‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 23 sur 114 · LES COMMERÇANTS ÉTRANGERS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LES COMMERÇANTS ÉTRANGERS EN ANGLETERRE

ter plutôt qu’avec un commerçant de Hoclidale. Les droits de douane qu’il aura à payer dans les deux cas seront les mômes, et, dans toute difficulté, il aura a faire appel au consul d’Angleterre. Mais au xiii* siècle, les marchands, disons d’Amiens par exemple, résidant en Angleterre, taisaient partie du corps des bourgeois qui gouvernaient Amiens ; ils étaient regardés comme représentant les intérêts d’Amiens et, dans toute difliculté, c’était aux magistrats d’Amiens qu’ils devaient demander assistance.

Les villes des Flandres et de la France du nord, celles de l’Allemagne septentrionale et du Rhin étaient assez fortes pour prendre des dispositions alin de remédier aux défectuosités d’un pareil système, par exemple de former une union entre elles pour la protection de leur commerce. Ainsi se créèrent les deux Hanses, la Hanse de Londres et la Hanse teutonique, dont nous parlerons plus tard. H ne faut pas considérer leurs efforts comme s’étant produits dans le sens de la création d’un commerce national, pour la sauvegarde des intérêts de la France et de l’Allemagne en tant que nations; c’était plutôt des alliances des oligarchies marchandes de quelques villes pour leur avantage mutuel ; et ces associations étaient plutôt des obstacles à la formation des nationalités qu’elles ne lui venaient en aide.

Lorsque les marchands étrangers arrivaient dans un port anglais, ils se trouvaient en face d’un corps gouvernant du même caractère que celui auquel ils appartenaient chez eux. En fait, ils n étaient pas les mal venus, car ils exportaient les produits bruts du pays, laines, toisons et cuir, que les commerçants de ia ville avaient amenés à la foire et au marché, et ils apportaient des draps lins de Flandre, du vin de Guyenne, et d’autres marchandises, sur lesquelles les marchands de la ville faisaient des profits en les vendant au

détail. Mais on les tenait dans une suspicion constante, dans la crainte qu'ils ne réussissent (ce qu’ils tentaient toujours naturellement) à briser le monopole des négociants anglais eux-mêmes dans le commerce intérieur. Aussi les trouvons-nous soumis à un code de règlements très serrés, rédigé par les autorités municipales, qui en appuyaient l’exécution. Ils ne doivent acheter leurs marchandises qu’aux bourgeois, ils ne doivent vendre qu’aux bourgeois, et seulement les jours de marché, c’est-à-dire en pleine publicité ; ils ne doivent pas s’aventurer à vendre en détail ; ils ne peuvent pénétrer dans l’intérieur du pays avec leurs marchandises ; pour qu’on soit assuré qu’ils ne dépasseront pas les limites qui leur ont été marquées, ils ne pourront rester dans le pays plus de quarante jours.

Tel était l’état des choses à l’époque de la grande Charte. Deux de ses articles décidaient que les négociants auraient libre passage de et pour l’Angleterre, et qu'ils seraient exempts des droits de douane extraordinaires. Ce n’était qu’une promesse vague et indéfinie, et qui n’assurait en aucune façon la liberté du commerce. Pendant près d’un siècle, les bourgeois anglais purent maintenir leurs droits exclusifs ; mais ces droits étaient opposés aux intérêts des grands nobles (1), qui pensaient, en traitant directement avec les marchands étrangers, et en se passant des intermédiaires anglais, pouvoir obtenir de meilleurs prix pour les produits de leurs manoirs, aussi bien qu’acheter à meilleur marché les objets de luxe des contrées étrangères. Le roi lui-même, le plus grand propriétaire du pays, ne pouvait manquer de par-

(1) « Rex intendit, quod mercatores extranei sunt ydonei et « utiles maijnatibus et non habet consilium eos expellandi », liot. Pari, 1, o5, cité par Schanz, Englisclte lIa?idelspolitik, I, 390, n.

tager leurs vues. Ce qui 1 excitait de plus a agir, c est qu’il savait que les marchands étrangers étaient prêts à payer des droits plus élevés, ce qui devait ajouter considérablement à son revenu, à condition toutefois qu’on leur fournît de plus grandes facilités pour augmenter eux-mêmes leurs gains.

