VAGABONDAGE ET MISÈRE EN ANGLETERRE
son développement économique jusqu au milieu ^ uu XVI* siècle, soit dans son histoire ecclésiastique. Nous n’avons pas, non plus, à supposer que la législation anglaise était une pure imitation de ce qui était fait ailleurs ; les mêmes causes agissaient partout, conduisant aux mêmes principaux résultats. Mais il est clair que l’Angleterre, au lieu de précéder d’autres pays, demeurait, au contraire, plutôt en arrière, et que son action fut probablement stimulée par les exemples du continent. Les hommes d’Etat de l’Angleterre, à chaque pas qu’ils faisaient en cette matière, se mouvaient dans une atmosphère de discussion européenne, dont ils devaient avoir connaissance. L’époque où la législation anglaise sur les pauvres commença à s’écarter de celle du reste de l’Europe fut plutôt le xvii* siècle que le xvi*. En Allemagne, la décadence de la nouvelle organisation fut probablement due à la guerre de Trente ans (l); en France, au nombre et à la richesse des institutions charitables, soit qu’elles existassent depuis les siècles précédents, soit qu’elles fussent fondées pendant le xvu* siècle (2). Mais, ni à son origine, ni pendant sa r\ûr! Ip (Îrs DâiivrGs GH AnsrlGlGirG hg
Cependant ce ne fut pas seulement le niouvenieni ues idées à l^étranger qui conduisit à la reforme des méthodes d’assistance en Angleterre ; la tentative vigoureuse qut l’on fit pour rompre avec cet état de choses, fut le résul-
{!' D’après Ratzinger.
(2) Ratzinger ; et Reitzenstein, dans Schmoller, Jahrbuchj V b64, «66.
tat des circonstances. Car dans la première moitié du siècle la misère s’accrut dans des proportions très mar- (^uees, ainsi, d ailleurs, que les deux choses qui l’accompagnent toujours quand l’assistance n’est pas organisée sur une base quelconque, c'est-à-dire le vagabondage et le vol. II y avait eu pendant des siècles des mendiants professionnels et des vagabonds adonnés au vol, et leur nombre s’était accru avec la charité* imprévoyante. Leurs rangs s'étaient probablement grossis, surtout pendant les luttes sociales du xiv« siècle. Le « manque d’autorité » et les guerres privées du siècle suivant durent encore aggraver le mal ; lorsque « des comtés entiers étaient infectés par des bandits » (I), l’industrie honnête ne se sentait guère encouragée. Mais, pendant le xvi® siècle, les mendiants devinrent une réelle terreur pour les gens paisibles. Le peuple de Southampton imagina de se servir des barbiers pour épouvanter les mendiants qui envahissaient la ville; et en 1527 on donna quatre pence à quatre barbiers « pour raser les cheveux des vagabonds » (2). Dans une petite ville comme Nottingham, nous voyons le jury, à chaque session et pendant plusieurs années, mettre en accusation chaque officier inunicipal, depuis les constables jusqu’aux juges, « pour tolérer les mendiants valides (3) ». En 15i3, ils disent; « Nous vous accusons. Juges, parce que vous ne surveillez pas, chacun dans vos quartiers, ces mendiants qui tout récemment ont de nouveau envahi la ville (l) » . En 155t>, c’est une invasion, non seulement de « vagabonds », mais aussi de personnes indigentes : « Nous désirons que vous, Master maire et vos frères, vous nous délivriez de ces pauvres qui viennent chaque jour
(1) Cf. Stubbs, Vonst. Hist., ÎII, 291.
(2) Davies, Southampton . 294.
(3) Cela commença en 1329 : liecovds of NoWn()ham, Itl, 304
et SS.
(4) Ibid., 399.
CIIAP. V.
— L’ASSISTANCE DES PAUVRES