‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 111 sur 302 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

« préférer un Ck>rse à lui, déjà Prince, et né près du « berceau d'Henri IV? » En même temps, et dans ce même but, il avait rempli Lille et nos quartiers généraux de circulaires séductrices et insidieuses. Bien plus , trahissant pour celte chimère la Ck>alitio(i , il avait laissé Maison, jadis son aide de camp, battre ses Alliés , en l'avertissant toutefois de ne point abuser assez de sa complaisance pour le forcer à les secourir. C'était là surtout ce qui venait d'enhardir ce général à ce retour offensif du côté d'Anvers,

Il s'y était décidé le 24 mars. Ce jour-là, donnant le cbange au général ennemi, il lui avait dérobé plusieurs marches à la tête de six mille hommes, et, descendant brusquement l'Escaut, il avait surpris et culbuté son aile droite. Audenarde avait été reconquise le 25, Gand le 26, d'où un détachement, lancé sur Anvers, en avait ramené, avec Roguet, quatorze canons et quatre mille cinq cents hommes.

Mais son retour sur Lille était dangereux : l'alarme était donnée, et les Alliés, bien supérieurs en nombre, (levaient s'être placés en travers de sa retraite. Heureusement la hardiesse de son incursion les avait décontenancés. Dans leur trouble ils n'avaient d'abord songé qu'à garder Bruxelles; un seul corps Saxon, trop faible, s'était interposé. Thielman, derrière notre général, avait repris Audenarde, d'où l'entendant revenir vers Lille par Courtray le i i mars, il avait osé attaquer son passage sous les murs de cette place.

Maison ne se laissa point imposer par cette agression : il s'arrêta, amorça les Saxons, et, se développant tout à coup, il les mejiaça en flanc, les attaqua

(le front, rompit leurs lignes à la baïonnette, et, poursuivant leur déroute depuis la Lys jusqu'à TEscaut, il leur fit perdre, avec trois canons, environ mille hommes. C'était par cet heureux coup de main, at- . triste , sept jours après , par la nouvelle de Fabdication , qu'au Nord notre général avait glorieusement terminé cette campagne.

La guerre au Sud avait duré quelques jours de plus ; une plus grande distance du centré, où tout s'était décidé , le voulut ainsi , et non les talents et le dévouement du général.

Après la prise de Lyon, son armée, forte encore de plus de vingt-trois mille hommes , avait été rejetée derrière l'Isère , depuis le fort Barreaux jusqu'à Valence. Il ne s'était passé là rien de remarquable jusqu'au 12 avril. Mais alors la nouvelle de l'abdication avait mis à découvert la haine brutale d'Âugereau contre Napoléon. Elle éclata dans une proclamation indigne du dévouement de son armée à la cause Impériale. Il y accusait son Chef de n'avoir pas su mourir en soldat, après tant de maux qu'il avait faits à la France! Il s'empressait d'y renier notre drapeau, que, au milieu même de leur capitale conquise, nos gardes nationaux avaient défendu !

On sait que cet outrage public d'Augçreau à son bienfaiteur, il le lui renouvela en face, plus grossièrement encore, quelques jours après. Ce fut quand, pour la dernière fois , il le revit emporté par l'exil hors de cette France, en partie perdue par le choix fatal que ce grand homme, qu'il insultait / avait fait de lui pour la défendre 1

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