabrication était entreprise dans le dessein de fournir des consommateurs en dehors du groupe domestique. Il y avait désormais un matche, le mot s appliquant à une certaine quantité d acheteurs, et par conséquent les produits pouvaient etre appelés Tnu7'ch(i)i(lis€s , nom qui ne leur convenait pas auparavant. Pour employer la jihraséologie technique actuelle, il y avait désormais des valeuYS d' échange aussi bien que des valeurs d'usage, mais le marché était très limité, en bien des cas restreint aux habitants d’une ville ou d’un district particulier. En fait, si nous considérons l’Angleterre dans son ensemble, on peut dire qu’il s’y trouvait beaucoup de marchés locaux, mais non, comme c’est la tendance actuelle, un marché. Aujourd’hui, par exemple, le prix du ble dépend de la demande générale de toute l’Angleterre, ou plutôt de la demande qui se produit dans une aire beaucoup plus grande. Au Moyen Age d aurait été déterminé, sauf intervention de la loi, par la demande qui se serait produite dans une aire ' oniparativcment petite. C’est précisément cette limitation de la demande, dans des sphères locales peu étendues,
(I) Voyez Engl. Woolen Industry, 4o-r>3, 75-84.