CHAPITRE VI
M"*' de Luçay, ma belle-mère, Dame d'Atours de celle Princesse , était un modèle d'amour conjugal. Deux fois, pendant la Terreur, elle avait sauvé la vie à son mari, en risquant la sienne avec le courage le plus dévoué et le plus intelligent. Animée des aimables et douces vertus comme de ces sentiments d'honneur qui distinguaient la haute société de la fin du dix-huitième siècle , elle venait de décider secrètement l'Impératrice à partir de Blois pour Fontainebleau ; le secret, pour lui faire accomplir un devoir aussi sacré, était malheureusement indispensable. Déjà la voiture , commandée pour ce départ, l'attendait au bas d'un escalier dérobé, quand une autre personne, dont la funeste influence n'agissait que irop, depuis longtemps, sur Tesprit de la faible Marie- Louise, se fit annoncer. Aussilôt l'Impératrice, troublée par cet incident inattendu, fit précipitamment passer sa Dame d' Atours dans un cabinet voisin. Ce fut de là que ma belle-mère put entendre , et n'entendit que trop bien, avec quel art perfide on parvint à détruire, sans retour possible, et à changer en la plus triste des défections la généreuse et noble résolution qu'elle av.ait fait prendre.
toc LIVRE ONZIÈME.