DIMINUTION DE L AUTONOMIE DES MÉTIERS
séparés. Ainsi, nous voyons que les marchands, épiciers, merciers et apothicaires, ne formaient qu’une corporation à York ; cependant, à l’exemple de diverses professions, chacun d’eux a ses armoiries dilTérentes. Semblablement, les Drapiers et les Alarchands-Tailleurs sont incorporés dans une môme Compagnie... mais ils portent des armes distinctes (1). Le développement, à Edimbourg, Aberdeen (2) et autres villes écossaises, fut exactement semblable à celui des villes anglaises en ce qui concerne le groupement de professions précédemment séparées. A Edimbourg, dans les réglementations de loOb unissant les Tondeurs de drap et les Marcheurs (c’est-à-dire les Eoulons) avec les Tisserands il y a une clause bizarre, aux ternies de laquelle les armes desdits Fondeurs et Marcheurs seront placées sur la bannière des iisserands « si elles peuvent y être bien exécutées et bien associées (3) ». Comme chaque corps de métiers devait porter dans son blason les insignes de sa profession, une disposition comme celle-ci doit avoir grandement mis à l’épreuve la science des beialdistes.
Mais, quoique cette combinaison de métiers soit surtout devenue d’usage pendant le règne d’Elisabeth et au siècle suivant, elle avait commencé un peu avant cette époque (i). Ainsi, les Merciers et les Orfèvres de Sbrewsbury lurent probablement unis en 1480 (3); les Forgerons de Londres furent probablement reunis au.x Armuriers en 1513 (0) ; les Orfèvres, Plombiers et Vitriers, les Potiers d’étain et les Peintres de Newcastle étaient déjà réunis en 1330 (7). Mais l’exemple le plus intéressant nous est fourni par l’histoire des marchands de cuir de
(1) Drake, Ko r/.- (édition in-8"), III, 132.
(2) Voyez Bain, Merchant and Craft Guilds.
(3) Mailland, ///sf. of Edinburgh,‘Mi.
(4) Walford, 222.
lhi(L, 220.
(6) Report of Livenj Coiiipanies' Commission, III, 12.
(7) Walford, 199.
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Londres. D’abord, en I i79, les Mégissiers, sous prétexte qu'ils étaient trop peu nombreux et qu'ils ne pouvaient « se choisir des gardes », obtinrent du maire l'autorisation de s’unir aux marchands de cuir, et, comme nous le disent les archives de ces derniers, « ils apportèrent leur livre et prirent notre livrée ». Alors, en 1498, les Boursiers et les Gantiers, qui jusque-là avaient formé deux « métiers distincts », obtinrent aussi l’autorisation de se réunir à cause, à la fois, « de la diminution du nombre de leurs membres et du mauvais état de leurs ressources ». En lî)02, les Gantiers-Boursiers se réunirent aux Marchands de cuir. Finalement, en lül7, les fabricants de sacoches s’unirent aussi aux Marchands de cuir et « prirent ce nom (1) ». Certaines indications nous montrent qu'à l’époque de l'avènement d’Elisabeth, les petites Com[>agnies avaient des craintes pour leur existence indépendante. Un fabricant de ceintures, de Londres, faisant son testament en 1558, eut soin d'ajouter à ses dispositions cette condition ; « Aussi longtemps que la dite Compagnie restera celle des fabricants de ceintures et ne sera pas incorporée à quelque autre Compagnie ou Compagnonnage (2). » Cependant, [tendant quelque temps encore, il ne fut rien fait pour modilier les anciennes conditions ; ce ne lut que vers la lin du règne que cette tendance vers la consolidation devint etîective ; et, durant les premières années, on chercha plutôt à confirmer les organisations séparées qui existaient déjà en accordant de nouvelles Chartes de formation en corps (3). De plus, un groupement
(1) Black, Leathersellers, 37, 38, 42, 47, 18.
(2) Sharpe, Wills, II, 671.
(3) Voyez Herbert, I, 174 et ss. sur« laranede l'incorporatiun ». 11 y avait, cependant, quelques exemples de combinaison dans les premières années du règne. Ainsi les épingliers, les fabricants de fil de fer, et les cliaudronniers étaient unis [)ar une cliarte de la dixième année d’Elisabeth ; Livery Companies Com-