ASSISTANCE PAR LES HÔPITAUX
autorités municipales. C’est là un point sur lequel nous
reviendrons plus loin.
Tandis qu'un grand nombre d’hôpitaux ne faisaient, en réalité, que peu de bien, en ce qui concerne ce que nous pourrions appeler, en employant un terme moderne, « l’assistance intérieure », leur administration était le siège de beaucoup d’autres maux très graves, en dehors d’une injuste appropriation des revenus. Ils avaient coutume d’envoyer des « délégués » (proctors), ou « frères » dans le pays pour y mendier des secours, et ces agents étaient trop souvent de « robustes paresseux » qui s’engraissaient en pressurant le pays et qui scandalisaient les honnêtes gens par leur conduite (1).
■ Ils étaient si nombreux, et leurs lettres de commission si aisément falsifiées, qu il s’éleva tout un essaim de frauduleux imitateurs (2). Alors encore, les hôpitaux les plus importants offraient le logement et la nourriture à tous les nécessiteux apparents qui prenaient la peine de demander, et, quoiqu’on eût essaye de reconnaître ceux qui « vivaient dans la truandise », il n’était pas possible de faire une enquête soigneuse sur leur condition. Les vagabonds qui vivaient de mendicité allaient « d’hôpital en hôpital, rôdant et braconnant pour obtenir des morceaux de pain et de viande (3) ». Près des portes de Saint-Barthélemy et autres grandes communautés se rassemblaient des essaims de misérables sans chemise, oisifs, décrépits, estropiés et manchots, couverts de haillons et d’ordures, comme ceux que 1 on voit encore à la porte des cathédrales sur le continent. Ainsi, à cette époque, tandis que, d’un côte, les hôpitaux faisaient peu de bien, d’un autre côté, ils faisaient beaucoup de mal,
(1) Harnian, dans Uofjues and Vagabonds, 4.
(2) Pour un exemple remontant à 1412, voyez Riley, Mémo-
riais y I, 386.
(3) Rihton-Turner, 81.
CHAP. V. — l'assistance DES PAUVRES
et ils rendaient nécessaire la mise en1 pratique d’un système plus sage.
Section LVI. — Assistance par les métiers
et fraternités.
L’assistance que les métiers et les fraternités assuraient à leurs propres membres était étroitement liée avec celle des hôpitaux. Cette étroite relation — c’est-à-dire le fait que les œuvres philanthropiques des diverses associations religieuses et industrielles avaient à peu près le même caractère que celles des autres institutions qui existaient autour d'elles, — avait été cachée par l’habitude qui avait prévalu de parler des gildes du Moyen Age comme si elles eussent été en dehors de la vie ordinaire de l’époque. Un grand nombre de gildes religieuses — le plus grand nombre, probablement, dans les villages et dans les petites villes de province, — ne faisaient pas profession de soulager la misère physique (l). Cependant, dans les villes, la majorité des gildes religieuses avaient coutume d’accorder occasionnellement des secours à ceux de leurs membres qui étaient dans l’indigence. Dans quelques autres exemples isolés, elles permettaient à leurs membres d’emprunter, à la caisse commune, une somme suffisante pour leur permettre de se rétablir dans leur profession (2). Dans beaucoup de gildes, il était attribué aux membres indigents une pension hebdomadaire suffisante pour les taire vivre, àlais dans la plupart des cas le secours accordé éfait très minime : un penny donné par chaque membre à chaque « morning -speech », c’est-à-dire trois ou quatre
(1) Cf. Ratzinger (.3o7) sur les fraternités modernes dans les pays catholiques.
(2) Par exemple, English Gilds, 100.
fois par an, ce qui, uans une aimm;, puu>ait lo-i. v. — v. somme de dix ou douze shillings ; ou bien, dans d’autres cas, trois ou quatre pence par semaine (l). Ces paiements n’étaient pas considérés comme quelque chose que les participants pussent réclamer en retour de leurs propres souscriptions, comme le « secours de maladie » dans nos modernes sociétés de secours mutuels. Leurs cotisations avaient été organisées tout d’abord dans d autres buts : dans les fraternités, elles étaient destinées à payer le luminaire de l’autel, les services funèbres ou les honoraires des prêtres (2) ; dans les associations de métiers, elles étaient destinées à payer les droits dûs au roi ou a subvenir aux frais des spectacles. U était fréquemment pourvu à l’assistance des membres pauvres au moyen d’une contribution spéciale imposée sur les membres pour chaque cas particulier de nécessité, et celte contribution allait d'un farihing, ou demi-penny par semaine, dans les gildes les plus riches, à un penny par an dans les plus pauvres (3). Habituellement, l’assistance était regardée comme une aumône (4), et elle était donnée moins pour soulager la misère - quoique ce motif ne pùt guère faire entièrement défaut, — que pour assurer des récompenses spirituelles aux donateurs.
Dans les associations de métiers qui n’étaient pas issues des fraternités religieuses, il paraît douteux qu’il V ait eu dans les premiers temps l’assistance des membres pauvres. Une telle assistance fut même, dans
une certaine mesure, fournie dans la suite par les legs
Kiif cnpp.înl fnU Mais il v avait rarement des