MOUVEMENT VERS LA RÉFORME EN EUROPE
s comme nous le verrons, un mouvement vers la réforme
vint de ce qu’on pourrait appeler le parti catholique libéral, exactement au même moment où se produisait le mouvement qui venait du parti protestant. Et ce développement parmi les théologiens semble avoir été suscité par une troisième force, la disposition de la part des magistrats des grandes villes à taire rentrer la matière dans la sphère des obligations municipales. Quelques détails sous chacun de ces chefs subiront pour le but que nous nous proposons et qui est de faire ressortir la condition générale de la pensée européenne à l’époque où le droit anglais des pauvres commença à se tormer.
Dans son manifeste A la noblesse chrétienne de la nation allemande^ publié en 1520, Luther déclarait que l’un des plus grands besoins du temps, c’était l’abolition totale de la mendicité. « Il y aurait une réglemention facile à introduire, si nous avons assez de courage et de bonne volonté pour arriver à ce que chaque ville subvienne aux besoins de ses pauvres ; — chaque ville pourrait les faire vivre ;... elle pourrait découvrir ceux qui seraient véritablement pauvres. Il faut qu’il y ait un administrateur ou gardien qui recherchera tous les ! pauvres et qui informera le conseil ou le curé du besoin
de chacun (!) ».
Ainsi, encore, dans la Règlementation d'une caisse commune, qui fut rédigée par Luther en 1525 et qui devint la base d’une vaste réforme dans l’Allemagne protestante, les idées fondamentales étaient les mêmes : « La mendicité doit être rigoureusement interdite ; tous ceux qui ne sont ni vieux, ni inlirmes doivent travailler ; il est interdit aux mendiants qui n’appartiennent pas à la paroisse d’y séjourner. Les pauvres chefs de famille qui ont travaillé honorablement dans leur métier
(l) Cité dans H. Wiskemann, llirstcllioiu dur in Ikiilxchland ziir Zeit der lleformation kerrschenden nationahikonomisilim Anskhtrn, 57.
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CHAP. V. — l’assistance DES PAUVRES
OU dans l’agriculture, doivent, lorsqu’ils n’ont aucune autre ressource, être autorisés à emprunter sans intérêts à la caisse commune ; et ce secours doit être donné entièrement, s’ils sont dans l’impossibilité de le rembourser. Le revenu de la caisse doit être composé nu moyen des revenus des propriétés ecclésiastiques, des contributions volontaires, et, s’il est nécessaire, au moyen d’un impôt levé sur les citoyens et d’une capitation sur les serviteurs et les journaliers. L’administration de cette caisse doit appartenir à des citoyens élus (1) ». Quant à savoir jusqu’à quel point cet idéal fut réalisé et quelles furent les causes de son échec partiel, ce sont là autant de questions auxquelles nous ne nous attarderons pas en ce moment (2).
Dans les mesures réformatrices introduites par le Conseil de ville, en lo2.j, à Zurich, d’a])rès l’avis de Zwingle, nous retrouvons, à la fois, l’inlluence du nouveau mouvement ecclésiastique et de la tendance des gouvernements civils à étendre leurs attributions. Toute espèce de mendicité était sévèrement interdite. Les mendiants étrangers pouvaient traverser la ville, mais ils ne devaient mendier nulle part. On pouvait leur donner une écuelle de soupe et un morceau de pain, après quoi ils devaient s’en aller. Seuls, les malades et les invalides pouvaient recevoir un secours permanent, soit dans des institutions spéciales, soit en aliments qui leur étaient apportés chez eux ; et leur situation devait être l’ohjet d’un examen minutieux de la part du pasteur ou d’un laïque pieux (d).
Devenons maintenant à un homme d’un caractère très ditferent, à ^ ivès, dont le traité sur Tassistance des pauvres {De Subventione Pauperum) fut écrit en lo2;i
(1) Sclimoller, Z/o' (icsrhichlr dcr ‘tuilioiiahjkouominclK'u Aesicliieii in Ih’utsdiland u'fihrnid dt'r Uefonnotiomtperiode, 71.
(2) .Mais voyez IJhlhorn, tiaiis le llandnôitirbiich.
(.■{) Wiskemanii, TR, 74.