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DÉPENSES POUR LE PACTE FÉDÉRATIF

Je vous prie, monsieur, de vous rappeler que vous m'avez promis 800 000 francs pour le pacte fédératif. Il m'est absolument nécessaire de les avoir aujourd'hui. Je vous serai, en conséquence, obligé de faire donner vos ordres à M. Dufresne à qui j'écris en ce moment.

Necker répond le même jour :

Il m'est impossible, monsieur, de prendre sur moi d'aller au-delà de 100 000 francs, en tout. La créance que vous mettez en avant est susceptible d'observations et serait plus que balancée par d'autres objets. Je vous prie, monsieur, de nouveau, de vouloir bien former à l'Assemblée nationale la demande de la créance dont la Ville a besoin ; c'est l'unique moyen de prévenir votre embarras et d'éviter de me compromettre.

Les vainqueurs de la Bastille habillés par la Nation.

Bailly essuyait souvent de ces rebuffades, motivées par son empressement à faire largesse à ses administrés. C'est ainsi qu'à la date du 16 juillet 1789, il s'était adressé à M. Camus, président du Comité des pensions, pour faire délivrer aux citoyens qui s'étaient distingués lors du siège de la Bastille, non seulement un habillement et un armement complets, aux frais du Trésor, mais « des bas, souliers, chemises, etc., enfin tout ce qui constitue l'habillement du soldat ». Un décret de l'Assemblée nationale avait bien accordé à ces héros un habillement et un armement complets, mais les constituants ne s'étaient pas occupés de l'exécution et cela regardait le pouvoir exécutif. C'est

ce que fait observer Camus dans une lettre assez sèche, écrite un an après, le 30 juin 1790 :

Quant à la manière de réaliser le don fait par l'Assemblée, vous savez aussi bien que nous, monsieur, que c'est au Pouvoir exécutif à donner les ordres nécessaires pour le payement des sommes que la fourniture de l'habillement et de l'armement exigera. Le Comité ne doute pas qu'il ne seconde votre empressement et vos désirs.

Difficultés administratives — Pénurie de la caisse municipale et du trésor.

La correspondance de Bailly avec M. Dufresne contient de nombreuses traces de ces froissements administratifs, qui ne présentent d'ailleurs qu'un intérêt relatif pour l'histoire. Dufresne se plaint à maintes reprises du peu d'ordre que les officiers municipaux apportent dans leurs opérations pour l'achat et le paiement des grains en province. Nous n'en voulons pour preuve que ce passage d'une lettre de Dufresne à Bailly, en date du 10 novembre 1789 : « Il est véritablement indispensable que vous ordonniez, monsieur, l'établissement d'un bureau de comptabilité pour cette partie, afin que je puisse suivre l'emploi des fonds que je donne, et connaître, tous les huit jours, la situation des approvisionnements en nature et des fonds qui servent à les former ». Les administrateurs municipaux perdent la tête devant des besoins urgents, et quand les envois de moutures arrivent, ils n'ont pas de quoi payer les meuniers. C'est ainsi que Lefèvre de Gineau écrit à Bailly, probablement fin novembre 1789 * : « J'ai recours à vous

1. La lettre n'est pas datée, mais elle s'intercale dans le registre

pour de l'argent. Les convois nous arrivent de Rouen tous les jours; les bateaux arrivent de Soissons; les meuniers pressent de tous côtés pour le prix de leurs moutures, et nous n'avons point d'argent... Je ne sais où donner de la tête, si vous ne venez pas à notre secours ». Dufresne, d'autre part, fait remarquer, dans une lettre à Bailly datée du 15 novembre, qu'il est surpris « que M. Lefèvre de Gineau ait écrit au maire de Paris, au lieu de s'adresser à M. de Gizancourt, maire de Noyon et receveur particulier des finances », qui était chargé de payer sur ses mandats les envois de grains faits de Soissons. Il ajoute dans un billet non daté : « Je dois prévenir M. le maire qu'on se plaint en Picardie (et ce sont des gens sensés) que M. de Gineau opère d'une façon peu convenable ».

