‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 91 sur 114 · MOUVEMENT- VERS LA REFORME EN EUROPE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT- VERS LA REFORME EN EUROPE

ot publié en 152(3 (I). C’est là un ouvrage particulièrement intéressant pour la question qui nous occupe, et •cela pour plusieurs raisons. Il constitue un traité distinct et sub'tantiel s’occupant uniquement de cette matière — ce qui indique l’intérêt de plus en plus grand qu’elle offrait. 11 fut bientôt traduit en espagnol, en italien et en français (2) — ce qui nous est une autre preuve du •désir ressenti universellement d’avoir une direction quelconque, aussi bien qu’une preuve de la popularité du livre. 11 était dédié à la magistrature de Bruges, qui avait demandé l’avis de Vives; il fut donc écrit dans un but pratique. Enlin, le traité fut composé pendant que Vivès, espagnol de naissance, résidait à la Cour de Henri VIII ( 152 i- 1527). Il n’est pas douteux que la matière ne fit l’objet de plus d’une discussion entre Vivès, les théologiens anglais et les fonctionnaires parmi lesquels il vivait. Ce traité mérite donc qu’on en examine le contenu avec quelque attention. Il est divisé en deux livres, traitant respectivement de la charité publique et de la charité privée. Le premier ne touche qu’à de pures généralités ; et ce n’est que le second qui a quelque importance. Il commence en disant aux autorités publiques qu’il est de leur devoir, dons l’intérêt de la communauté, de veiller à ce que les indigents soient secourus comme il convient. Il montre, en prenant, sans doute, Aristote pour guide, que l’extrême inégalité des richesses est de nature à pousser à la révolte; et il ajoute — idée que; suggère d’ailleurs foute grande cité moderne, — que les bouges sont des centres d’infection et des sources permanentes de contamination morale. Il continue alors en esquissant un nouveau droit des pauvres, prenant pour

(1) L’influence de Vivès a été admirablement étudiée, et pour la première fois par Elirle, qui ignore, cependant, le mouvement contemporain de l’opinion parmi les théologiens protestants et parmi les magistrats civiques.

(2) Selon Ehrle, 2!).

ClIAP. V. — L ASSISTANCE DES PAUVUES

base une division des personnes pauvres en trois classes : 1° celles qui ont trouvé un abri dans les hôpitaux et dans les asiles de charité ; '1° les mendiants qui n’ont pas de résidence, et 3° les pauvres honnêtes et honteux qui habitent dans leur propre maison. On peut faire remarquer en passant, que cette classification des indigents est, au fond, la même que celle qui, dans la suite, servit de base aux mesures de ftidley et de son comité de Londres sous Edouard VI (11, Vivès poursuit en insistant sur la nécessité d’un recensement exact des indigents. Dans ce but, les magistrats devaient visiter toutes les institutions charitables et faire un rapport exact sur leur situation financière, ainsi qu’une liste des pensionnaires, mentionnant pour chacun d’eux les motifs de leur admission. Deux « sénateurs » devaient aussi être désignés dans chaque paroisse pour visiter les « chefs de famille » pauvres et pour s’enquérir de leurs movens d’existence ; on devait aussi dresser une liste de tous les mendiants sans résidence, et ils devaient être examinés par des médecins afin que l’on sût au juste quels étaient ceux qui étaient incapables de travailler. Le traitement de ces diverses classes devait être régi par deux grands principes ; tous ceux qui étaient propres au travail devaient être contraints de travailler, et pour eux, la mendicité devait être rigoureusement interdite. Quant à ceux qui étaient incapables de travailler, ils devaient trouver asile dans les hôpitaux et dans les maisons de charité (hospices). Mais avant de pouvoir faire cela, il était indispensable que les hôpitaux et les maisons charitables fussent réformés. Toutes les personnes valides devaient en être expulsées, à moins que, par malheur, elles n’eussent des droits en vertu de quelque relation avec le fondateur ; auquel cas on devait leur trouver du travail dans, l'établissement. Dans les

(D Voyez iiifni, paf;es 42t, 42j.

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