Jusqu’au temps d’Edouard I®'', on ne fit aucun effort pour briser le monopole des bourgeois. Pendant le long règne d’Henri III, cependant, avec l’augmentation du nombre des marchands étrangers, surtout de la b rance méridionale et de l’Italie, il se produisit un léger relâchement dans les restrictions auxquelles ils étaient soumis. Au lieu d’être obligés de résider dans les maisons des bourgeois, ils furent autorisés à avoir des magasins et des résidences à eux (1); le roi prit l’habitude d’accorder des licences de commerce, ou sauf-conduits, à des villes entières, et non plus, comme auparavant, à des négociants individuels. En effet, en 1237, les marchands d’Amiens, de Gorbie et de Nesle (c’est-à-dire de trois des villes les plus importantes de la Hanse de Londres), furent assez heureux pour obtenir des marchands Londo- Tipre iin adoucissement des rèsflements , contre une

(1) Schanz, I, 386.

(2) Liber Custiunarim, 64

La querelle qui s’éleva entre Edouard I®"* et les bourgeois de Londres, fournit au roi l’occasion de changer les choses. Pendant quarante ans (128r)-1298), il reprit en ses mains les privilèges de la ville, et la Cité fut gouvernée par des wardens qu’il nommait lui-mème. Le résultat naturel de cette situation fut double : les artisans du pays et les marchands étrangers obtinrent des avantages aux dépens de l’ennemi commun. Ce fut, nous l’avons vu, pendant celte période, que la gilde des tisserands de Londres réussit délin itivement à assurer ses privilèges, et que les marchands étrangers s’aventurèrent pour la première fois à rester en Angleterre plus de 40 jours. Les Communes, c’est-à-dire la classe commerçante de l’Angleterre, se plaignirent dans le Parlement « que, tandis que les commerçants étrangers ne demeu- « raient pas autrefois habituellement plus de quarante «jours, pendant lesquels ils avaient coutume de vendre « aux nationaux qui vivaient du profit (c’est-à-dire de la « vente au détail), ces étrangers eux-mèmes profitent « aujourd’hui de la vente en détail » (I). Aussitôt que les Londoners eurent obtenu de nouveau leur autonomie, ils renouvelèrent et renforcèrent les anciennes restrictions. Mais en 1303, Edouard était prêt pour le grand coup qu’il préparait depuis queh{ue temps. Cette annéelà, il accorda aux étrangers la Caria Mercatoria, où, contre le paiement de douanes supplémentaires, il abolit toutes les limitations anciennes de temps et de résidence, et les restrictions au sujet des personnes auxquelles les marchandises pouvaient être vendues ; et bien que le monopole du commerce de détail de beaucoup d’articles lut encore réservé aux bourgeois anglais, celui des épices et de la mercerie, marchandises d’importance croissante, fut spécialement permis aux étrangers. Au même moment, on menaça de pénalités sévères les

(I) Rot. Pari., 1, 1)5, cité par Schanz, I, 396, ii. 3.

autorités municipales qui refusaient justice à un étranger, et on ordonna que dans les procès qui pouvaient î s’élever à l’avenir entre les nationaux et les étrangers,

I la moitié du jury fût formée de commerçants de la ville

I d’où l’étranger en question était originaire.

I II n’est pas nécessaire de suivre, dans ses détails, la

^ lutte qui remplit les cinquante années qui suivirent. En

1309, les membres bourgeois se plaignirent dans le I*arj lement que les droits nouveaux eussent augmenté les prix

; des marchandises importées. Edouard II les retira pour

; un temps, alin de s'assurer si c’était réellement le cas ;

mais il les réimposa en 1310, déclarant que le prix ; n’avait pas diminué depuis le changement des droits.

