CHAPITRE II
LES COBPS DE METIEBS
Sources et Bibtioyr aphte. - La plupart des ouvrages que nous avons cités précédemment au sujet de 1 histoire des villes en général peuvent aussi être consultés au sujet de la matière de ce chapitre. Mais les ouvrages suivants sont parmi ceux que 1 on consultera avec le plus d’utilité. Parmi les collections de documents originaux ou parmi les ouvrages qui font les plus larges emprunts à ces documents, nous citerons pour Londres : les Memorials o/’ London, traduction Riley (1868); et le Liber Alhus el Liber Custumarum dans les Munimenta yiidhallæ (RoZ/s’Sé? ics, 1839- 60), le premier traduit aussi par Riley (1861). H y a aussi plusieurs comptes-rendus des compagnies particulières de Londres,
80 cil. II. — LES COUPS DE MÉTIERS
fac-similc of MS Hccords^ avec reproiluctions et traductions, pré- l
paré par la Grocers Company en 1883. II est à reÿ'retter que la K
coinpa^înie n’ait pas fait un pas déplus en rendant ses fac-similé V
plus généralement accessibles à ceux qui s’occupent d^études w
historiques, par la mise dans le commerce d’un certain nombre E
d’exemplaires de cet ouvrage. Quanta l’ouvrage de William lier- I
bert, les Ttvcltc Great Livery Companies, quoiqu’il s’y trouve de I
nombreuses erreurs, il est cepemlant indispensable; pour ce 1
qui concerne la plupart des compagnies moins imporlantes l'étudiant ne peut que s’adresser à l’ouvrage plein de discussions intitulé: Report of //. M, Livery Companies^Commission (ISSi),
Pour les métiers qui se trouvaient hors de l-ondres, les matériaux imprimés sont très rares. La seule compagnie de province dont l'histoire ait été examinée avec soin c’est peut-être celle des Marchands Tailleurs de Hrislol, par F. F. Fox (1880). Mal- |
heureusement, comme beaucoup d'autres ouvrages sur Fliistoire de la (îiide, celui-ci ne fut qu'à un très petit nombre d’exemplaires qui n’ont pas été mis dans le commerce. La collection de ïoulmin Smith dans les English Gilda (E. E. T. S. 1870) contient les ordonnances de quelques fraternités religieuses d'artisans; et plusieurs statuts de fraternités et de métiers sont résumées dans l’ouvrage très utile mais peu scientilique de Cornélius Wallord sur les Lildes (1888). L’emploi des Inspecteurs pris dans les métiers des maçons et des ouvriers pour rechercher lesempiètemenls à ^ork, est mis en lumière par les documents imprimés (
dans les Erujlish Miscel/anie>i, Surtees Society (1888). et Lhistoire j
des boulangers de la même cité a été enrichie par la publication 4
de leur (frdiuaire, par Miss ïoulmin Smilh, dans la Arehæol. Re- i
ricWy 1 (1888). Un grand nombre de documents utiles pour l’his- ||
toire du xv® siècle et du xvi®, se trouvent dans l'ouvrage 1
intiiulé ; Tao Thousand Yeara of Gild Life (Hull, 1891) ; et J
quelques détails au sujet de Shrewsbury peuvent être glanés 1
dans IWbberi, hifluence, etc, of English Gilds Mais de toutes |
les sources originales, il n’y en a pas de plus iraportantesen An- 1
gleterre, spécialement pour le xvi® siècle, que les Statuts du ^
Hoyaume dont l’étude a été parfois négligée. La seule édition qui soit satisfaisante au point de vue scientifique, c’est celle de la Record Commission (1810-1822). Les conditions anglaises peuvent être comparées avec celles de l’Ecosse, telles que cellesci sont exposées dans la ilistory of Edinburgh de William Maitland (1733) et dans Merchant and Craft GuHds d’Alexandre Bain (d’Aberdeen) (1877).