Si les officiers municipaux appellent le maire à leur secours, Bailly, de son côté, invoque à chaque instant l'assistance pécuniaire de M. Dufresne et du Trésor royal. Il écrit, le 30 janvier 1790, pour prier le directeur du Trésor de payer « un mandement de 300000 livres », et il motive ainsi sa requête : « La caisse de la municipalité est dans une telle disette que, si ces 300 000 francs n'y rentraient pas, il serait impossible de continuer les payements. Vous concevez combien cette suppression serait nuisible dans les circonstances où nous sommes; et on ne pourrait l'éviter, puisque, d'ici au 6 février, il y a 160000 francs de lettres de change à acquitter ». Dufresne paya les 300000 francs (lettre du 11 février). Le 23 mars 1790, il dut encore fournir un bon de 50000 francs, pour les travaux du pont Louis XVI, à valoir sur le crédit

à la suite d'une lettre du 15 novembre dans laquelle Dufresne parle de M. de Gineau et de ses embarras.

de 650 000 francs que Bailly avait demandé le 19 mars dans le dessein de « venir au secours des pauvres ouvriers sans travail et d'empêcher les matériaux destinés au pont de se détériorer ». Mais les 50000 francs sont en papier : « Quant à du numéraire effectif, écrit Dufresne, il m'est impossible de lui en procurer, car je suis moi-même aux expédients pour cela ». En juillet 1790, la mairie et le Trésor sont tellement épuisés que Dufresne écrit, le 23, à Bailly : « Il est nécessaire, monsieur, si la Ville a réellement besoin de secours, que vous obteniez un décret de l'Assemblée nationale qui l'accorde et qui en fasse la somme » . De temps à autre, on annonce pompeusement à l'Hôtel de Ville une largesse royale. Le 20 septembre 1790, par exemple, M. Dufresne fait savoir aux sections que le roi, ayant eu l'occasion de donner de l'ouvrage aux ouvriers ébénistes du faubourg Saint-Antoine, qui se plaignaient d'en manquer, Sa Majesté a autorisé une distribution gratuite d'objets mobiliers entre les 48 sections de la capitale.

Distribution de chaises, lits, tables et couchettes.

Vous connaissez, messieurs, les secours que la bienfaisance du roi verse depuis longtemps sur les pauvres de la capitale. Un des moyens qui ont paru propres à rendre ces secours utiles à l'industrie a été d'occuper les ouvriers en bois et en ébénisterie du faubourg Saint-Antoine, qui manquaient d'ouvrage. Parmi ceux qu'ils ont faits, il y a déjà une quantité de chaises de paille, de tables, de lits de sangle et de couchettes qui pourraient être, aux approches de l'hiver, d'une ressource précieuse pour les pauvres. Sa Majesté touchée de cette considération et toujours disposée à donner à ses sujets des marques de bonté, m'a autorisé à faire une répartition gratuite et égale de ces meubles

entre les 48 sections de la capitale. Je me fais un plaisir, messieurs, de vous en informer. M. Gerdret, commandant de bataillon de la 6 e division, demeurant rue des Bourdonnais, est chargé de vous faire délivrer cent vingt-cinq chaises de paille, vingt-trois tables, vingt-huit lits de sangle et trente couchettes en bois de différentes largeurs. Je ne puis que m'en rapporter à vous, monsieur, pour la sage distribution de ces secours.

Et Bailly répond avec onction :

J'ai l'honneur de vous remercier, monsieur, d'avoir partagé avec moi le plaisir d'apprendre aux sections le nouvel acte de bienfaisance du roi. Je me suis empressé de leur faire parvenir votre lettre ; cette nouvelle marque de bonté ne pourra que justifier leur amour pour Sa Majesté, mais ne peut ajouter à sa vivacité.

Manque d'espèces. — Crise économique.

L'approvisionnement de Paris en bois flotté.