[ Prenant avantage des querelles entre le roi et les barons,

les bourgeois obtinrent de nouveaux droits de douane I par les ordonnances de 1311, simplement afin de pou-

voir remettre en vigueur les vieilles restrictions sur le i temps de résidence, etc... Ils se tondaient, pour enlever

I aux étrangers leurs nouvelles libertés, sur ce qu’ils ces-

j saient de payer les impôts supplémentaires. Edouard, vain-

queur des barons en 1322, rendit leur ancienne position I aux marchands étrangers. La conséquence fut qu’il y

eut de violentes émeutes à Londres, et que les maisons

des Hardi turent mises à sac. I.e faible gouvernement des premières années d’Edouard III fut d’abord obligé de restituer aux villes leurs privilèges, mais ils furent mis à l’écart l’un après l’autre ; en 133.j,les marchands étrangers reçurent de nouveau l’autorisation de traiter avec les nationaux, ceux auxquels il leur plaisait d’avoir affaire. En 1 343, on leur permit de demeurer plus de quarante jours, sous la condition que, dans ce cas, ils deviendraient passibles des impôts ordinaires. En 1331, ils reçurent le droit de vendre en detail j en 1353, les douanes supplémentaires imposées en 13U3 furent enfin confirmées par acte du Parlement. Il faut remettre la suite à plus tard.

On doit remarquer, pour comprendre pleinement la question présentement en discussion, que les bourgeois traitaient les commerçants des autres villes anglaises tout à fait de la même manière que les étrangers. Ainsi nous trouvons une pétition des marchands de Southampton, demandant qu’il fût interdit aux marchands qui venaient che'/ eux de Winchester ou de Salisbury, d’acheter à d’autres qu’aux bourgeois. La même requête fut envoyée de Lynn, au sujet des marchands d’Ely et de Cambridge (1). iXous avons déjà donné d’autres exemples de la même politique de monopole, en décrivant la gilde de commerce. Le mot étranger, en effet, est employé pour tout non-bourgeois, qu’il soit anglais ou d’un autre pays. Quelquefois même, il n’est pas facile de déterminer son vrai sens. Sans doute, il y avait toujours un certain sentiment d’antagonisme national. Cependant il est clair que les marchands étrangers étaient entravés et surveillés, non pas tant parce qu’ils étaient étrangers, que parce qu ils n’étaient pas bourgeois de la ville dans laquelle ils se rendaient.

Le caractère intermunicipal des relations commerciales du temps, et le fait que les autorités de la cité traitaient toutes les autres villes sur le même pied, quelles fussent anglaises ou étrangères, sont démontrés par la publication recente du Calendar of I^etters du maire et de la corporation de Londres pendant les années 1350-1370. Ces lettres sont toujours adressées aux magistrats d’autres villes, et presque toutes insistent pour le paiement de dettes, qui seraient dues à des Londoners. On emploie la même phraséologie, que la lettre soit « pour le maire « ou la communauté de la ville de Bristol », ou « pour « 1 Exécuteur principal des ordonnances de Justice, les « prieurs des Arts, le (îonlalonier, le peuple et la corn- « munauté de la cité de Florence », pour Colchester,

(1) liot. Pari., I, 87, 93, cité par Schanz, I, 396, u. 3.

LA HANSE ET l’eNTREPÔT 147

Yarmouth, Oxford, ou Bruges, Gand ou Dendermonde.

Dans chaque cas, les magistrats de la ville auxquels on s’adresse, sont requis de faire rendre justice, « comme ils désireraient eux-rnèmes qu'on traitât leurs gens (I) » ; ou bien ils sont menacés, si la dette n’est pas payée, de représailles sur leurs concitoyens se rendant à Londres (2).

Section XIV. — La Hanse et l’Entrepôt (Staple)

11 ne nous reste plus qu’à parler des associations formées par les commerçants étrangers, et de l’organisation que les commerçants anglais reçurent eux-mêmes, dans la première moilié du xiv® siècle. Les plus importantes des associations étrangères furent de beaucoup la hanse de Londres et la hanse teutonique. La Flandre et le nord de la France étaient, au point de vue industriel, bien en avance sur l’Angleterre et sur le reste de l’Europe septentrionale. La laine nécessaire pour leur principale industrie, la draperie, avait toujours été demandée à l’Angleterre. Pendant longtemps les Pays-Bas fournirent probablement le plus grand nombre de [marchands qui visitaient l’Angleterre. On trouve que les villes engagées dans ce commerce s’étaient unies en vue de l’assistance commune au début du xin® siècle, pour former une ligue, connue sous le nom de hanse de Londres (3). Mais, outre le maintien de la liberté du commerce pour

(1) Calendar of Lettera du maire et de la corporation de Londres, p. 2 (Colchester), 11 (Cand),ll (Bruges).