Quant aux traités généraux, outre les traités de Brentano et
Ochenkowski. l’étucliant pourrail consulter l’ouvrage de C. Gross intitulé • (iild Merchant (Oxford. 189Ü) qui se réfère souvent aux métiers d'une manière incidente, ainsi qu’un admirable article de Stahlschmidt, Notes from an OUI City Account liook, dans le Archæol. Journal, Xlll (1886). Quant aux rapports entre les apprentis et les maîtres, le Calerularof Letters de Sharpe (pour la période qui s’étend de 1330 à 1370) (1883) devrait être consulté. Un tableau des compagnies de Londres vers la fin du xiv“ siècle nous est présenté d.:ns Sir Richard Wittinylon, de Besant et Rice (1881). Sur les chapellenies, on trouvera de nombreuses indications dans les collections de testaments, telles que celles de Sharpe, Calendar of Wills, Court of ilusting, London, imprimées en 1890 par ordre de la Corporation, et dans les Bury Wills, éd. Tymnis, Camden Soc. (1830) ; et au sujet de la dissolution de ces mêmes chapellenies, dans les Chanlry Certificates, imprimées par Maclean dans Trans. Bristol and Gloucester Archæol. Soc. VllI ; le 'Survey and Rental pour Somerset, éd- E. Green pour la Record Society de Somerset (1888), et l’exposé qui en est fait par les historiens ecclésiastiques Fuller etRurnet. Quant aux gildes de village, on trouvera de très utiles documents dans Wells Wills de Weaver (1890). Le tableau de ce qui existait sur le continent jette une grande lumière sur ce qui sè passait à Londres ; Etwles sur l’Industrie à Paris au xiii® et au XIV® siècle (1877) de Fagniez et le premier des deux volumes de Levasseur, Histoire des Classes Ouvrières (ISoQ) sont des ouvrages qui présentent un grand intérêt. On trouvera un exposé de leurs conclusions dans l'article de M“® Darmesteter sur les Workmen of Paris dans la Fortnightly Review, juillet 1890. Schanz a fait en Allemagne une étude approfondie des sociétés de journaliers, Gescllenvcrbünde (1877), et des indications additionnelles quant à leur développement au xvi® siècle nous sont fournies dans un ouvrage de Bruno Schœnlank, Sociale Kümpfe vor drei— hundert Jahrcn examiné et critiqué par l’auteur du pré-
sent livre dans Pot itical Science Quarterly, XII, 128. Geering a esquissé l’histoire des Zünfte (corporations) d’une ville importante dans son llandel und Industrie der Stadt Bascl (1886).
Nous trouvons un tableau synoptique des principaux résultats des recherches allemandes jusqu’en 1868 dans le premier volume de Gierke : Bas deutsche Genossenschaftsrcctit. Mais de tous les écrits qui traitent du système de la corporation au Moyen Age, celui qui est basé sur les plus larges aperçus des conditions sociales et politiques contemporaines, et celui aussi qui est le plus soigneusement disposé par rapport à la première et à la
dernière période de développement, c’est l’ouvrage de Schmol- 1er et en particulier celui intitulé : Strassburg zur Zeit der Zunftkàmpfe (1873) et encore mieux son Strassburger Tuclier-und W eberzunft , qui sont deux livres excessivement intéressants et suggestifs. A cette liste il faut ajouter : The Livcry Companies of the City of London de W. Carew Hazlitt (1892), basé principalement sur le Report de 1882 ; et The Incorporated Trades of Edinburg de James Colston (1891) basé principalement sur Maitland et les Records publiés par la Société des Records des Bourgs Ecossais.
Section XXXI. — Le mouvement industriel.
Dans les sections précédentes nous avons retracé le développement des organisations de métiers dans la seconde moitié du xiv® siècle (§§ 8-11) et nous avons vu la position qu’elles occupaient dans la vie urbaine de la période suivante (§ 26). Il nous reste maintenant à suivre leur histoire interne et externe depuis le milieu du règne d’Edouard III jusqu’à l’avènement d’Elisabeth, et à examiner plus minutieusement qu’il n’était possible de le faire auparavant, leurs différentes relations avec l’activité commerciale et industrielle de l’époque. En passant en revue les traits généraux et caractéristiques de la vie urbaine, il convenait de se placer à un point de vue que l’on pourrait appeler « statique » , c’est-àdire de se représenter les organisations de métiers comme ayant atteint une certaine fixité et de montrer ce que l’on pourrait considérer comme les relations normales entre les petites communautés et les grandes communautés que la ville renfermait et dont elle se composait. Ce procédé est non seulement utile pour la clarté de l’exposition, mais encore il correspond à un état de choses réel ; car, comme nous le verrons, l’organisation de l’industrie et sa contre-partie dans les constitutions civiques entraient, vers le commencement du XV® siècle, dans une période de stabilité et de continuité