‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 70 sur 114 · LE DÉVELOPPEMENT AGRICOLE · texte numérisé non relu

LE DÉVELOPPEMENT AGRICOLE

volume sous le titre de Grundherrschaft und Rillergut (1897).

Je dois faire observer que le chapitre qui suit reproduit en •nande partie un article lu devant l’Association Britannique en 1890 et dont une partie a déjà paru, sous le titre de The CharacterofMllcin Tenwre, dans les Annals of the American Academg of Political Science, du mois de janviers 1891 ; et une autre sous le titre de The Destnœtion of the Willage Community, dans la Economie Revieu' du mois de juillet 1891.

Section XLVII. — Le développement agricole.

Durant la période des Tudors et sur une surface considérable du territoire anglais, il se produisit une révolution agraire qui modifia l’aspect de la vie agricole. Cette révolution consista dans la substitution du pâturage au labourage — du pâturage avec de vastes exploitations closes à la culture d’après le vieux système de champs entremêlés ou communs. Nous comprendrons mieux la signification de ce changement, lorsque nous aurons vu qu’ après un certain temps la nouvelle génération de fermiers organisa ce qui est connu sous le nom de « culture convertible ». L’élevage continu de troupeaux sur les terres ne rapporta pas un aussi grand bénéfice qu’on avait cru tout d’abord ; et il parut nécessaire de défricher les pâturages au bout d une courte période pour y faire une récolte ou deux. Ainsi ce qui se passa en Angleterre, à ce moment, ne fut qu’une phase du grand mouv’ement qui tendit à remplacer la culture en champs ouverts ou communs par la culture convertible, mouvement qui se manifesta à la même époque, ou peu de temps après, sur une grande partie de

l’Europe occidentale.

A son tour, la culture convertible a depuis été remplacée, dans une large mesure, par le système des assolements alternants {rotation of crops). Le champ commun, la culture convertible, et l’assolement alter-

298 CllAl'. IV. — LA RÉVOLUTION AGRAIRE

nant correspondent même à trois grandes phases dans la marche de l’évolution économique (1). C’est là une généralisation, dans le domaine de l’histoire agraire, qui peut seulement être comparée, pour la grande portée de ses conséquences, à une généralisation analogue dans le domaine de l’industrie qui, elle aussi, suit sa marche à travers les trois phases de la gilde, de l’atelier domestique et de la fabrique. De même, cependant, que cette dernière formule n’implique pas que chaque industrie ait dû traverser chacune de ces phases, de même, en matière de culture, la généralisation signilie seulement que ces phases, par lesquelles les districts devraient passer, indiquent la voie qui conduisit à un progrès général dans les méthodes de culture. Lorsqu’on les comprend bien, ces deux propositions deviennent des guides d’une grande utilité dans le dédale des détails historiques ; toutes les deux nous montrent le caractère de cette sorte de généralisation vers laquelle l’historien économiste doit chercher sa voie.

Un éminent écrivain (2) a dit tout récemment que, tandis qu’il y a encore beaucoup à faire pour l’histoire sociale de la première période, au contraire, pour cette période moyenne (jui commence au xv® siècle, il ne reste guère plus rien à désirer. Ses principaux caractères sont entièrement mis en lumière ; les matériaux qui sont nécessaires au savant pour cette étude ont été imprimés et sont facilement accessibles. Mais, aussitôt que nous commençons à examiner plus attentivement les renseignements qui ont trait à cette matière,

(1) Voyez pour une esquisse de ce développement, Itoscher, ^intionnUikonomie do$ Ackerbanes, livre II, chap. 2. L’époque primitive probable, pendant laquelle on abandonnait de temps en temps le sol arable ancien pour un nouveau, peut être négligée ici pour le but que nous nous proposons.

(2) Sir Frédéric Pollock, dans un article sur Early Landholdimj, dans Macmillan's Magazine, avril 189Ü.

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