‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 82 sur 114 · ASSISTANCE PAR LES MÉTIERS ET FRATERNITES O · texte numérisé non relu

ASSISTANCE PAR LES MÉTIERS ET FRATERNITES O

S en servait pour y placer ses membres devenus invalides. York en tournit aussi un exemple dans le métier

des marchands et dans son hôpital (1).

Après avoir probablement commencé par les gildes religieuses (2), la pratique d'entretenir des établissements de bienfaisance s’étendit aux corporations. Durant le XV® siècle, toutes les plus importantes Compagnies de Londres construisirent de ces etablissements (3). U semble que tout d’abord les pensionnaires n’y recevaient que le logement ; mais des legs qui furent laits dans la suite, permirent de leur donner chaque semaine une petite allocation. Ici encore, nous apercevons la tendance de la philanthropie du Moyen Age vers la création de fondations dotées. Les hôpitaux ont été la forme caractéristique de l’assistance des pauvres au xiv® siècle ; au XV® siècle, ils ne survivent que grâce aux libéralités du passé, et le courant de la bienfaisance se porte du côté des fondations de maisons de charité, ou hospices, soit sans aucune relation avec d’autres corps organises, telles que celles fondées par Wittington, soit, plus communément, comme nous l’avons vu, placées sous le contrôle

àW ClIAP. V. — L ASSISTANCE DES PAUVRES

fondations permanentes ; en général, le legs était d’une somme déterminée, qui devait être distribuée à la mort du testateur. Et, même, ces legs étaient quelquefois attribués aux chefs de ménage (jiouseholders') de la corporation, à l’exclusion des journaliers (1), ou même au petit corps intérieur, encore moins nombreux, connu sous le nom de « licrèe » (2).

L’insuffisance de portions aussi maigres et de legs si aléatoires ne pouvait manquer d’apparaitre avec le développement de la population industrielle et commercante. C’est pourquoi les diverses associations commencèrent à organiser des logements pour les membres indigents, et, ayant commencé par louer une couple d’habitations, ils arrivèrent, grâce à des donations faites dans ce même but, à construire des établissements charitables aménagés pour recevoir une douzaine de membres ou un plus grand nombre. Ces établissements étaient quelquefois connus sous le nom d’hôpitaux : ils étaient placés sous la direction d’un maître ; ils étaient aussi pourvus de prêtres et, même, ils dilféraient très peu dans leur administration des autres hôpitaux, si ce n’est qu’ils étaient probablement administrés avec plus d’économie. Dans l'hôpital de Saint-Thomas, à York, qui se rattachait cà l’importante confrérie du Corpus Christi, on y « entretenait annuellement dix pauvres gens ayant chacun pour vivre 3 livres, G shillings, 8 pence par an et, en outre, il y avait huit lits pour les étrangers pauvres (3) ». Parfois une grande corporation de métier achetait les terres et les bâtiments de quelque hôpital peu important et insuffisamment pourvu, et elle

(1) Ihid., 314.

(2) Voyez, par exemple, English Gilds, 249 ; et les comptes, donnés par Stow dans son Survcy (éd. Strype, livre II, 7) pour ta gilde de sainte Barbe dans l’Eglise Sainte-Catherine, près de la Tour. M. Thomas North, dans sa Chronicle of thc Chiirch of S. Martin in Leicealer (186(5). donne aussi quelques uns des livres de comptes de la gilde du Corpus Christi, et il en ressort clairement que pendant plusieurs années aucune aumône ne fut distribuée (par exemple en 1323-6) (213), sans doute parce que les membres étaient si prospères qu’ils n’avaient aucun besoin d assistance.

(3) Voyez dans Sharpe, les legs faits dans ce but, W ills, 2' partie, 479 (1434 à la gilde du Corpiis Christi dans la corporation des peaussiers). 481 (1432, aux tailleurs), 499 (1442, aux épiciers), 334 (1437, aux saleurs), 634 (1333. aux tonneliers), 663 (1537. aux qiiincaillers) ; et voyez aussi Stone (éd. Marley), 239, 289, 281 (pour les épiciers).

(1) Ibid., 478.

(2) Ibid., 398 ; n pour assister les pauvres gens honnêtes du métier, plus particulièrement ceux faisant partie de la livrée de la dite communauté » — dans un legs de 1493 à 1’ « Art » des orfèvres de Londres, ibid., 617.

(3) Drake, York, II, 181.

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d’une riche gilde religieuse ou de quelque puissante Compagnie. Et ce qui était arrivé aux hôpitaux arriva aussi aux maisons de charité. Il y eut beaucoup de chicane et de violence dans la suppression des confréries religieuses et, sans doute, beaucoup de maisons de charité peu importantes attachées aux gildes religieuses furent absorbées par l’avidité des courtisans. Mais on a quelque motif de supposer que presque tous les établissements de charité de quelque importance — presque tous ceux dont la suppression pouvait véritablement avoir grossi le Ilot du paupérisme — ne furent sauvés de la destruction, lorsqu’ils ne périrent pas, que grâce à une lutte opiniâtre (1). A York, par exemple, il fut ordonné dans la troisième année d’Edouard VI, que le « lord Maire serait présentement désigné chaque année comme maitre de l’hôpital » de la gilde du Corpus Christi et que « les pauvres gens et les infirmes seraient logés, recueillis et traités dans l'hôpital comme par le passé (2) ». L’hôpital de la Compagnie des marchands fut, de la même façon « dissous (3 Edouard VI) et le traitement du prêtre, ainsi que les terres concédées pour le maintien des obits, pour les cierges et pour les lampes, furent donnés au roi par Acte du Parlement» ; « mais, ajoutait l’historien de York qui écrivait au siècle dernier, l’hôpital et la chapelle sont encore entretenus par la Compagnie des marchands aventuriers de cette cité et dix pauvres veuves y sont secourues (3) ». En cette matière, comme en beaucoup d’autres, il y avait beaucoup moins de solutions de continuité à l’époque de la Réforme qu’on ne croit ordinairement. La fondation des maisons de charité continua à être la forme de charité

(1) Outre les cas de Lynn et de Coventry, dont il a été parlé au chap. 3, supra, remarquez celui de Ludlow dans Walford, Gilds, 132.

(2) Drake, York, II, 182.

(3) Ibid., 313.

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