‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 49 sur 114 · CII. I · texte numérisé non relu

CII. I

l’excès (1) ». Mais la somme n’était pas bien importante, et ce n’était là autre chose que la régularisation d’un système qui avait fonctionné auparavant d’une manière irrégulière et incertaine, et en vertu duquel on faisait de temps en temps des remises semblables aux villes qui étaient en droit d’invoquer ce secours. Un autre argument et qui, à première vue, paraît plus concluant, est déduit d’une série de statuts de lo34 à l.o43, statuts qui prescrivent la reconstruction obligatoire des maisons qu’on avait laissé tomber en ruine (2). Dans tous ces statuts, presque toutes tes villes de l’Angleterre y sont désignées par leur nom. IMais si la chute de ces maisons avait été due uniquement à la pauvreté des citoyens, nous pourrions diflicilement supposer que Henri Ylll, aurait eu recours à la législation pour réparer le mal et qu’il aurait continué pendant plusieurs années à promulguer des lois lorsque l’expérience lui aurait fait voir l’inutilité de la tentative.

Et si nous considérons ces act(ss eux-mèmes, leur interprétation ne parait pas devoir être cherchée longtemps. Tous contiennent des phrases comme celles-ci : « la plupart » des emplacements vacants « sont près de la grand’rue, remplis de malpropretés et d’immondices ; avec des puits, des caves, des excavations entièrement découvertes qui constituent un grand péril et un danger pour les habitants et autres sujets du roi passant par ladite rue; quelques maisons sont peu solides et paraissent sur le point de tomber, otfrant un danger pour la circuit) Schanz, I, 464; Dowell, History of Taxation, I, TH et ss. (2) 20 Henri VIII, c. 9 (Statntes, III, .303; maisons tombées en ruines et dommages qui en résultent au bord de la mer, et non comme l’indique Rogers, llistory of Ayricidture, IV, 107); 27 Henri VMII, c. 1 {Statntes, III, 331) ; 27 Henri VIII, c. 63 {Statutes, III, 643) ; 32 Henri VIII, ce. 18, 19 {Statutes, III, 768, 769) ; .33 Henri VIII, c. 36 (Statutes, III, 873); 33 Henri VIII, c. 4 {Statutes, III, 939).

prospérité nationale

Htion(l)». U’était là une incommodité publique a lanuelle les autorités ne voulaient pas ou ne pouvaient pas remédier dans l’état de la loi, et qui, pensait-on, pouvait être supprimée si l’intérêt personnel des ords de Li les terres dépendaient, aussi bien que ce u. des personnes qui en retiraient une rente, et, en dernier heu, des municipalités elles-mêmes, pouvait être mis en jeu en vue de cette œuvre. Interpréter ces statuts comme impliquant la ruine des villes elles-mêmes, c’est ne tenir aucun compte de la différence qui existe entre les conditions modernes et celles du Moyen Age. « Dans les reo-istres d'impôts des villes les plus ilorissantes » au Moyen Age, a-t-on dit « on rencontre à cliaque instant des maiso7is en ruine et des terres incultes » ; et la raison en est qu’à cette époque, lorsqu’une maison était détruite, sa reconstruction présentait plus de difficulté que de nos jours. Car, en premier lieu, l’abondance du capital prètable rend beaucoup plus facile aujourd hui l’emprunt d’un capital sur hypothèque ; en second lieu, la cause la plus redoutable de destruction, c est-à-dire le feu, est maintenant atténuée dans ses conséquences par une forme spéciale d’assurance qui, à cette époque, manquait totalement; et, en troisième lieu, un plus grand entassement de la population dans les villes a fait de la construction d’une maison un meilleur placement que ce n’était alors, même quand il s’agissait de construire une maison sur un emplacement vacant dans le centre de la ville. Aujourd’hui, lorsqu’une maison, dans une rue importante, est détruite par un incendie, le propriétaire reçoit ordinairement d une compagnie d’assurance un capital avec lequel il peut immédiatement commencer à rebâtir et ordinairement U ne saurait faire de son argent un meilleur placement (2). L explication <iui vient d’être donnée de la portée de ces statuts est

(1) Statutes, III, 769.