(2) Ibid., 2, (Florence), 17 (Cloucester),et passim.

(3) La première mention de la Hanse de Londres est une charte de Bruges, 1240, Warnkœuig, i/is/oi>e de Flandre, traduct. angl. de Cheldolf, II, 207,

eux-mêmes, ses membres poursuivaient d’autres objets. Ils interdisaient impitoyablement à tous les artisans de leurs propres villes, et d’acheter les matières brutes en Angleterre, et d’y vendre leurs produits manufacturés, et nous avons de nombreux indices que cette organisation donnait plus de force à la main-mise des bourgeois sur le gouvernement de leurs cités. A une époque, la hanse de Londres ne comprenait pas moins de soixantedix villes, parmi elles toutes celles de Flandre de quelque importance, et, pour un temps, même Chàlons, Ileims, Saint-Ouptin, Cambrai, Amiens et Heauvais. Elle dura jusqu’au xv« siècle, mais depuis longtemps elle était tombée a l’arrière-plan, devant la richesse et la force nouvelles de la hanse teuton ique,

La première ville allemande, qui, hors des l’avs-Has, atteignit de l’importance commerciale, fut Cologne, dont les fabriques, surtout les fabriques de drap, étaient très en avance sur le reste de l’Allemagne (1). Dès 1157, nous trouvons mention, dans une lettre de protection, de la hanse des gens de Cologne à Londres (2). Dans un rescrit de Hicbard I®'’, publié à Cologne même, à son retour de captivité en Autriche, ils reçurent permission de commercer dans toute l’Angleterre, spécialement dans les foires ; le paiement de deux shillings annuels poiü' la salle de leur yilde [Guildliall) leur lut remis pour un temps. I.es commerçants de toutes les autres villes allemandes en Angleterre trouvèrent désirable de se joindre à la hanse de Cologne. Cet arrangement ne présenta aucune esjièce de difficultés, tant que les seules

(1) Schmoller, Straÿififmrgev Titcher und Wcherzuaft^ 366.

(2) [.appenberg, llrkundliche GeschicMe des ilamiscken Stahlhofes zu London^ livre II ; ce n’est pas le Steelyard postérieur. Très tard dans le xiii® siècle, la maison de la (iild ((iuildhall) des commerçants de Cologne et celle des négociants teuloniques (c’est-a-dire de la llalliqiie) étaient encore séparées, Riley, la* trod. to Liber Albus, XCVI.

sition supérieure, üue en granue parue a ce laii que la Baltique était à celte époque le seul habitat du hareng. Les efforts de Cologne pour exclure les villes de la Baltique du commerce avec l’Angleterre furent inutiles. Elles obtinrent un sauf-conduit d’Henri III en 1238. En 1207, elles reçurent l’autorisation de former une hanse séparée, et, avant la tin du xiii® siècle, Lübeck, qui par son alliance avec Hambourg s’était assuré tout le contrôle du commerce de la Baltique, réduisit Cologne à un état de subordination ; alors l’ancienne hanse de Cologne lut absorbée dans la hanse teutonique, sous la présidence de Lübeck (1).

Il n’entre pas dans notre dessein actuel de montrer comment de cette alliance de commerçants à Londres et dans d’autres centres commerciaux, particulièrement Bruges, xXovogorod et Brème, sortit une alliance de leurs villes originaires, à laquelle la lutte contre W aldemar HT de Danemark (1361-1370) donna le caractère d’un état confédéré. Nous n’avons pour l’instant à nous occuper que de l’établissement de la hanse à Londres. H est évident que l’organisation très compacte des marchands hanséatiques, la facilité avec laquelle ils pouvaient agir et exiger qu’on les traitât comme une corporation, doivent avoir puissamment contribué à briser le monopole des bourgeois anglais dans le commerce intérieur.