Mais la distribution de 23 tables et de leurs accessoires n'était pas suffisante pour conjurer la crise économique. Le 24 septembre 1790, M. de Juscourt, agent général du commerce de bois flotté pour Paris, développe, dans une longue lettre adressée à Bailly, les difficultés insurmontables que rencontrait cette branche importante de l'approvisionnement delà capitale, si l'on ne pouvait plus payer les ouvriers en écus. Or, depuis le 20 septembre, les agents du Trésor refusaient de faire le change des billets avec le département des subsistances de la ville de Paris. M. de Juscourt dépeint la situation en ces termes :

D'abord il reste encore deux cents trains environ à venir, pour lesquels le commerce va être obligé d'acheter à grands frais les écus nécessaires pour payer les compagnons de rivière qui les ont amenés ou les amèneront, les ouvriers qui les rentreront dans les chantiers et ceux qui

les empileront; et vous savez, monsieur, que les bénéfices de ce malheureux commerce sont si restreints qu'il est impossible, sans une perte réelle, qu'il puisse payer des écus au prix où ils sont. Vous savez de même que Ton ne peut payer les ouvriers avec des assignats : il faut donc indispensablement des écus. Le commerce doit-il, à ses dépens, approvisionner la capitale? Vous êtes le père né, le protecteur des citoyens, et, plus spécialement encore, celui de ceux qui approvisionnent votre ville de denrées de première nécessité; ils vous prennent pour leur juge, et ils vous" prient de les juger promptement.

Par rapport à l'influence défavorable que le défaut d'écus peut avoir sur l'approvisionnement de 1791, si la municipalité ne vient pas au secours du commerce, il aura l'honneur de vous observer que, pour que la ville de Paris ait son approvisionnement de Tannée prochaine, il faut, sous trois semaines, les premières pluies advenantes, commencer dans le fond du Morvan, du Nivernais, à jeter les bois dans les petits ruisseaux naturels ou artificiels, et en faire écouler jusqu'aux ports flottables en trains la plus grande partie possible, afin de pouvoir en faire les tirages, triages et la mise en état avant les neiges et les glaces. Si Ton manque cette occasion, un hiver sec compromettra l'approvisionnement et la disette sera inévitable, surtout cette année 1791 qui ne peut être approvisionnée que de bois de flots fort éloignés : car l'on commence à brûler les bois neufs, destinés pour l'ordinaire 1791, l'hiver dernier s'étant passé sans neiges et le printemps ayant été sec, les flots n'ont pu se rendre.

Pour commencer cette urgente opération, pour laquelle Ton dépensera de cinq à six cent mille livres, il faut, monsieur, autre chose que des assignats; l'ouvrier a besoin, chaque jour, de son salaire pour avoir du pain; depuis l'instant où l'on met la cognée dans le pied de l'arbre jusqu'à celui où il entre à Paris, dans les chantiers, il est passé dans les mains de dix ouvriers différents, de différents pays, qui tous ont des besoins journaliers. Gomment voulez-vous que les marchands puissent subvenir à un achat d'argent aussi conséquent ? Cela est de toute impossibilité»

Le commerce, plein de confiance en votre justice, monsieur, vous dépose ses alarmes et ses besoins ; il ose espérer que vous voudrez bien calmer les unes et faire cesser les autres, en obtenant que le Trésor royal ou la municipalité continuera l'échange accoutumé pour le restant des arrivages des trains, et celui que nécessitera la manutention prochaine des bois destinés à l'approvisionnement de 1791.

Bailly transmit, le 2 octobre 1790, cette intéressante communication à M. Dufresne, ou plutôt il l'analysa. Le Trésor (lettre du 7 octobre) délivra à Bailly « un mandat pour la conversion de 20000 livres d'assignats en numéraire », mais il déclara, en même temps, que « cette facilité ne pourrait être renouvelée ». On n'arrivait que difficilement à payer la solde des troupes. « Vous savez, Monsieur, dit l'agent de la direction générale, combien le Trésor public éprouve, d'embarras pour se procurer les espèces suffisantes pour la solde des troupes et des ateliers publics. S'il sacrifiait à d'autres usages les écus nécessaires pour des services aussi impérieux, la tranquillité publique serait évidemment exposée : il est bien plus naturel et il est, je crois, parfaitement juste que l'embarras des circonstances soit partagé par les personnes qui trouvent dans leur commerce, je ne dis pas des bénéfices abondants, du moins l'indemnité de pertes passagères que des profits précédents les mettent en état de supporter et dont ils seront dédommagés lorsque nous aurons atteint des moments plus heureux 1 . »

