‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 88 sur 114 · LÉGISLATION CONCERNANT LE VAGABONDAGE · texte numérisé non relu

LÉGISLATION CONCERNANT LE VAGABONDAGE

chaque homme sans infirmités pût y trouver, s'il le voulait, du travail. Tout porte à croire que cette idée correspondait aux circonstances du temps, au moins jusqu’au milieu du xv® siècle. La physionomie générale du statut nous indique qu’il se rapporte originairement à la vie rurale : le développement du commerce et de l’industrie dans les villes fut si rapide pendant cette période que Ton craignait que ce progrès ne drainât une grande partie du travail agricole. Et dans les districts ruraux, quoique l’existence des petits tenanciers coutumiers ou des cottagers fût une existence assez dure et assez misérable, elle était néanmoins à l’abri de quelques-uns des dangers qui menaçaient bien des ouvriers venus des champs. Les mauvaises récoltes pouvaient rendre, sans doute, difficile le paiement de la rente au lord, et il pouvait être difficile aussi de se procurer l’argent nécessaire quand on avait à acquitter quelque lourde amende ; le travailleur ne trouvait pas régulièrement du travail, car la demande de services variait avec les saisons ; la peste visitait le pays de temps à autre et une disette générale réduisit les classes les plus pauvres à la famine. Mais l’impossibilité de trouver du travail ne durait pas longtemps. Chacun pouvait, dans le cours d’une année, gagner de quoi vivre pendant un an. Le problème des sans travail, tel qu’il se pose aujourd’hui, n’avait pas encore fait son apparition.

L’interprétation des mesures concernant le vagabondage dans les proclamations et les statuts à partir de 134tJ offre quelque difficulté. D’un côté, nous trouvons le gouvernement et la législation manifester hautement leur indignation ; les travailleurs, nous disent-ils, aiment mieux mendier que de travailler pour vivre ; l’indolence et l'oisivité augmentent parmi eux (1).

(1) La proclamation de 1349 commençait ainsi ; « Quia magna pars populi et maxime operariorum et servientium jam in ista

CHAP. V. — l’assistance DES PAUVRES

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