CHAPITRE II
l'air, elle prétait le flanc gauche à rarméç Anglaise. La conformation des lieux avait imposé ce désavantage. Wellington en voulut profiter, et il échoua. Ses attaques dçs 4 et 6 janvier, engourdies par les frimas, furent impuissantes. Cette guerre dégénéra en combats partiels, où, pendant janvier et la moitié de février, tout avait été à notre avantage. Mais alors, et avec le retour de la saison des combats, tout nous était devenu contraire. Le départ des renforts d'élite, appelés par Napoléon, avait réduit Soult à quarante mille hommes, tandis que Wellington s'était renforcé de huit mille Anglais et de l'arrivée du Duc (l'Angouléme ! Ainsi, devant nous un nombre double; derrière nous le parti Royaliste, exploitant un mécontentement général , résultat du triple fléau de la conscription, des réquisitions et de la cessation du commerce.
Dès lors l'attaque contre notre aile gauche affaiblie avait recommencé : Wellington l'avait fait déborder; Clauzel avait été poussé, depuis Saint-Jean- Pied-de-Port jusque vers Orthez, où le maréchal Soult, déposté de ses Kgnes de la Nive, de la Bidouze . et des Gaves, s'était concentré, en abandonnant Bayonne à ses propres forces.
Dans cette position décisive, devant un ennemi qui momentanément s'avançait divisé, le maréchal s'était tenu prêt à marcher en masse, et du fort au faible, sur la première des trois colonnes anglaises qui lesterait de passer le dernier Gave. Moins nombreux, il mettait ainsi le nombre de son côté et il allait reprendre l'offensive, lorsque, averti trop tard par la né-
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gligence d'un colonel d'avant- garde, son espoir avait éié déçu ; en sorte que, au lieu de surprendre agressivement Tune des colonnes d'attaque ennemies le 26 février, il avait été réduit à se défendre, le 37, contre l'agression entière et simultanée de Wel- ^ lington.
Là, tout lui avait manqué : le nombre, la position et le sort des armes. L'aile droite de sa ligne de bataille couvrait seule sa ligne d'opérations. Cette aile n'avait d'autre appui qu'elle-même et pour retraite qu'un défilé, et, quant à son centre et à sa gauche, une valeur habile et impétueuse était la seule ressource. C'était là qu'à l'instant le plus décisif le général Foy était tombé blessé ; d'où vint que , toute cette partie de sa ligne cédant, le maréchal, avec sa droite , n'avait pu que protéger sa retraite avant d'abandonner le champ de bataille.
Néanmoins cet échec d'Orthès était resté honorable. A la droite surtout, clef de la position, Soult lui-même avait vaillamment soutenu le combat. I^ pertes, deux à trois mille hommes de chaque part, avaient été balancées ; la retraite s'était faite en ordre ; elle avait été calme et vigoureuse ; mais l'offensive avait été perdue. Bien plus, parvenu à Saint- Sever, derrière un repli de TAdour, ce maréchal n'avait plus eu que le choix entre deux malheurs : reculerait-il sur Agen ou sur Bordeaux, c'est-à-dire, abandonnerait-il à l'Invasion l'ouest ou le centre du midi de la France ?
Dans une si cruelle alternative, il avait conçu une ^ludacieuse et habile manœuvre : il avait tenté d'at-