La charité particulière voyait s'épuiser ses res-

1. Malgré les termes si explicites de cette réponse, Bailly revint à la charge le 18 décembre 1790 et demanda encore à Dufresne « de faciliter aux spéculateurs en bois qui fournissaient Paris les moyens de convertir, tous les mois, en espèces pour 40 000 livres de

sources en môme temps que s'aggravait la détresse des caisses de l'État et de la Ville. Le 4 novembre 1790, M. Pancemont, curé de Saint-Sulpice, écrit à Bailly :

J'ai l'honneur de vous envoyer les mémoires dont je suis convenu ce matin ; ils vous convaincront et de ma détresse extrême et de l'impossibilité où je me trouve de renouveler cet hiver les bienfaits dont les pauvres ont joui l'année dernière jusqu'au mois de juillet 1790. J'ai eu le bonheur de nourrir habituellement huit mille personnes en leur donnant une livre de pain chaque jour, outre le soin des malades, des enfants et des écoles ; j'étais heureux de voir les pauvres soulagés et satisfaits. La rigueur des circonstances et ma situation est telle que je crains tous les jours de n'être plus en état de secourir les malades et les apprentis. Vous êtes charitable, monsieur le maire, et j'ai lieu d'espérer que vous déterminerez le Conseil municipal ou à venir à mon secours par des sommes dont je lui rendrai le compte le plus circonstancié, ou à se charger de cette multitude de bonnes œuvres qui surpassent mes forces....

Bailly s'adresse à son tour à M. Dufresne et sollicite « l'aumône du roi », qui est d'autant plus nécessaire au curé de Saint-Sulpice que, « par l'absence de beaucoup de ses paroissiens, il est forcé de retirer presque tous les secours qu'il donnait aux pauvres ». Il résulte de cette lettre de Bailly, datée du 5 nobillets, afln de pouvoir payer les ouvriers employés à l'écoulement, au tirage, triage et mise en état des bois sur les rivières affluentes médiatement ou immédiatement à la Seine ».

Dufresne répondit, le lendemain, à peu près dans les mêmes termes que la première fois. 11 promit cependant d'écrire au receveur général des finances de fournir aux marchands « tous les écus qui ne seront pas indispensablement nécessaires pour la solde des troupes ». Mais les marchands de bois ne reçurent pas satisfaction, car, dans une lettre du 23 novembre 1790, Bailly dit à Dufresne que le défaut de numéraire « est au moment de leur faire abandonner les travaux du port qui servent aux flots de bois ».

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vembre 1790, que, tant que Necker avait été ministre, il avait fait compter au curé de SaintSulpice une somme de 899 francs par mois, sur les aumônes du roi 1 . On lui avait supprimé, en outre, une rente de 1 260 francs, à prendre sur les théatins, une autre de 240 francs sur le clergé, et une troisième de 4600 francs sur les économats.

Enfin, par suite de la détresse générale, les fournisseurs de l'équipement et de l'armement des Vainqueurs de la Bastille, qui auraient dû être payés deux mois plus tôt, se plaignaient, le 14 décembre 1790, de n'avoir rien reçu et, comme ils avaient de leur côté, contracté des engagements, à raison de leur confiance dans le crédit public, ils étaient forcés « de recourir aux ressources les plus ruineuses » (lettre de Bailly à Dufresne, 14 décembre 1790).

1 . Rappelons ici que Necker avait donné sa démission le 4 septembre 1790 parce qu'il était suspect au peuple et sans influence sur l'Assemblée. Ce n'est pas sans difficulté qu'il avait pu gagner la Suisse.

