‹ Histoire et littérature, Volume 3Chapitre 19 sur 27 · III · texte numérisé non relu

III

Texpression de ce qu'il y a dans l'amonr de plus instinctif, de plus égoïste, et de moins généreux.

Les plus désespérés sont les chants les plu» beaux,

a-l-il dit lui-même, et précisément dans une de ses Nuits. Il se trompe; quand ce désespoir n'est que celui d'un seul liomme^ ce ne sont que les plus émouvants ; et ce n'est pas peu de chose ; mais, au-dessus de ces émotions où les sens ont encore trop de part, il y en a de plus pures, et c'est l'honneur de Lamartine que d'y avoir plusieurs fois atteint.

C'est que l'amour n'a pas été pour Lamartine, comme il le fut pour Musset, l'occupation de sa vie tout entière, et cela seul a suffi pour qu'il y eût dans sa poésie plus de dignité, plus de pureté, plus de noblesse que dans celle de Musset. Car, on aura beau dire, on ne fera pas, avec les plus beaux vers du monde, qu'il n'y ail, dans tout don Juan ou dans tout Lovelace, un fond de grossièreté ou de férocité même. En réalité, chez Musset, il faut bien le savoir, Tamour se termine toujours à la satisfaction de l'orgueil ou de la volupté. Mais Lamartine y met quelque chose de plus.

Elle parait et tout soupire,

Tout se trouble sous son regard ;

Sa beauté répand un délire

Qui donne une ivresse au vieillard.

Et, comme on voit l'humble poussière

Tourbillonner à la Ivinicre

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