Il est intéressant de remarquer que la société de la Coî/r d'acier {Steelyard), nom primitif de leur établissement à Londres sur la rive de la Tamise, avait tout à fait

(1) Voyez la courte histoire de la Hanse par M. Lodge dans Encÿ. Brit.

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13U CHAP. II. — GILDfiS DE COMMERCE ET DE MÉTIERS

le caractère d’une gilde de commerce établie dans une forteresse. Personne n’y pouvait résider s’il n’était célibataire. Les associes dinaient ensemble dans une salle commune, les maîtres sur une table élevée, les apprentis plus bas. Leurs demeures, leurs magasins, leurs quais, leurs jardins étaient entourés d’un mur solide; les portes étaient fermées au couvre-feu. Chaque maître av'ait son armure complète (I), Comme dans les autres gildes, leurs allaires commerciales et leurs fonds corporatifs étaient administrés par un alderman, des assistants et un consed, élus par eux-mèmes. Comme dans les autres gildes aussi, chaque membre était libre de poursuivre ses propres intérêts : le commerce était individuel, non corporatif, cependant dans des limites imposées par le bien commun.

Jusqu au milieu du xnC siècle, l’exportation des marchandises anglaises, laines, toisons, cuir, étain et plomb, était presqne entièrement dans les mains des marchands étrangers. 31ais vers cette époque, on commence à suivre les progrès d’une corporation de commerçants anglais, exportant les produits du pays dans les marchés étrangers, et c est alors que 1 organisation, connue sous le nom de \ hntrepol (the Staplè), fait sa première apparition. L’entrepôt, dans la première acception du mot, était un endroit déterminé où tous les commercants anglais devaient entreposer leurs laines et leurs autres marchandises « en gros » (staple), pour y être vendues. On 1 avait créé pour réunir si étroitement les commerçants ensemble, que le commerce pût être réglé et surveillé plus aisément, surtout pour que les droits de douane fussent levés avec plus de facilité. L’institution était due à la politique et à l’initiative royales ; pendant longtemps beaucoup de marchands s’y opposèrent. On ne peut s’em-

(2) Voyez 1 article de Pauli dans Tableaux de la vieille Angleterre (angl.)

LA HANSE ET l’ ENTREPÔT 151

pêcher de reconnaître que des motifs fiscaux ont grandement inspiré les diflérents règlements (1). La faculté de transporter 1’ « entrepôt » d une ville ou d un état étranger à une autre ville ou a un autre état était estimée par les souverains comme une arme diplomatique très utile. Cependant, dans la voie du commerce étranger, les difficultés étaient si grandes, qu’une organisation de ce genre était nécessaire, à une époque où les Anglais commençaient à peine à s’aventurer dans le négoce extérieur, et étaient dépourvus de la force que le nombre et la richesse donnaient aux marchands flamands et hanséatiques. Encore en 1363, les Communes

(l) Ochenkowski, England's wirlschaflliche Entwickelung , 194,

(2) Cunningham, Engl. Industry, 178, n

près de la Grande-Bretagne et par conséquent plus près du marché étranger, et celui d’être un territoire anglais. Il y avait donc des raisons politiques évidentes pour favoriser la nouvelle acquisition. Aussi 1’ « entrepôt », après avoir, à plusieurs reprises, été placé à Calais pour de courtes périodes, y devient permanent au milieu du règne de Richard IT. Quelle que fût d’ailleurs la ville d’ « entrepôt », l’administration commerciale restait la même. Hans chaque endroit il y avait les maires de l’entrepôt, ordinairement au nombre de deux, nommés d’abord par le roi, puis élus par les commerçants de l’entrepôt eux-mêmes ; il y avait aussi un certain nombre d’aldermen. Leur fonction était de juger les procès qui s’élevaient entre les négociants « d’après la législation commerciale », de (ixer les prix au-dessous desquels on ne pouvait vendre ni la laine ni les autres marchandises, et de veiller au paiement régulier des douanes royales (1).

(1) Ocheiikowski, 187-201.

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