CHAPITRE V
Cependant les bataillons Russes , les uns en colonne par pelotons sur la route, les autres en flanqueurs des premiers, avaient regagné, derrière nous, l'entrée du faubourg. Deux braves officiers, l'un du io^°*® de hussards, l'autre du i"' de Gardes d'Honneur, réunis avec quelques tirailleurs à notre attaque, se trouvaient de ce côté. Ils me crièrent de ne pas me méprendre aux feux que j'entendais.
Déjà les balles russes, de plus en plus meurtrières,
m'en disaient assez là-dessus. Mais nous étions en-
combrés dans notre victoire. Nous nous trouvions resserrés , à gauche par le fossé de la route , à drpite par l'un des bras de la Vesle, enfin empêtrés dans cette multitude de chevaux, de blessés, de canons, de caissons ennemis abandonnés , et dans notre propre désordre. Il n'y avait donc que deux partis à prendre : ou de renoncer à tout pour nous échapper à droite vers notre division, en franchissant le cours d'eau, s'il était possible ; ou, dans l'espoir d'être enfin secourus, soit par notre cavalerie, soit par l'infanterie de Ricard , de défendre notre conquête.
Je tentai ce dernier effort. Je criai donc à la queue , de notre colonne de se retourner sur l'infanterie ennemie et de la charger ; et, tout à la fois, je pressai