Plus les francs tenanciers, et les tenanciers
(1) Outre les exemples de la note 2, p. o6, remarquez la rubrique : « De consuetudinibus villanorum, cum fuerint ad operationem», l\eg. Worc., 10 b.
(2) Ainsi les aukermonni, et cotmanni, dans un manoir de Worcester, ihid., 43 b, bien qu’ils eussent apparemment l’option de la transformation pour une somme une fois donnée.
(3) Les exemples abondent ; un exemple très utile nous est fourni par VEiat des revenus d'Ihstone de 129S, imprimé dans Rogers, Hist. of Arjric., 11, 636.
transformation des corvées en argent 59
coutumiers devinrent riches, plus ils voulurent avec ardeur se débarrasser de l’obligation de fournir du travail, même à certaines saisons seulement. Cette exigence était surtout gênante pour les plus petits des tenanciers et des cottagers, qui pouvaient être forcés d’abandonner leurs propres champs à une époque où ils avaient à veiller sur eux avec le plus d’inquiétude. Le premier auteur (anglais) qui ait écrit sur l’agriculture, Walter de Henley, dont le Dite de Hosbondereije (le Dit de l’Agriculture), a été attribué au milieu du xiii® siècle, presse le bailli et le moissonneur du seigneur de veiller soigneusement sur les tenanciers coutumiers pour voir s’ils n’esquivent pas leur travail (1). Donc il y aurait eu une tendance à la transformation de tous les services en paiements en argent, grâce auxquels le bailli pouvait salarier des travailleurs, plus faciles à contrôler.
Des exemples de la transformation de l’ensemble tout entier des services — travail de semaine et boonicnrk — se rencontre, dans quelques cas, dès 1240, pour les manoirs où le domaine avait été complètement concédé à des tenanciers (2). Le service dont le seigneur pouvait le moins se passer, semble avoir été celui de . charroi. xVussi nous voyons, dans un cas, cette déclaration, par rapport aux vilains « qu’ils payent ou non la rente, ils seront tenus aux charrois (3) ». Mais avec le règne d’Edouard II, la transformation complète devint très commune (4).
IVL — Or, il est évident que le seigneur n’aurait pas consenti à une transformation d’abord complète, puis partielle, s’il n’avait pas eu le moyen de salarier des travailleurs, soit pour le service régulier pendant tout ou
(1) Rogers, Six Centuries of Priées, *1, 76.
(2) Reg. Worc., 10 b., 49b.
(3) Ibid., 56 a, « Sive ceriseat, sive non, summagiabit ».
Ô) Six Centuries, ; cela se produisit probablement d'abord dans les manoiis plus petits, Cust. Battle, 159 (3 éd. II).
partie de l’année, soit aux époques de presse spéciale. Ces changements alors impliquent qu’une classe de travailleurs salariés était née, classe d’hommes qui, bien qu’ils occupassentsouvent sans doute, des pièces de terre, même deux ou trois acres, cependant n’en avaient pas assez pour y employer tout leur temps, et dépendaient en partie des gages qu’ils recevaient. La même conclusion nous est suggérée, même pour les endroits où la transformation ne s’était pas produite, par la phrase déjà mentionnée, établissant l’obligation pour les tenanciers coutumiers de « trouver » tant de travailleurs pour tant de jours.
Mais ce corps de travailleurs doit avoir été encore relativement peu important. On a conservé plusieurs listes des serviteurs permanents sur un manoir. Ils semblent avoir été peu nombreux. Un messier, deux ou trois laboureurs, un charretier, un garde-forestier, un porcher, deux bergers, un ou deux bouviers ou vachers, et une femme pour la laiterie (1). Quelques-uns d’entre eux, comme les bergers et les bouviers, descendaient probablement des esclaves du domaine (2), tandis que le messier ou « garde-foin », c’est-à-dire le supérieur des moissonneurs, semble avoir été un officier un peu inférieur
(1) Worc., 119 b. Fleta citée dans l’Introduction au Worc. He<j. de Haie, XCVI c ; Cust. Battle, XXIX ; Uogers, Hist. of Agricuit., II, 329 et suiv.
(2) On peut conjecturer du fait qu’une personne est inscrite dans le Domesday comme un /<6er bovarius(Ellis, lntrod.il, 511-314) que les bouviers étaient à cette époque ordinairement esclaves. Quand nous comparons les descriptions des manoirs de Peterborough dans le Domesday et dans le Liber Niger, nous trouvons que les servi apparaissent dans le premier et non dans le second, et les bovarii dans celui-ci et non dans l’autre. Mais on a des indications qu’en 1 123 ils commençaient seulement à sortir de l’esclavage, jjar exemple cet article à propos d’un manoir, « et unus quisque bovarius dat I denarium pro capite suo, si liber est. Et si servus est, nichil dat », Chron. Petrob., 163.
transformation