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LE CONTRÔLE DE L’INDUSTRIE

Section XXVI. — Le Contrôle <ie l’Industrie.

Dans la vie urbaine le trait caractéristique qui est aussi, le plus important, c’est le contrôle de l’Industrie et la façon dont ce contrôle était exercé est particulièrement significative, puisqu’elle nous révèle d’une manière encore plus complète cette préférence pour l’action de corps que nous avons déjà rencontrée en matière de commerce. Il est nécessaire, cependant, de tenir compte de la constitution civique dont elle faisait partie et de remarquer la différence qui existe entre les idées qui forment la base de cette constitution et celles qui avaient caractérisé un état de choses antérieur. Il a été indiqué dans une des premières sections {§ 8) que les droits de bourgeoisie avaient été associés originairement à la tenure, — à la possession d’un foyer dans un bourg (« burgage »), — et il est naturel d’en conclure que, lorsque apparut un corps de simples résidents, il se produisit une collision d’intérêts. C’est là proprement ce qui explique — au moins en partie — la méfiance avec laquelle certains métiers étaient regardés dans diverses villes (l). Mais un complet changement s’opéra avant ou pendant le xv® siècle. Le droit de cité fut associé dans chaque ville importante à la qualité de membre de l’une des associations ou corps organisés connus sous le nom de « métiers », « états » et plus tard « compagnies ». Seules les personnes faisant partie de l’un de ces corps pouvaient exercer une occupation à l’intérieur de la cité ou jouir de tout autre droit de bourgeoisie ; et

(1) V. la critique écrite par l’auteur du présent livre sur la. Gild Merchant de Gross, dans la Political Science Qnaterly (New-York), sept. 1891.

is :

souvent même il arriva que le conseil municipal luimême était composé, en totalité ou en partie, des représentants des compagnies (I). Le changement peut se résumer dans les deux phrases dont s’est servi Maurer pour décrire une transition analogue dans les villes de l’Allemagne : une association de personnes en tant que personnes avait pris la place d’une association basée sur la terre; de sorte que l’on peut dire, en se servant d’une distinction légale bien connue, que le lien civique n’était plus « réel », mais « personnel ». Considérant ce changement sous un autre aspect, on peut dire qu’une constitution basée sur la fortune immobilière a été remplacée par une autre basée sur la fortune mobilière, si toutefois l’on comprend sous cette désignation non seulement le « capital », mais encore Tbabileté, 1 expérience et les relations d’alTaires {business connection (2).

De ces « métiers », — pour employer le terme qui servait à les désigner à cette époque, — quelques-uns étaient les descendants directs des anciennes « gildes de métiers » ; d’autres avaient été organisés par les autorités municipales elles-mêmes dans le but d’assurer une légitime surveillance sur des groupes de travailleurs jusqu’alors non réglementés (3); d’autres encore, tels que celui des drapiers, celui des merciers, étaient des associations de personnes exploitant des brandies commerciales d’apparition très récente. La position sociale de leurs membres s’étendait presque sur toute la gamme des richesses depuis les savetiers avec leur petite échoppe jusqu’aux riches drapiers, merciers et épiciers, dont les vaisseaux étaient en train de donner à l’Angleterre un

(1) Gross, GUd Merchmd, lit, tl2, 12i, 12G ; Records uf Oxford, 205; Ocheiikowski, Oi.

(2) Maurer, Gri>clnchic (hn^ StiUlivcrfamiUif^ III, 725.

(5) V. l»remiùre partie, 118 et ss. (Trad. fr.).

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