TRANSFORMATION DES CORVÉES EN ARGENT
tenanciers libres se forma de trois côtés : par l’élévation des vilains, qui changèrent leurs services de corps pour des paiements en espèces ; par la clôture et la location de certaines parties de la « friche » ; et par des concessions de parties du propre domaine du seigneur.
Section IV. — Transformation des services de corps
en redevances d’argent.
Dans tous les cas notés plus haut, les transformations des corvees en argent avaient été accompagnées par un progrès de la tenure servile vers la tenure libre ; mais dès le commencement du xiii® siècle, nous remarquons un changement plus général et d’une portée plus lointaine, la transformation du travail de semaine ou même de toutes les corvees, sans que le tenancier soit pour cela eleve à la franche tenure. Nous trouvons dans beaucoup de coutumiers du xiii® siècle que, même lorsque les corv'ees ne sont pas transformées d’une manière générale, chacune d entre elles, c’est-à-dire le travail journalier de chaque espèce, se trouve évaluée d’une manière précisé à un demi-penny, un penny, ou l'équivalent (1). C était d’abord probablement dans l’intention d imposer des droits à payer par le vilain qui négligeait de s acquitter des corvées convenues. Mais très souvent
phrase obscure qui ouvre l'Etat des Revenus de Beauchamp de 1240, « Domines infra scripti, tenentes terras de dominico, quas « vocant Inlandes sine auctoritate capituli, augmentaverunt redditum assisum ut auctorilas capituli intervenirel ».
(1) Loc. cit., «Valet dicta arura quatuor denarios », «valet hersura quatuor denarios et obolum », « et plantabit fabas per unum diem, et valet obolum », Hist. Glouc., III, 37, 38 et passiin ; Casile Battiez passim.
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l’argenl était le bienvenu plus que le travail, et, dans la Flela, le reeve reçoit l’instruclion de veiller soigneusement sur les arrérages du travail, et d’essa}^er d’obtenir de l’argent pour les combler. C’était la voie naturelle vers l’évalmition totalisée en argent de tous les services et vers l’accomplissement de la transformation des corvées pour les vilains les plus riches et les plus ambitieux. On peut suivre le plus clairement ce changement dans les manoirs appartenant à l’abbaye de Saint-Paul (1). Là, en effet, en 1222, ce remaniement de la tenure venait à peine de se faire, et on pourrait retrouver aujourd’hui le nom du chanoine qui avait provo([ué cette transformation en ajfennani le manoir. Dans quelques manoirs, les services de corps n’avaient pas été transformés ; dans d’autres, quelques-uns l’avaient été, mais certains avaient été maintenus (2). Nous avons même un exemple où un e
terre, tenue « en rente», avait été injustement donnée
(1) « Terra ista fuit operaria usque ad tempus Hugonis de Runervell, servientes (i e. baillif) Ricardi archiediaconi qui primo posuiteam ad denarios », D. of St PaiiVs, 41).
(2) Dans quelques cas, il y avait une triple division {loc. cit.)
« inferius notati tenent ad censura », cependant astreints à quelques « precariæ » ; « inferius notati sunt operarii », travaillant en addition aux precariæ, deux jours par semaine, et « isii facient magnas operationes » libres du travail de semaine, mais avec un grand nombre de services, îôû/., Oi , G2. Pour un exemple du maintien des boon-days et de tenanciers restant en vilenage, malgré la transformation, Reg. Worc., 73 a a De vilenagio : In « hoc manerio sunt XI vergatæ terræ de vilenagio, quarum quæ-
« libet posüa ad firmam reddit per annum IV solidos et ara-
« bit bis per annum et faciet III benrip, quamlibet cum III ho- 9 minibus et falcabit 1 die cum uno homino, et levabit fenum « et dabit auxilium et merchet. Si autem fuerint ad adoperatio- « iiem », ils sont astreints à un lourd travail de semaine, qui est enregistré. La même distinction est soigneusement observée. Ainsi pour prendre un autre exemple: « In vilenagio sunt XVII dimidiæ vergatæ, quarum quælibet, cum censat reddit etc... ; cum vero fuerü ad operationem invenit qualibet ebdomada duos homines » etc., ibid,j o6 a.
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