(2) Jastrow, 60 et ss.

cil. I. — LA SUPRÉMATIE DES VILLES

conlîrmée par une législation plus détaillée et de même ordre que celle que Ton trouve dans le grand Acte de 1 535 au sujet de Calais (1). Le contrôleur de Calais est chargé de convoquer devant lui deux fois par an six charpentiers et six maçons qui devront jurer de rechercher avec soin, d’examiner et d’indiquer toutes les maisons qu’ils trouveront en mauvais état de solidité et menaçant de tomber en ruine ; il est alors enjoint aux propriétaires de rebâtir, réparer et étayer les maisons dans le délai de deux ans et s’ils ne se conforment pas à ces prescriptions les maisons seront saisies dans les mains du roi. Ce n’était là qu’une façon dure et énergique d’éviter un dommage et cette législation se relie étroitement à la législation subséquente (2).

Il y a cependant un témoignage qui semble justifier la triste idée que l’on se fait de la condition des villes anglaises. C’est un statut de 1511-12 qui abroge l’Acte d’Edouard II excluant les « marchands de comestibles » des fonctions de maire pour la raison que, « depuis la promulgation du statut, beaucoup de cités, de bourgs et de villes constituées sont tombés en ruine et ne sont plus habités par des marchands ou par des hommes aussi riches que ceux qui les habitaient à l’époque du statut. Car en ce moment les résidents et habitants des mêmes cités et bourgs sont le plus souvent des boulangers, des brasseurs, des marchands de vin, des marchands de poisson et autres fournisseurs de comestibles, et peu ou presque pas de personnes ayant de la fortune (3) ». Mais, sans autre preuve que celle-ci il serait

(1) Statutes, III, 645.

(2) Voyez ôneist, Self Government, sous le titre « Suppression des Dangers ».

(3) 3 Henri VIII, c. 8 (Statutes, III, 30). Le statut disposait que lorsque le maire était un marchand de comestibles, deux personnes honnêtes et de bon conseil devaient l’assister dans la « fixation des prix » des comestibles. II est probable que dans un grand nombre de villes des elîorts furent faits au moyen

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PROSPÉRITÉ NATIONALE

„eu sùr de bâtir, sur les larges expressions du préambule ,run statut une conclusion qui pourrait etre encontiadictiou évidente avec ce que nous connaissons du cours généial des événements. Il est possible que quelquesmies des villes peu importantes aient soûl ert dans eur population et dans leur richesse du développement de niiduslrie domestique dans les districts ruraux ; quoique le dévelopiicment paraisse avoir ete, en general, non un déplacement de l’industrie passant des villes a la campa-ne, mais le développement d’une nouoeUe industrie an'deliors. Cependant ce qui se produisit alors, ce fut nue l'usage se répandit pour les familles aisees de se bidir des maisons en dehors des villes. La nouvelle richesse qui avait été acquise dans le commerce chercha, comme il est arrivé souvent depuis, a prendre place dans les rangs do la petite noblesse campagnarde ; et « l’accaparement de la terre», qui est une caractéristique si remarquable de cette époque, s’elTectiia dans une largo mesure de celte façon. Avec le rétahlissemenl de l'ordre dans les districts provinciaux sous l’autorito énergique des Tiidors, et avec le progrès dans l’art de l'archilecture qui sut rendre très attrayante une résidence de campagne, * chaque gentilhomme » {gentleman), comme dit Starkey qui écrivait sous le règne de Henri VIII, « s’envola à la campagne. Bien peu habitent

d'oraonnances municiprales pour assurer l’exécution du vieux nVlement. Ainsi à Oxford, en 1536, il fut décidé par le Conseil qiie si quelque marchand de comestibles, « tel qu’un boulanger ou un boucher », devenait maire, il ne devrait pas « exercer son occupation » durant l’année de ses fonctions. Mais en 15.38 la rè;;le se relâcha. Si un homme exerçait « deux métiers alimentaFres », il devait en abandonner un pendant l’année de son office; à l’exception des boulangers qui, nécessitant une surveillance constante, étaient entièrement exclus des fonctions de maire, à moins qu’ils « n’abandonnassent leur occupation ou métier pendant la durée de leur charge ». Records, 139,

les cités ou les villes et bien peu ont de la considération pour elles (I) ».

Mais cet affaiblissement de l’élément riche dans les villes, affaiblissement provenant d’une certaine attraction exercée par la campagne, est quelque chose d’entièrement dillérent d’une décadence des villes à la suite d’une industrie languissante et d'un commerce qui décline.

(1) Enyland in thr Hciyn of Henry Vlll, éd. Cooper (Société des anciens textes anglais) (1878), 93.

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