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LES COMMERCANTS ÉTRANGERS EN ANGLETERRE

et la comparaison des tailles de bois et des coches qui

y avaient été pratiquées (1).

Les foires de Saint-Yves dans l’Huntingdonshire, de Stamford et de Saint Edmundsbury, moins importantes que celle de AVinchester, avaient les mêmes caractères généraux ; elles étaient toutes, on le remarquera, dans la moitié sud-est de l’Angleterre. A Oxford, il y avait

réservé au dénoncia

vendus, leur (1)

Dans l’histoire du commerce étranger de l’Angleterre, on peut distinguer en gros trois périodes. De nos jours, c’est sur le « marché du monde » que l’attention est principalement et nécessairement attirée. Nous sommes habitués à comparer le chilîre des exportations anglaises dans les autres pays en bloc avec le chiffre général des marchandises importées de ces mêmes pays. A une époque plus ancienne, ce qui occupait surtout la pensée des négociants et des hommes d’état, c’était le rapport entre le chiffre des importations et celui des exportations, pour chaque pays particulier. Mais pendant ces deux périodes c’était le commerce de l’ensemble de l’Angleterre qu’on avait ordinairement sous les yeux. Il y a en effet un commerce national pendant ces deux époques. Mais il y en avait encore une plus ancienne, et c’est à elle que nous avons affaire maintenant, pendant laquelle il n’y avait rien de ce qu’on pouvait appeler commerce international. Ce qui existait était à peine quelque chose de plus qu’un commerce entre certaines villes, un commerce intercommunal ou intermunicipal .

Pour nous faire une pleine idée du contraste, nous devons chercher à nous représenter l’état de la société au XII* et au xm® siècle. Les villes modernes renferment tant de professions et d’industries, tant de classes aux intérêts divergents, dont chacune cepen-

(1) « Orania placita debitorum inter mercatores quoscunque « durante feria tenebuntur, et totis temporibus retroactis teneri « consueverunt coram præfatis justiciariis per probationes tallia- « rum, secundum legem mercatoriam, si pars querens hoc voie luerit. » Ibid., 32.

(2) Pour les trois foires d’Oxford, voyez Boase, 71.

(i)Statutes of the Realm, I, 260, 266

(lant a quelque influence sur le gouvernement de la ville, la fabrication se produit si souvent en dehors des limites de la ville, le commerce aussi vient si souvent de l’extérieur ; de plus, le contrôle de 1 autorité centrale, représentant les autres villes et les autres districts, est si constant et si efücace, qu'il serait, de nos jours, absolument impossible aux autorités municipales de régler les affaires économiques des citoyens à l’avantage exclusif d’une classe. Mais, nous 1 avons vu, cela se pouvait, et se passait effectivement ainsi en ce temps-là, dans les villes anglaises du xii® et du xiii* siècle. Dans chacune d’elles une partie des liabitants? qui tendait constamment à diminuer, les « bourgeois » proprement dits, occupait en môme temps le gouvernement de la ville et le monopole du commerce intérieur et extérieur. Ce qui est vrai de l’Angleterre, l’est probablement aussi de toute l’Europe de l’ouest. Mais comme au point de vue de l’industrie et du commerce, l’Angleterre était bien en arrière des autres pays, les commerçants étrangers la visitaient et faisaient avec elle un commerce considérable d’importation et d exportation à une époque où bien peu d’Anglais s’aventuraient à traverser la mer. Ce commerce ne se faisait pas par des individus isolés. De même que les marchands d’une ville particulière, assistant à une foire éloignée, se tenaient ensemble et occupaient des baraques voisines les unes des autres, ainsi les marchands d une ville étrangère, lorsqu’ils venaient en Angleterre, se groupaient ensemble, et cherchaient à obtenir des privilèges pour en jouir en commun.

Ce fait aussi est en rapport étroit avec le caractère du gouvernement municipal à cette epoque. Aujourd’hui un marchand qui part de Manchester pour résider dans un autre pays étranger, n’a pas d’avantage particulier à s’associer avec un autre négociant de Manches-

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