‹ Histoire et Litterature IChapitre 12 sur 21 · Ch. Âubertin, V Esprit public au xviii* siècle · texte numérisé non relu

Ch. Âubertin, V Esprit public au xviii* siècle

Madame de Pompadour est devenue décidément un personnage politique. A défaut des solennelles flatteries de Kaunitz, si sa vanité eût pu douter encore et que sa tête folle ne fût pas enivrée de Tencens autrichien, ne suCfirait-il pas d*ailleurs des démarches que le roi de Prusse, réduit à merci, laisse ou fait tenter auprès d'elle? Le bruit n'a-t-il pas couru que Frédéric paierait volontiers la paix du prix de la principauté de Neufchâtel, donnée en souveraineté à la marquise? N'écrit-ii pas à sa sœur, la margrave de Bayreulh, « qu'on pourrait offrir jusqu'à 500,000 écus à la favorite pour la paix, et pousser les offres beaucoup au-delà, si en même temps elle pouvait s'engager à lui procurer quelques avantages ^ ? » Et les dépêches de M. de Choiseul, sa première dépêche n'apprend-elle pas au roi c que l'impératrice a témoigné nommément beaucoup d'estime et d'amitié pour madame de Pompadour*»?

Aussi commence-t-elle à prendre dans sa correspondance avec le chancelier un air tout nouveau de douvoir et de dignité. Elle s'essaie à la grandeur d'âme : ni Rosbach, ni Lissa ne l'abattent. € L'événement du 5 de ce mois, — la défaite de Lissa, — en diminuant beaucoup ma joie, — sa joie de la victoire des Autrichiens à Breslau, — n'affaiblit pas mon courage. Toute âme élevée se raidit contre le malheur et n en est que

1. D'Arnelh, t. V, 271, 273 et Desnoireterres, Voltaire aux Délices^ 240.

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