Dans une seconde lettre, datée du 12 novembre 1790, le curé de Saint-Sulpice, en réponse aux questions de M. Dufresne, qui n'avait jamais entendu parler des 899 francs par mois comptés au curé par Necker, donne les renseignements suivants à Bailly : » Tout ce que je puis dire, c'est que, tous les mois, je voyais arriver chez moi un domestique de M. le curé de Saint-Êustache, m'apportant une grande feuille à signer, intitulée Aumônes du Boy; j'y étais colloque pour ma paroisse de 899 francs 14 sols 6 deniers. Je signais à côté et la somme m'était délivrée. Dans le cours de Tannée dernière et de celle-ci, il n'y eut qu'une seule fois un retard d'un mois; j'ai parlé à M. Necker qui a eu la bonté de faire cesser ce retard ». Bailly, avec son esprit minutieux, s'adressa le 13 novembre 1790 au curé de Saint-Eustache pour connaître la source exacte de ces distributions de fonds, et M. Poupart, curé de Saint-Eustache déclara, par lettre du 24 novembre, que ces aumônes provenaient bien du roi. Les curés de Saint-Eustache et de Saint-Jean-en-Grève en étaient les distributeurs, d'après un tableau arrêté par eux, de concert avec l'archevêque de Paris*

LE CERCUEIfc DE MIRABEAU

Un grand nombre d'érudits et d'historiens se sont passionnés à propos de la dépouille mortelle de Mirabeau. Charles Nodier avait reçu les confidences du père Lelièvre qui, le 21 septembre i794, avait inhumé au cimetière de Clamart, le cerceuil de l'illustre tribun et risqué lui-même de rouler dans la fosse, tant était lourde l'enveloppe de plomb. Michelet; en 1847, affirmait aussi, d'après le dire du docteur Serres, professeur au Jardin des Plantes et directeur de l'amphithéâtre de Clamart, que le cercueil reposait vers le milieu de l'enceinte. Le même directeur avait dit à M. G. Pouchet qu'à l'époque où l'on construisit les pavillons de l'amphithéâtre, on trouva, en creusant les fondations, le cercueil de Pichegru, sur le crâne duquel pendaient encore ses cadenettes et le cercueil de Mirabeau, qui ne fut pas ouvert, mais bien identifié, car il portait une plaque de cuivre avec le nom du mort. M. Serres assista à l'exhumation, et il ajoute que le cercueil fut de nouveau inhumé dans l'alignement ou le voisinage d'une allée d'arbres qui existait encore en 1868. Bien que Mirabeau n'ait pu être inhumé dans la partie de l'enclos où s'élèvent aujour-

d'hui les bâtiments de l'amphithéâtre d'anatomie, car on n'enterrait plus à cet endroit depuis la fin de 1793, ainsi que l'ont fait remarquer avec raison Maxime Du Camp et M. G. Pallain 1 , tout portait à croire que les restes de Mirabeau étaient restés dans l'enclos voisin du cimetière fermé, c'est-à-dire dans l'enclos dit cimetière Sainte-Catherine toù l'on a continué les inhumations jusqu'en 1814. El l'usage courant confondait les deux enclos. Ce qui donnait une consistance particulière à cette hypothèse, c'est que le cercueil de Pichegru, que recouvraient une pierre en forme de corbeille et un casque de style antique, avait déjà été retrouvé, exhumé en présence des descendants du général, et transporté à Arbois. La pierre tombale a été déposée au musée Carnavalet.

Je ne connaissais que très vaguement tous ces détails lorsqu'en juillet 1889, je reçus la visite de mon ami Auguste Provotelle, professeur à Rouen, qui était fils d'un ancien employé de J'amphithéâtre de Clamart. Se sentant très malade, il voulait se décharger sur moi du secret dont il se croyait à peu près unique dépositaire; et voilà pourquoi j'allai visiter avec lui l'enclos Sainte-Catherine. A la suite de cette visite, j'écrivis au directeur du Temps la lettre suivante 2 :

Monsieur le Directeur,

Au moment où Ton va transporter au Panthéon les cendres de Marceau, Hoche, Baudin et La Tour d'Auvergne, il

1. Les cendres de Mirabeau. Mémoire adressé à M. Bourgeois, ministre de l'Instruction publique en 1890. 11 existe un tirage à part : Typographie Pion.

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